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Santé 17/03/2026 12:45
Il faut en moyenne patienter douze jours pour consulter son médecin généraliste et quatre mois et demi pour voir un dermatologue, alerte la Fédération hospitalière de France.

ROBIN UTRECHT / ANP via AFP
Alors qu’un patient devait en moyenne attendre quatre jours pour voir son médecin généraliste en 2019, ce délai est aujourd’hui estimé à 12 jours, selon le baromètre.
EN BREF • Les Français attendent de plus en plus pour des consultations médicales, avec des délais de 12 jours pour un généraliste et 4 mois pour un dermatologue.
• Les régions comme la Normandie et Centre-Val-de-Loire connaissent les plus longs délais, tandis que l’Île-de-France est mieux lotie.
• 73 % des Français ont renoncé à des soins à cause des délais.
Il n’a jamais été aussi compliqué d’obtenir un rendez-vous médical, qu’il s’agisse de consulter son médecin généraliste ou un spécialiste. C’est la conclusion alarmante que tire la Fédération hospitalière de France, suite à la publication de son troisième baromètre sur l’accès aux soins.
Réalisé avec l’institut Ipsos/BVA, et dévoilé par ICI et franceinfo, il indique que les délais d’attente pour consulter un médecin continuent « d’augmenter de façon alarmante » depuis 2019, année à laquelle a été réalisé le précédent baromètre. Résultat, une majorité de Français renoncent à certains soins.
Explosion des délais d’attente dans trois spécialités
Ces délais d’attente allongés concernent aussi les soins médicaux généraux. Alors qu’un patient devait en moyenne attendre quatre jours pour voir son médecin généraliste en 2019, ce délai a bondi à 10 jours en mars 2024, et est aujourd’hui estimé à 12 jours.
Les délais se sont aussi largement rallongés pour consulter un spécialiste : il faut désormais patienter deux mois et 10 jours pour voir un ORL, contre un mois et une semaine il y a sept ans, ou encore deux mois et deux jours pour voir un cardiologue, contre un mois et trois semaines en 2019. Les spécialistes les plus difficile d’accès sont les dermatologues : le délai d’attente est passé de deux mois et deux jours en 2019 à quatre mois et deux semaines en 2026.
Des disparités régionales
Ces temps d’attente moyens cachent néanmoins de fortes disparités régionales, révèle le baromètre de la Fédération hospitalière de France. Il faut en moyenne 24 semaines d’attente en Normandie et 23 en région Centre-Val-de-Loire pour obtenir un rendez-vous avec un dermatologue lorsqu’un habitant d’Île-de-France peut espérer en avoir un en 14 semaines. La Bretagne et le Grand Est accusent un délai de 15 semaines pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologiste, et les habitants des Hauts-de-France doivent patienter 20 semaines pour voir un psychiatre, contre 6 en Île-de-France.
Les personnes résidant en région parisienne restent, de manière générale, les mieux loties en matière d’offre de soins, les délais étant compris entre deux et 14 semaines selon la spécialité du patricien, ce qui se situe systématiquement en dessous de la moyenne nationale.
Le recours aux urgences
L’allongement de ces délais de consultation impacte le rapport qu’ont les Français à leur santé. 73 % déclarent ainsi avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin ces cinq dernières années. Parmi eux, 59 % imputent ce renoncement aux délais d’attente, tandis que 40 % n’ont pas consulté ou acheté des médicaments pour une question de budget et 38 % en raison d’une trop longue distance à parcourir.
Pour être soigné rapidement, il faut parfois alors se rendre aux urgences. Près d’un Français sur deux (49 %) reconnaît s’y être déjà rendu pour des raisons qui ne relevaient pas d’une urgence médicale. Selon le baromètre, les moins de 35 ans sont les plus enclins à opter pour les urgences (57 %), loin devant les 60 ans et plus (41 %).
Mais les services d’urgences ne sont pas épargnés par les délais d’attente. 41 % des répondants estiment avoir attendu trop longtemps alors que leur situation était « grave », 35 % affirment ne pas avoir obtenu ou avoir attendu trop longuement pour réaliser des examens médicaux essentiels. 33 % des sondés estiment par ailleurs que leur douleur n’a pas été correctement prise en charge.


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