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Julien Odoul. « Je ne tape personne, moi. Après minuit, je peux mordre, en revanche… Après minuit, quand je me transforme. ». C’est le propos, scandaleux, tenu par Julien Odoul face à un mineur sur le forum BFMTV cette semaine. « Je suis pas loin d’être mineur, Monsieur Odoul. C’est un peu bizarre », lui […]
Julien Odoul. « Je ne tape personne, moi. Après minuit, je peux mordre, en revanche… Après minuit, quand je me transforme. ». C’est le propos, scandaleux, tenu par Julien Odoul face à un mineur sur le forum BFMTV cette semaine. « Je suis pas loin d’être mineur, Monsieur Odoul. C’est un peu bizarre », lui a rétorqué immédiatement le jeune, choqué du propos.
La sortie n’est pas un cas isolé dans le parcours de Julien Odoul, connu pour s’être moqué du suicide d’un agriculteur en se demandant si « la corde était française » en avril 2021. Il y a quelques semaines, il a pris la défense de Patrick Bruel en qualifiant les victimes de « femmes manipulatrices ».
L’homme qui a rejoint le RN en 2014 a connu une ascension fulgurante au sein de ce parti fondé par des Waffen SS. Deux ans plus tard, l’homme est élu conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, devient ensuite porte-parole du RN en 2021, puis est élu député en 2022. Julien Odoul a depuis multiplié les outrances et a déjà été condamné pour détournement de fonds publics en 2026. Portrait.
Détournement de fonds publics et emplois fictifs
Marine Le Pen l’assure en 2004 : « Tout le monde a piqué de l’argent dans la caisse, sauf le FN » et qualifie de scandaleux les élus qui « volent l’argent des Français ». Pourtant, entre 2004 et 2016, le parti organise un « système » de détournement des fonds européens, destinés à rémunérer des assistants parlementaires fictifs d’eurodéputés, au profit de personnes qui travaillent en réalité pour le parti ou au service de personnalités du RN.
Exemples : le majordome de Jean-Marie Le Pen ou son garde du corps, devenu ensuite celui de Marine Le Pen. Au total : une condamnation en mars 2025, suivie d’un arrêt d’appel en 2026, visant Marine Le Pen, le Rassemblement national et plusieurs anciens élus pour détournement de fonds publics. Montant du préjudice : 2,8 millions d’euros selon la cour d’appel, 4,6 millions selon le Parlement européen.
Arrivé alors au RN depuis seulement un an, Julien Odoul se retrouve au cœur de cette tourmente à cause d’un mail de 2015 qui le ridiculise. Tout comme « BardePasLà » au Parlement européen, Julien Odoul évite les bancs de l’institution et demande, dans un mail de février 2015 à Marine Le Pen, s’il pouvait se rendre à Strasbourg pour assister à une session du Parlement européen et « faire la connaissance de Mylène Troszczynski ». Problème : l’intéressé est censé travailler pour la députée européenne Troszczynski depuis déjà… quatre mois.
Il s’agit donc bien d’un emploi fictif d’assistant parlementaire, puisqu’Odoul travaillait en réalité pour le cabinet de Marine Le Pen. La Cour d’appel de Paris le condamne par conséquent à huit mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité également assorti du sursis.
Ce n’est d’ailleurs pas la seule affaire dans laquelle baigne le député. Tête de liste du RN aux élections régionales de 2021, Julien Odoul fait l’objet d’un signalement au procureur pour des accusations d’emploi actif, sans que suite judiciaire ne soit donnée. Qui l’accuse ? Sept des propres collègues conseillers régionaux RN du candidat.
Des fausses informations en pagaille
Ce rapport particulier aux mensonges et à la dissimulation se retrouve également dans les propos de Julien Odoul, ainsi que dans le recours permanent aux fausses informations.
Une campagne « sale » est ainsi menée aux élections législatives de 2024, lors de laquelle le député fait diffuser un tract propageant des informations mensongères sur le Nouveau Front Populaire. Ce tract accuse le NFP de défendre la « fermeture de CNews et [la] censure de tous les journalistes qui ne sont pas de gauche », d’apporter un « soutien aux islamistes » ou encore de proposer un « racket de votre épargne pour financer la politique d’immigration ».
Julien Odoul n’en est pas à son premier coup : en 2020, une vidéo le voit affirmer que les mineurs non accompagnés recevraient bien plus d’argent que les familles en difficulté dans l’Yonne… alors que le budget attribué à ces familles (hors RSA) est alors plus de 12 fois supérieur à celui destiné à protéger ces mineurs.
Plus récemment, le 20 avril 2026 sur Sud Radio, Julien Odoul affirme que « le logement social est occupé en majorité par des étrangers dans notre pays, c’est factuel ». Or, ce n’est pas le cas. En 2017, environ 12 % des logements sociaux existants étaient occupés par des familles de nationalité étrangère. Les dernières données sur le logement social indiquent qu’il y a environ trois fois moins d’immigrés dans les logements sociaux que de personnes non immigrées.
La stratégie du racisme permanent pour se faire connaître
Ces fausses informations sur le prétendu soutien à l’islamisme du NFP, sur les aides aux mineurs non accompagnés ou sur les logements sociaux occupés par des immigrés mettent en évidence les obsessions racistes de Julien Odoul.
