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Que ce soit au rythme du tambour traditionnel ou de la podorythmie, les danses traditionnelles continuent de rassembler des amateurs de tous âges sur la Côte-Nord. Un symbole de communauté et d’identité commune qui anime le patrimoine vivant de la région.

Kelly Vollant-Desterres incarne bien cette réalité. À 29 ans, l’intervenante communautaire est devenue organisatrice du Round dance et du pow-wow traditionnel de Pessamit l’année dernière.

Originaire de Baie-Comeau, Kelly a longtemps cherché sa place entre deux mondes avant de retrouver le chemin de ses racines.

Kelly Vollant-Desterres en robe traditionnelle

Kelly Vollant-Desterres a retrouvé ses racines grâce à la danse et à l'implication communautaire à Pessamit.

Photo : gracieuseté de Kelly Vollant-Desterres

À l’adolescence, j’étais beaucoup en quête identitaire, confie-t-elle. Je suis revenue de plus en plus vers la communauté. Je ressentais le désir de me reconnecter avec ma culture, la culture autochtone en général.

C’est à travers l’implication communautaire, le chant et, surtout, la danse que la jeune Innue a trouvé ses marques. Après avoir parcouru le pays et assisté à divers pow-wow, elle s'est sentie prête à mettre à profit son expérience.

Le makusham, une tradition

Si le pow-wow n’est pas une tradition ancestrale innue, le makusham, qui s'invite souvent dans les événements sur le territoire, émane directement de cet héritage.

Des danseurs en costume traditionnel sur le site du pow-wow.

Le pow-wow annuel de Pessamit demeure un rendez-vous incontournable pour les amateurs de culture et de danses traditionnelles. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté de Liette Picard

Pour Kelly Vollant-Desterres, cette danse va bien au-delà de la chorégraphie, c’est une affirmation claire et délibérée de sa culture.

On danse notre identité, on célèbre qui on est, on est fiers de montrer qui on est.

Cette transmission identitaire, l’aînée de Uashat mak Mani-utenam, Noëlla McKenzie, la connaît bien. Lorsqu’elle évoque le makusham, ses souvenirs la ramènent à un mariage célébré en forêt, dans sa jeunesse, où hommes et femmes dansaient au rythme du tambour jusqu’aux premiers rayons du soleil.

Profondément lié au mode de vie des Innus, le makusham était souvent pratiqué pour célébrer l’arrivée des chasseurs de caribou ou pour assurer une chasse abondante, raconte Noëlla McKenzie.

Noella Mckenzie est assise en tenue traditionnelle et sourit à la caméra, une tasse de café à la main

L'aînée Noëlla McKenzie souhaite transmettre aux jeunes la richesse des traditions de son enfance. (Photo d'archives)

Photo : gracieuseté de Noella Mckenzie

Quand tu danses le makusham, l’homme, il faut qu’il danse fort, des pas imposants, comme le caribou. Pour la femme, c’est de petits pas, comme le castor.

Voyant les traditions évoluer, l’aînée insiste sur le besoin de préserver cette mémoire. Il faut que ça continue, pour nos jeunes.

Un patrimoine vivant

Ce besoin de faire vivre la patrimoine traverse les cultures et trouve aussi écho du côté de la danse traditionnelle québécoise.

Une danseuse sourit à la caméra dans un studio de danse.

La chorégraphe et codirectrice de Tam Ti Delam mise sur l’effet de communauté pour faire briller la danse traditionnelle. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Catherine Paquette

Marianne Valcourt, codirectrice artistique et chorégraphe de l'ensemble folklorique Tam Ti Delam de Sept-Îles, constate elle aussi le pouvoir rassembleur de cet art. Loin de s'essouffler, sa pratique rallie une centaine de danseurs âgés de 4 à 50 ans au sein de son école.

On est porteur de la tradition, rappelle la chorégraphe. La gigue, ça fait partie du patrimoine vivant. La seule manière que ça puisse exister, c'est par les gens qui dansent.

« Pandore » est le spectacle annuel de l'ensemble folklorique Tam ti delam

L’ensemble folklorique Tam Ti Delam de Sept-Îles rallie les passionnés de tous âges. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Alors que d'autres régions peinent parfois à recruter, la troupe parvient à remplir des salles de 800 places à deux reprises lors de ses spectacles annuels, un succès que Marianne Valcourt attribue directement à l'effet de communauté de la Côte-Nord.

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