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Par Le Figaro avec AFP
Le 20 mars 2026 à 23h38

Trois textes de loi visant à abroger une loi de 2018 qui permet de changer de genre à l’état civil sur simple déclaration, à partir de 16 ans, ont été adoptés vendredi en première lecture par le parlement portugais.
Passer la publicité Passer la publicitéLe parlement portugais a adopté vendredi en première lecture plusieurs textes de loi réintroduisant l'obligation de présenter un avis médical pour tout changement de genre et de prénom à l'état civil, ce qui mettrait fin au principe d'autodétermination instauré il y a huit ans.
Ces trois textes ont été présentés et votés par le Parti social-démocrate (PSD, centre droit) du premier ministre Luís Montenegro, son allié conservateur CDS-PP et le parti d'extrême droite Chega, deuxième force politique du pays ibérique. Les propositions de loi devront être fusionnées en un seul texte qui sera ensuite soumis à un vote final.
Dans la pratique, ces textes visent à abroger une loi de 2018 qui permet de changer de genre à l'état civil sur simple déclaration, à partir de 16 ans. «Des décisions de cette nature ne devraient pas être prises sans l'accompagnement clinique nécessaire», a estimé jeudi la députée du Parti social-démocrate Andreia Neto, lors du débat qui a précédé le vote de vendredi.
«Une atteinte à la liberté des personnes trans et intersexe»
La députée socialiste Isabel Moreira a, elle, estimé que les textes adoptés en première lecture constituaient «une atteinte à la santé, à la dignité et à la liberté des personnes trans et intersexe». Ces projets de réforme ont également été critiqués par plusieurs associations de défense des droits des minorités sexuelles, ainsi que par des représentants du corps médical.
L'Association pour le planning familial (APF) a mis en garde contre «un recul politique», tandis que la Société portugaise de sexologie clinique a dénoncé une mesure «scientifiquement infondée», susceptible de nuire à une population déjà vulnérable. ILGA-Europe, une ONG de lutte pour les droits des personnes LGBT+, avait appelé le parlement portugais à rejeter des textes «portant atteinte aux droits des personnes trans et intersexe».
«Ce qui se passe au Portugal ne surgit pas de nulle part. Partout en Europe, nous constatons que certains partis politiques ciblent de plus en plus les personnes trans et intersexe en recourant à des tactiques similaires : invoquer le “sexe biologique”, la “protection de la famille” et la “protection de l'enfance” pour justifier des reculs en matière de droits», a regretté l'ONG.


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