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Des cyclistes de Sherbrooke refusent de voir une personne de plus mourir à vélo. Ils étaient une quinzaine, jeudi soir, à circuler dans les rues pour demander des voies cyclables plus sécuritaires, moins d’un mois après qu’un septuagénaire ait perdu la vie après avoir été happé par une voiture dans le secteur de Lennoxville.
Les amateurs de vélo qui ont pris part à la mobilisation ont dénoncé le manque de liens cyclables et la discontinuité du réseau.
Il y a eu des améliorations dans les dernières années, mais c’est encore vraiment dangereux d’être cycliste à Sherbrooke, a souligné la citoyenne engagée Ariane Lafontaine.
Elle soutient que les Sherbrookois qui pratiquent le vélo de manière récréative sont comblés, avec de belles pistes en bordure de rivières. Mais ceux qui utilisent la bicyclette pour se déplacer doivent conjuguer avec une tout autre réalité.

Ariane Lafontaine, cycliste engagée
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Quand on veut se rendre à l’épicerie ou à la garderie pour porter nos enfants, il y a vraiment des trous dans le réseau, poursuit Ariane Lafontaine.
Les cyclistes avaient pour point de départ la coopérative La Déraille, qui offre à la communauté étudiante un atelier de vélo à même l’Université de Sherbrooke. Son président, Roberto Arturo Gonzalez Godinez, rencontre souvent des jeunes craintifs de pédaler pour vaquer à leurs activités quotidiennes.
On manque d’infrastructures sur Galt Ouest ou sur le boulevard de l’Université. Toutes les personnes qui veulent venir étudier n’ont pas forcément une piste cyclable sécuritaire, dénonce-t-il.

Roberto Arturo Gonzalez Godinez dénonce aussi le manque d'entretien des voies cyclables en hiver. Il regrette l'abandon, en 2025, du projet pilote de déneigement.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
En retard
Sherbrooke est à la traîne par rapport aux autres grandes villes, croit le citoyen Fabien Burnotte, qui s’implique depuis plus de 25 ans sur la scène municipale pour que les infrastructures cyclables soient améliorées.
Les changements arrivent à pas de tortue, déplore-t-il, surtout en raison d’un manque de volonté politique. Il soutient qu’à la table du conseil municipal, seulement quelques élus sont cyclistes et comprennent l’importance de développer le réseau. Il rêve surtout de voir une voie réservée aux vélos sur Belvédère au complet.
On prend vraiment du retard à Sherbrooke. Il faudrait vraiment donner une go, mais on n’est pas là encore, pas avec la mairie actuelle. Au moins, on conserve une évolution, note le fondateur du groupe Vélo urbain Sherbrooke.

Fabien Burnotte, fondateur de Vélo urbain Sherbrooke
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Parmi les cyclistes rassemblés, plusieurs ont dénoncé le report de l’aménagement du lien cyclable sur la rue Wellington Sud. Le projet, planifié cet été, devrait finalement voir le jour en 2027.
Jeudi, les cyclistes ont emprunté des artères très fréquentées pour faire entendre leurs revendications, comme la rue Galt, Belvédère et Queen-Victoria. Ils ont notamment roulé devant le vélo blanc installé sur la rue Collège à la mémoire de l’homme qui a disparu au début du mois.
Je n’attendrai pas qu’un autre cycliste meure, a laissé tomber Fabien Burnotte, déterminé à revenir pédaler le moins prochain. Car une promenade mêlant plaisir et revendication se déroule tous les derniers jeudis du mois depuis près d'un an à Sherbrooke, portée par le mouvement Masse critique. Des dizaines de cyclistes y prennent part à chaque fois, selon le citoyen.


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