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L’épisode caniculaire qu’a connu le pays et ses conséquences dramatiques en termes de vies humaines, nourrit le débat politique et relance les thématiques du dérèglement climatique à moins d’un an de la présidentielle.
Nathalie Mauret - Hier à 20:32 | mis à jour hier à 21:08 - Temps de lecture :
La chaleur décroît et le débat politique augmente. Après l’épisode de canicule intense que la France vient de vivre, inédit pour un mois de juin, vient le temps des réponses politiques. Les premières annonces sur le nombre de décès dus à cette vague de chaleur extrême relancent le débat sur l’impréparation de l’État et sur la climatisation. La perspective de la présidentielle n’y est pas pour rien.
« Il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s’annonce pour déterminer les responsabilités politiques », affirme la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle. Elle rappelle que les écologistes alertent sur le réchauffement climatique et tacle « l’impréparation totale de nos gouvernants et le danger que cela représente ».
Le RN change de pied
Même tonalité pour les Insoumis. Clémence Guetté, en charge du programme de Jean-Luc Mélenchon, a qualifié de « catastrophe » la gestion de la canicule par le gouvernement, ce dimanche sur France 3.
À l’extrême droite, le Rassemblement national, rattrapé par ses déclarations climatosceptiques, tente d’inverser la tendance. Alors que Marine Le Pen dénonçait en 2023 la « vision alarmiste du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur le climat, NDLR) », les porte-parole déploient les mêmes éléments de langage dans les médias, à savoir que le RN est… d’accord avec le constat du Giec mais pas avec toutes les solutions que cette organisation de scientifiques porte.
Marine Le Pen se targue aujourd’hui d’avoir été la première à demander un plan massif de climatisation. Ce dernier, pour l’instant non chiffré ni financé, sera détaillé ce mardi. Laurent Jacobelli, député de Moselle, a évoqué la somme de 20 à 30 milliards d’euros par an, les premières années. « Nous sommes fondamentalement plus écologistes que les Verts », a même revendiqué le porte-parole du RN…
Bloc central fissuré
Face à ces attaques et au bilan qui sera fait de cette séquence climatique mortelle, le gouvernement serre les rangs. Et se défend. « L’extrême droite s’est toujours opposée à tous les grands plans d’adaptation », réagit Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l‘Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
À dix mois du premier tour de la présidentielle, l’unanimité n’est pas visible au sein du bloc central. Le fonds vert (qui aide les collectivités à s’adapter au réchauffement climatique), qui a fondu comme neige au soleil, passant de 2,5 milliards à sa création à 800 millions d'euros en quelques années, alimente de nombreuses critiques.
« Après mon départ de Matignon, je ne suis pas sûre que la planification écologique et énergétique ait été portée avec la même énergie », a dénoncé sur France 3 Élisabeth Borne, à l’initiative ce projet lorsqu’elle était à Matignon. Un fonds vert que veut doubler le candidat Horizons Edouard Philippe, dont l’un des directeurs de campagne est Christophe Béchu, ancien ministre de l’Ecologie, qui avait mis en œuvre cette enveloppe d’investissement destinée aux collectivités locales…


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