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Les scènes se répètent au fil des semaines. Que ce soit en France ou en Belgique, les acteurs de mobilité partagée se trouvent parmi les premières cibles des dernières émeutes. On ne compte ainsi plus les trottinettes, vélos ou voitures incendiés, renversés ou saccagés.
Filiale du groupe D'Ieteren, Poppy a ainsi vu, une nouvelle fois, l'un de ses véhicules retourné ce samedi lors de troubles à Bruxelles. Une semaine auparavant, la société avait recensé huit véhicules saccagés, dont deux incendiés, dans la capitale belge lors de la grève nationale.
Du paradis à l'enfer
Comme l'expliquait sur les réseaux le directeur commercial Grégory de Walque, l'entreprise belge est passée rapidement du paradis à l'enfer le 9 octobre dernier. "Nous avons battu notre record historique de trajets : le métro étant à l'arrêt, des milliers de personnes à Bruxelles et à Anvers ont utilisé notre application, explique le CC0. Mais à la fin de cette même journée, huit de nos véhicules avaient été saccagés, dont deux incendiés. Pas par des manifestants, mais par des émeutiers. C'est la deuxième fois cette année".
Une première en Belgique : Poppy lance des voitures partagées "télécommandées"Pourquoi ces véhicules sont-ils particulièrement pris pour cible ? D'aucuns affirment que les émeutiers auraient moins de scrupule à détruire des véhicules "qui n'appartiennent à personne". "C'est faux, une Poppy appartient à tout le monde, défend Grégory de Walque. Chacune est utilisée des centaines de fois par an et, selon une enquête de Bruxelles Mobilité, chaque Poppy remplace 11,5 voitures particulières chez ses utilisateurs réguliers". "Partagé" ne signifie pas "sans propriétaire ". Cela signifie que c'est un bien commun".
Une perte "pure et simple"
Poppy précise aussi que chaque voiture détruite représente une perte "pure et simple". Les assurances ne couvriraient ainsi pas ce type de situations. "Ce que quelques personnes ont saccagé en un seul après-midi nous coûte plus cher que tout ce que nous avons gagné lors de la meilleure journée de notre histoire. Nous travaillons dur pour que la mobilité reste abordable et durable, même avec la hausse des prix du carburant. Des événements de ce type rendent cela beaucoup plus difficile".
2500 voitures "exposées jour et nuit"
Et le directeur de préciser : depuis la création de Poppy, en 2017, la société n'a connu qu'une seule année bénéficiaire. "Chaque voiture détruite, c'est une voiture en moins dans les rues et de l'argent que nous ne pourrons jamais dépenser pour en acheter de nouvelles. Imaginez un bijoutier qui, un matin, ouvre sa boutique et la trouve saccagée. C'est exactement notre cas. Sauf que notre boutique, ce sont 2 500 voitures garées dans la rue, exposées jour et nuit".
Poppy triple sa flotte de voitures partagées en 2023: "La majorité d'entre nous paie pour un véhicule inutilisé 95 % du temps"Interrogé par nos confrères du Nieuwsblad, le patron de Poppy, Marko Raspudic, a toutefois précisé que l'entreprise ne comptait pas quitter Bruxelles, qui reste sa vache à lait. "Mais nous comptons sur les autorités bruxelloises pour nous aider à nous développer". Selon lui, les émeutiers se trompent en s'attaquant à ces voitures. "Nous sommes une cible tout à fait inappropriée".
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