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La candidate RN à la prochaine élection présidentielle s'inquiète de la tournure des événements en Pologne, qui se sont brusquement accélérés ce vendredi.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:36 | mis à jour aujourd'hui à 16:47 - Temps de lecture :
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle, a fait part dimanche de sa « profonde inquiétude » concernant la crise politique en Pologne et déploré « l'intervention des forces de sécurité » autour du tribunal constitutionnel à Varsovie.
« On ne restaure pas l'état de droit en donnant le sentiment de s'affranchir soi-même des règles qui le fondent. La multiplication de ces coups de force au sein même de l'Union européenne commence à sérieusement interroger », a-t-elle écrit dans un post sur X.
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Le RN affiche régulièrement sa proximité avec le président nationaliste polonais Karol Nawrocki, élu en 2025 et engagé dans un bras de fer avec le Premier ministre pro-européen Donald Tusk autour de la nomination de juges constitutionnels.
Comprendre la crise qui ébranle la Pologne
La crise autour du Tribunal constitutionnel dure depuis 2015. Les nominations y sont devenues éminemment politiques, et ne permettent pas de garantir son indépendance. En 2025, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a estimé que le Tribunal constitutionnel ne répondait pas aux exigences d'une juridiction indépendante et impartiale. Depuis, l'exécutif du Premier ministre Donald Tusk dit vouloir débloquer la situation et réformer le Tribunal constitutionnel. Mais des manifestants s'installent alors devant la cour pour défendre les juges proches du PiS (opposition) et empêcher une intervention policière.
Vendredi 30 octobre, tout s'accélère : des policiers anti-émeutes sont déployés en nombre pour bloquer l'accès au tribunal, le ministre de la Justice lance une procédure pour lever l'immunité de son président, une juge nouvellement nommée annonce la suspension de ce dernier et dit assurer l'intérim. Sur place la situation se tend: les partisans du PiS affluent, ainsi que les principaux dirigeants de droite et d'extrême droite qui dénoncent un « coup d'Etat ».
Le spectre de l'autoritarisme reste vif dans un pays traumatisé par quasiment un demi-siècle de régime communiste (1944-1989). Le président Nawrocki, dans un avion à destination du Sénégal, est rentré d'urgence. Une fois à Varsovie, il décide de se rendre au tribunal. Ancien boxeur, il parvient à franchir le cordon de policiers pour pénétrer à l'intérieur du tribunal où de vives échanges l'opposent à des juges nouvellement élus.
Samedi 31 octobre, le président consulte les partis politiques pour négocier une sortie de crise. Sans résultat. En attendant, la Commission européenne a exhorté samedi le chef de l'Etat à entériner la nomination des nouveaux juges.
L'accès au tribunal bloqué
« La suspension contestée du président du Tribunal, l'intervention des forces de sécurité autour de cette institution semblent s'apparenter à une prise de contrôle forcée d'une institution constitutionnelle », a encore estimé la candidate du parti d'extrême droite.
À un peu plus d'un an des législatives polonaises, les événements se sont brusquement accélérés vendredi à Varsovie. La police anti-émeutes a investi le site du tribunal pour en bloquer l'accès, le ministre de la Justice - également procureur général - a demandé la levée de l'immunité de son président et une juge nouvellement nommée par la majorité a annoncé assurer l'intérim.
La Commission européenne, de son côté, a pris le parti de Donald Tusk samedi en appelant le président polonais à valider la nomination de juges pour dénouer la crise. « L'indifférence de l'Union européenne et le silence des médias face à la crise polonaise suscitent de légitimes interrogations : on ne peut prétendre défendre la démocratie et l'état de droit et se taire lorsque l'équilibre constitutionnel d'un État membre est gravement menacé », a encore commenté Marine Le Pen.


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