C’est d’ailleurs grâce au racisme, et plus précisément à l’islamophobie, que l’actuel député a su se faire connaître. L’élu est ainsi largement devenu célèbre suite à un coup médiatique islamophobe : l’affaire dite du voile. Le 11 octobre 2019, une femme voilée accompagne une classe d’écoliers pour visiter l’hémicycle du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon. Julien Odoul réclame alors que l’accompagnatrice enlève son « voile islamique » ou quitte l’hémicycle, soi-disant au nom de la laïcité.
La présidente du conseil régional refuse, et les élu·es RN quittent alors l’assemblée, Odoul diffuse alors la vidéo sur les réseaux sociaux, dénonçant sur Twitter « une provocation communautariste » intolérable après « l’assassinat de nos 4 policiers ». Malgré la polémique et les rassemblements dénonçant ces propos, l’élu déclare à France Bleu Auxerre « Je ne regrette rien de mes propos ».
Le port du voile de la part d’une parent accompagnatrice est pourtant tout à fait légal : cette polémique du RN s’inscrit dans un processus de stigmatisation et de discrimination contre les femmes musulmanes, qui culmine aujourd’hui avec la proposition absurde et odieuse du RN d’interdire purement et simplement le voile dans l’espace public.
Ces attaques contre les femmes musulmanes et leur droit de porter ce qu’elles souhaitent reviennent régulièrement chez Julien Odoul. Un photomontage réalisé par intelligence artificielle en train de retirer le voile d’une femme le portant a ainsi été publié par le député il y a quelques semaines. L’image s’accompagnait sous le cliché du slogan « Liberté française ». L’utilisation de l’intelligence artificielle en plus, le procédé rappelle les affiches de la France coloniale indiquant aux femmes algériennes : « N’êtes-vous donc pas jolie ? Dévoilez-vous ! ».
Un an plus tôt, en octobre 2025, Odoul ciblait cette fois Kevin, accusé — parce qu’il portait une barbe et défendait LFI — d’avoir une « tenue militaire » peut-être pour « célébrer quelque chose ».
Comprendre : pour célébrer l’attaque du Hamas du 7 octobre, comme la chose a fini par être assumée en ajoutant : « Si vous voulez aller au bout des choses, si vous voulez que je vous récite le tweet de M. Mélenchon aujourd’hui pour célébrer le 7 octobre, je le trouve dégueulasse ».
En direct sur BFM, Julien Odoul se lâche dans une remarque raciste envers un citoyen.
Odoul insulte, BFM laisse passer, le RN jubile.
Mépris, provocations et haine décomplexée : ces propos sont inadmissibles et doivent être condamnés immédiatement. pic.twitter.com/S9tJCKVOs1
Pour Julien Odoul, les musulmanes et musulmans ne sont donc pas libres de s’habiller comme iels le souhaitent et n’ont pas le droit de porter une barbe, car cela représenterait nécessairement une « provocation communautariste » ou un signe d’allégeance au Hamas.
« Femmes manipulatrices » : la rhétorique misogyne du député Odoul sur CNews pour défendre Bruel
Trente-deux. C’est le nombre de plaintes déposées contre Patrick Bruel pour des faits de viol et d’agression sexuelle. Mais cela ne suffit pas pour Julien Odoul. Une position lâche aurait pu consister, comme pour la cheffe de file Marine Le Pen, à ne pas prendre position en affirmant que « tant que vous n’êtes pas définitivement condamné, vous êtes présumé innocent » et que « personne n’est obligé d’aller les voir ». Mais cela ne suffit pas non plus, et la décision est prise d’aller bien plus loin dans l’abjection.
C’est ainsi que le député déclare sur le plateau de CNews : « Moi, je suis frappé de voir que pour certains, la femme est toujours une victime, la femme ne peut jamais être malveillante, la femme ne peut jamais être une manipulatrice, il en existe, la femme ne peut jamais mentir ». Et la précision du fond de la pensée de suivre : « C’est arrivé, avec de faux témoignages.
Pour aller plus loin : Billy-Montigny : le RN supprime des aides sociales et invite un artiste condamné pour pédocriminalité
Je parle notamment de l’affaire Ary Abittan ». Julien Odoul préfère donc soutenir l’agresseur présumé face aux 32 plaintes, et montre le peu d’importance accordé à la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.
L’élu est d’ailleurs loin d’être le seul dans son parti : les mairies RN d’Hénin-Beaumont et de Billy-Montigny ont ainsi chacune décidé d’accueillir, en juillet dernier, un concert de Jean-Luc Lahaye, artiste pourtant condamné pour atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans, corruption de mineurs, et mis en examen pour viol sur deux adolescentes âgées de 16 et 17 ans.
Derrière les beaux discours vantant sa dédiabolisation, rien n’a en réalité changé au RN. Les mairies RN continuent leur politique antisociale et invitent des artistes condamnés pour pédocriminalité, tandis que sous le vernis, les liens étroits avec les organisations d’extrême droite responsables d’agressions physiques persistent.
Rien n’a changé non plus en ce qui concerne ses élu·es et candidat·es : les propos racistes, antisémites ou négationnistes pullulent toujours. Les étoiles montantes du parti ne font pas exception à la règle : bien au contraire, multiplier les outrances racistes et détourner des fonds semblent être devenus des critères de promotion au sein du RN.
Par François Delafosse


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