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Le cerveau possède son propre système de nettoyage qui fonctionne en profondeur pendant notre sommeil. Selon une étude relayée par New Scientist, il serait pourtant possible de l'activer en pleine journée, grâce à un geste en apparence simple: inhaler de concentrations élevées de dioxyde de carbone (CO2) pendant une demi-heure. Ce serait suffisant pour évacuer du cerveau certaines protéines associées à la maladie d'Alzheimer.
Cette méthode pourrait aussi fonctionner pour la maladie de Parkinson, selon une autre étude datant de 2025. «Si vous souffrez d'une affection due à, ou aggravée par, une accumulation de déchets de quelque nature que ce soit, cette approche pourrait s'avérer bénéfique», résume Sephira Ryman, neuropsychologue à l'université américaine du Nouveau-Mexique et coautrice des deux études sur le sujet.
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Le système glymphatique, sorte de réseau d'évacuation des déchets de notre encéphale, est surtout actif pendant le sommeil profond. C'est à ce moment-là que les ondes cérébrales lentes dilatent et contractent les vaisseaux sanguins, environ toutes les 30 secondes.
«Cette dilatation et cette constriction agissent comme une pompe qui élimine les déchets du cerveau», précise Sephira Ryman, qui a présenté ces résultats mi-juillet lors d'une conférence internationale dédiée à la maladie d'Alzheimer à Londres. Pour reproduire cet effet de pompage alors que les personnes sont éveillées, son équipe s'est appuyée sur un mécanisme connu. Respirer un air riche en CO2 dilate temporairement les vaisseaux sanguins, l'organisme cherchant à évacuer le gaz plus efficacement.
Un protocole simple, des résultats mesurables
Douze participants ont pris part à cette nouvelle étude. Huit d'entre eux ne présentaient aucun signe de troubles cognitifs. Les quatre derniers avaient des taux élevés d'une forme de protéine de tau –liée à Alzheimer– dans le sang et trois souffraient de troubles cognitifs légers. Tout au long de l'expérience, le cerveau des participants a été scanné. Les individus portaient un masque diffusant un air contenant environ 0,05% de dioxyde de carbone, soit la quantité que nous inhalons à chaque respiration, puis un air en contenant 5%. Cette alternance s'est produite toutes les 35 secondes pendant une demi-heure.
Résultat: cette exposition intermittente a bien déclenché le même pompage des vaisseaux sanguins que celui observé en sommeil profond. Après quinze minutes, une hausse du taux sanguin de protéine bêta-amyloïde –que l'on retrouve dans les cerveaux sains mais qui forme des agrégats chez les patients atteints d'Alzheimer– a été constatée chez tous les participants.
Un signe d'une meilleure élimination de cette protéine. L'expérience a aussi semblé réduire la présence de la protéine tau, mais seulement chez les participants présentant déjà un déclin cognitif. Probablement parce qu'ils en avaient davantage à évacuer, souligne la chercheuse. Les effets bénéfiques restent toutefois temporaires: une heure après l'intervention, les niveaux de l'amyloïde et de la protéine de tau étaient revenus à la normale.
D'autres études seront nécessaires pour déterminer si cette méthode a un effet réel sur le risque ou la progression de la maladie d'Alzheimer sur le long terme. Il s'agira aussi d'affiner la fréquence à répéter. «Nous ne savons tout simplement pas encore si le fait de cibler l'élimination de ces substances avec une approche comme celle-ci va réellement avoir un effet sur le déclin cognitif», admet Jeff Iliff, neurologue à l'université de Washington à Seattle. Il précise que ce mécanisme pourrait avoir des applications bien au-delà de la seule maladie d'Alzheimer.
Aucun effet secondaire n'a été rapporté par les participants, mais la sécurité de la méthode devra être évaluée sur le long terme. Sephira Ryman évoque aussi la possibilité, à terme, de développer un appareil portable utilisable à domicile. Une alternative potentielle aux thérapies existantes qui reposent le plus souvent sur des médicaments.




























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