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Le 20 décembre 2025, un Beechcraft King Air reliant Aspen à Denver a atterri sans intervention humaine lors de la phase finale, grâce au système Emergency Autoland de Garmin. Activée après un incident à bord, cette technologie d’atterrissage automatique d’urgence a permis à l’appareil de se poser sans aucun blessé. Une première.
Une étape majeure pour la sécurité aérienne vient peut-être d’être franchie. Le 20 décembre 2025, le système Emergency Autoland de Garmin — un dispositif d’atterrissage automatique d’urgence — s’est déclenché en plein vol après que le pilote est temporairement devenu inapte. Un Beechcraft Super King Air 200 reliant Aspen à Denver a ainsi pu se poser sans incident, ni blessé à déplorer. Une première pour ce système, lancé en 2019 puis certifié en 2020 par la Federal Aviation Administration (FAA).

En quoi consiste l’Autoland de Garmin ?
Fondée en 1989, Garmin s’est imposée comme un acteur majeur des systèmes de navigation GPS, aussi bien pour l’aviation que pour l’automobile, la marine ou le sport. Dans le cockpit, l’entreprise américaine développe une large gamme d’équipements électroniques, dont Emergency Autoland, une technologie pensée pour gérer l’impensable : faire atterrir un avion automatiquement en cas d’urgence.
Concrètement, le système est capable de prendre le contrôle total de l’appareil. Il sélectionne un aérodrome adapté, gère la descente, s’aligne sur la piste, se pose de manière autonome, puis freine jusqu’à l’arrêt complet. Le tout sans intervention humaine. Emergency Autoland s’inscrit dans la panoplie de fonctions de sécurité avancées mises au point par Garmin — souvent regroupées sous l’appellation d’«avionique intégrée » — conçues pour assister le pilote, ou le remplacer en dernier recours. Typiquement, en cas de malaise ou d’incapacité soudaine. Ce rôle de « dernier recours » est aussi celui qui lui est reconnu par les autorités aéronautiques. D’un point de vue réglementaire, Autoland est considéré comme une fonction de sécurité d’urgence, au même titre que d’autres automatismes critiques.

Dans une telle situation, un passager peut simplement appuyer sur un bouton dédié et laisser l’avion gérer seul l’atterrissage, plutôt que de tenter de piloter sans formation. Dans certains cas, le système peut même détecter de lui-même l’incapacité du pilote et s’activer automatiquement. Une option nettement plus raisonnable que de prendre les commandes au pied levé — car non, avoir accumulé plus de mille heures sur Microsoft Flight Simulator ne suffit généralement pas quand un Mayday retentit.
Pourquoi le King Air 200 a-t-il atterri automatiquement ?
Le cas de ce Beechcraft King Air 200 équipé du système d’atterrissage d’urgence Autoland de Garmin illustre très concrètement l’intérêt d’une telle technologie. En début d’après-midi, le transpondeur de l’appareil bascule sur le code 7700, signal universel de détresse aérienne. Peu après, comme le montre une vidéo filmée durant l’incident, une voix robotisée féminine prend la parole sur la fréquence radio : elle annonce que le pilote est inapte et que l’avion va se poser automatiquement sur la piste 30R.
LISTEN: Garmin confirmed the first real-world activation of its FAA-certified Emergency Autoland system after a pilot became incapacitated aboard a Beechcraft Super King Air, with the system automatically alerting ATC—marking a major milestone for aviation safety since its… https://t.co/5eNBVGM1gI pic.twitter.com/H1DtzgzzEW
— Breaking911 (@Breaking911) December 22, 2025 Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Twitter.
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La suite se déroule sans encombre. L’Autoland fait atterrir l’appareil à Broomfield (Colorado), près de Denver, sans intervention humaine lors de la phase finale. Si l’issue est claire, l’origine exacte de l’incident est restée un temps sujette à interprétation. De nombreux médias spécialisés évoquent un malaise du pilote survenu peu après le décollage. Une lecture que nuance toutefois ABC News, s’appuyant sur un communiqué de la Federal Aviation Administration (FAA) et sur des précisions fournies par le propriétaire de l’appareil, Buffalo River Aviation. Selon ces éléments, deux pilotes se trouvaient à bord, sans passager, lorsque l’avion a subi une perte de pressurisation rapide et imprévue.
Les deux hommes auraient immédiatement enfilé leur masque à oxygène, tandis que le système Autoland se serait activé automatiquement, comme prévu, lorsque l’altitude cabine a dépassé les seuils de sécurité. Toujours selon Buffalo River Aviation, les pilotes auraient ensuite choisi de laisser le système gérer l’atterrissage, estimant la situation trop complexe pour reprendre les commandes manuellement. Ils n’auraient donc pas été physiquement incapables d’agir, mais seraient restés en position de supervision, prêts à intervenir en cas de besoin. « Dans ce cas précis, l’équipage a consciemment choisi d’utiliser tous les outils disponibles et de limiter les variables supplémentaires dans une situation imprévisible et urgente », explique la compagnie, affirmant que la priorité a été donnée à la sécurité plutôt qu’à toute autre considération.
Reste un point clé : selon Garmin, l’incident du 20 décembre 2025 constitue bien la première utilisation d’Autoland du début à la fin lors d’une urgence réelle. Hormis la FAA aux États-Unis, le système est également reconnu par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) et par plusieurs autorités nationales, notamment au Brésil et au Canada, sur certains types d’avions. Garmin affirme par ailleurs que plus de 1 700 appareils en sont aujourd’hui équipés.
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