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Sport 04/07/2026 08:32
Après avoir rencontré des sélections joueuses (ou largement inférieures), l’équipe de France va rencontrer des Paraguayens agressifs et prêts à casser le jeu.

FRANCK FIFE / AFP
Gustavo Gomez (numéro 15) et les Paraguayens vont proposer une adversité inédite dans cette Coupe du monde à l’équipe de France.
EN BREF • La France affronte le Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 ce samedi à Philadelphie.
• Contrairement à tous les adversaires depuis le début de la compétition, c’est un adversaire connu pour son jeu défensif voire agressif.
• Didier Deschamps et ses joueurs se préparent à un match difficile qui pourrait ressembler à celui de 1998 qui s’était joué lors de la prolongation.
C’est toute la beauté d’un Mondial : l’affrontement entre des sélections qui ne se croisent pratiquement jamais, la rencontre entre des styles de jeu totalement opposés. Et à ce niveau-là, les Bleus de Didier Deschamps vont être servis ce samedi 4 juillet à 23 heures au Lincoln Financial Field de Philadelphie, théâtre d’un 8e de finale de Coupe du monde à couteaux tirés face au Paraguay.
Car après le Sénégal, l’Irak, la Norvège et la Suède, des sélections qui ont toutes tenté de faire le jeu contre l’équipe de France (malgré un écart de niveau parfois important), les Paraguayens vont proposer une approche bien différente. Que l’on peut résumer en un mot : le combat.
« Ils sont très près dans le duel, ils font pas mal de fautes », a résumé Guy Stéphan pour la chaîne YouTube de la Fédération française, évoquant « un autre genre d’adversaire » que ceux rencontrés depuis le début du tournoi. Didier Deschamps, qui était sur le terrain contre cette même sélection lors du huitième de finale victorieux en 1998, a corroboré les propos de son adjoint. « C’est une sélection avec de bons joueurs, et puis cette agressivité : ils ont ça dans l’ADN, cette capacité à bien défendre, à s’accrocher », a-t-il affirmé en conférence de presse après la victoire en 16e de finale.
Annihiler le jeu pour mieux l’emporter
Dès leur premier match, face au co-organisateur étasunien du Mondial, les joueurs paraguayens ont récolté cinq cartons jaunes. Avant que Miguel Almirón devienne bien malgré lui un pionnier dans la deuxième rencontre contre la Turquie, en étant le premier homme expulsé pour avoir dissimulé sa bouche au moment de s’adresser à un adversaire. Et si le bilan disciplinaire ne s’est pas alourdi outre mesure contre l’Australie puis lors du 16e de finale remporté contre l’Allemagne (deux biscottes à chaque fois), l’intensité de l’Albirroja n’est pas retombée pour autant.
Contre les Allemands en particulier, les Sud-Américains ont réussi à « pourrir le jeu » de façon spectaculaire, et l’expression est ici laudative. En exerçant une pression de tous les instants sur le porteur de balle, même loin du but, en ne laissant aucun espace aux offensifs et parfois en commettant des fautes, ils ont réduit à néant le jeu collectif de la Mannschaft. Tant et si bien que le public n’a pratiquement rien eu à se mettre sous la dent. Et en fin de compte, pour la toute première fois de son histoire en Coupe du monde, l’Allemagne s’est inclinée dans une séance de tirs au but. Lors de la victoire contre la Turquie (1-0), le Paraguay avait -de la même manière- abandonné le ballon à son adversaire (22 % de possession), se contentant de défendre fort et de piquer en contre. Avec succès donc.
Cette neutralisation du jeu se ressent d’ailleurs dans les statistiques. En quatre matches, l’Albirroja n’a inscrit que trois buts (et jamais plus d’un par rencontre). Mais si l’on excepte la déroute du match d’ouverture contre les États-Unis (1-4), seule l’Allemagne a réussi à franchir la muraille paraguayenne, sur un centre qui a semé la pagaille dans la défense. Et comme, pour reprendre les mots de Didier Deschamps, il y a « de bons joueurs » en attaque, notamment le Strasbourgeois Julio Enciso, la crainte de perdre sur la plus petite des marges ou d’être emmené dans une prolongation piège pointe légitimement.
L’histoire est un éternel recommencement
Une donnée dont Jules Koundé, le latéral droit des Bleus, est bien conscient. Selon lui, il ne suffira pas de tout miser sur l’attaque car le Paraguay est prêt à souffrir. Il faudra aussi bien défendre pour ne pas se faire surprendre, et ne pas craquer face aux impacts répétés. « On s’attend à un match difficile et on sait qu’il va falloir qu’on soit là dans les duels, qu’on impose notre physique pour exister avec le ballon. » En clair, éviter la domination stérile qui a conduit Allemands et Turcs à leur perte. Un défi que résume l’ailier Bradley Barcola, déjà auteur de deux buts dans ce Mondial, dans les colonnes de L’Équipe : « On sait qu’ils vont mettre beaucoup de coups. Mais ça reste une bonne équipe de ballon. »
D’ailleurs, l’histoire des confrontations entre les deux pays raconte cette même histoire. L’équipe de France ayant toujours été, sur le papier en tout cas, bien supérieure au Paraguay, qui s’appuie sur un réservoir de moins de sept millions d’habitants, il y a certes eu quelques roustes : un 7-3 lors de la Coupe du monde 1958 ou un 5-0 en amical en 2017. Mais l’Albirroja est surtout célèbre dans l’histoire du football français pour avoir subi le coup de canon de Laurent Blanc en 1998, qui mit un terme à 114 minutes d’une résistance acharnée. Capitaine de cette équipe de France, Didier Deschamps avait décrit « un match terriblement usant mentalement », dans lequel il avait « senti le piège se refermer ».
Plus récemment, juste avant le Mondial 2014, le premier de Didier Deschamps devenu sélectionneur, les Paraguayens avaient également joué un mauvais tour aux Bleus (1-1). Avec la même recette que celle attendue samedi : une défense de fer, et des offensives choisies dans lesquelles l’équipe s’engage totalement. Les Français sont prévenus, il faudra venir le couteau entre les dents s’ils veulent faire sauter le verrou blanc et rouge.


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