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Face à la décision, par référendum, des membres de la communauté innue de Pessamit de refuser l’entente énergétique négociée par le conseil de bande, le gouvernement du Québec et Hydro-Québec se sont tous deux dits ouvert à reprendre des négociations prochainement.
« Ce résultat montre qu’il reste du travail à faire », a réagi lundi sur le réseau social X la première ministre, Christine Fréchette, en soulignant que son gouvernement respecte le résultat du référendum. « Le gouvernement du Québec demeure convaincu qu’il est possible de conclure une entente bénéfique, tant pour la communauté de Pessamit que pour l’ensemble des Québécois. »
Elle estime ainsi pouvoir « reprendre les discussions ultérieurement dans un esprit de collaboration et de respect afin de bâtir, ensemble, une entente gagnante pour tous ».
Du côté d’Hydro-Québec, le son de cloche est similaire : la société d’État affirme dans une déclaration écrite respecter « la décision démocratique des membres de la communauté de Pessamit ». « Hydro-Québec demeure ouverte au dialogue et poursuivra ses échanges avec les représentants de la communauté », souligne-t-on.
Une éventuelle centrale en jeu
L’entente, qui avait reçu l’aval du Conseil des ministres la semaine dernière, prévoyait un versement de plus d’un milliard de dollars en compensations et aurait pu mener à la construction de nouveaux projets énergétiques dans ce territoire de la Côte-Nord : une nouvelle centrale hydroélectrique non loin de l’actuel complexe Bersimis-1, au sud du réservoir Pipmuacan et au nord de Forestville, qui produirait de 1000 à 2000 mégawatts (MW) par an ; un renforcement du réseau de transport dans la région ; la construction d’une nouvelle ligne reliant le poste Micoua à un nouveau poste situé à environ 160 km à l’est ; ainsi que des projets éoliens « à déterminer » pouvant aller jusqu’à 3000 MW.
Le siècle dernier, quelque 13 centrales hydroélectriques et 16 barrages ont été construits sur ce territoire ancestral des Innus sans consultation auprès d’eux, et l’entente cherchait notamment à mettre fin aux recours judiciaires que mènent les Innus de Pessamit contre Hydro-Québec en lien avec ces infrastructures énergétiques.
En d’autres mots, le protocole d’entente qui a été présenté demandait à la communauté innue de Pessamit d’accepter la réalisation de ces nouveaux projets sans en connaître les détails, y compris les impacts sur leur territoire, et de ne pas intenter ou participer à des procédures judiciaires en lien avec les « aménagements existants ». « Les parties réservent leurs positions respectives en regard d’autres projets énergétiques, y compris leurs positions à savoir si l’acceptation de Pessamit est requise ou non à l’égard d’un projet déterminé », pouvait-on aussi lire dans le protocole d’entente qui a été soumis au référendum.
Selon le conseil de bande de Pessamit, des retombées de plusieurs milliards de dollars sur une période de 50 ans auraient aussi pu découler de l’entente, puisque Pessamit deviendrait partenaire de ces projets hydroélectriques. Le protocole d’entente ne spécifiait toutefois pas précisément les retombées attendues.
Quelque 1287 des plus de 4000 membres de la communauté innue ayant le droit de vote ont participé au scrutin de dimanche. Au total, 63 % des votes se sont dit contre le projet d’accord.
Ils avaient disposé moins de 10 jours pour lire et analyser l’entente avant de se prononcer par référendum — un fait qu’avait notamment critiqué l’autrice Natasha Kanapé Fontaine, membre de la communauté innue de Pessamit, dans une lettre ouverte publiée dans plusieurs médias, dont Le Devoir. Cette dernière avait plaidé pour un report du vote « à une date ultérieure, suffisamment éloignée pour informer toute la population de Pessamit en bonne et due forme ».


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