En l’espace de sept jours, Guy Parmelin a annoncé sa démission, traversé la moitié du globe pour discuter investissement et fiscalité avec Narendra Modi à New Delhi, pour finalement atterrir à l’aéroport d’Altenrhein et se rendre jeudi à l’ouverture de la 83e édition de la foire de l’Olma, le salon suisse de l’agriculture et de l’alimentation. «Quelle semaine!» lançait-il comme un euphémisme à l’entame de son discours. Lui qui voulait laisser la place à des forces vives au Conseil fédéral, il semble avoir encore un peu d’énergie à revendre au crépuscule de son mandat.
La venue d’un conseiller fédéral est une tradition sacrément tenace pour l’Olma. La première édition en 1943 était déjà arpentée par le Saint-Gallois Karl Kobelt, venu incognito, précise la manifestation, qui l’avait donc quand même reconnu. Dès 1946, la foire est considérée comme d’importance nationale, hissée au rang de Schweizermesse au même titre que celle de Lugano, de Bâle ou du Comptoir suisse de Lausanne, et inscrite au calendrier obligatoire du gouvernement. La suppression de l’Olma de l’aide-mémoire du Conseil fédéral en 2014 ne change pas grand-chose et la coutume se perpétue depuis, inébranlable. Au total, ce sont 79 discours d’ouverture répartis entre 55 ministres différents – les deux recordmen de la discipline étant Roger Bonvin et Arnold Koller, avec trois prises de parole chacun.


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