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Policière victime d’insultes misogynes : les partis d’opposition demandent des actions

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La vidéo de 2025 dans laquelle on peut voir une policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se faire insulter violemment par un automobiliste fait réagir à l’Assemblée nationale.

Le Parti québécois (PQ) a annoncé mardi son intention de déposer une motion pour demander au gouvernement de modifier la Loi sur la police pour interdire d’injurier ou d’insulter les policiers dans l’exercice de leurs fonctions.

On a soumis au ministre de la Justice cette idée, qu'il n’a pas jugé bon d'introduire dans son projet de loi, le projet de loi 13, dont l’étude vient de se terminer, donc c’est absolument malheureux, a expliqué le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, le député Joël Arseneau.

Le projet de loi 13 a été déposé à l’Assemblée nationale par le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, et vise à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population.

Il prévoit des sanctions envers les groupes criminels qui affichent leur emblème et la création d'un registre public des délinquants sexuels à risque élevé de récidive.

Plusieurs dispositions du projet de loi ont été fortement critiquées par des associations de défense des libertés civiles.

L’élu des Îles-de-la-Madeleine demande au gouvernement de reconsidérer sa décision et d’introduire des modifications pour mettre en place des amendes dissuasives.

Ce sont des propos inacceptables et qui minent l’autorité des forces policières pour faire respecter les règles.

Pour sa part, la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a dit vouloir prendre connaissance de la formulation précise de la motion du PQ avant de décider ou non de l’appuyer.

Par ailleurs, la députée de Mercier a fermement condamné les propos tenus envers la policière, des propos misogynes, qui ressemblent à ce qu’elle reçoit sur ses propres réseaux sociaux.

Il ne faut pas accepter ce genre de violence verbale. On va regarder ce qu’il faut faire, a-t-elle assuré.

Du côté du Parti libéral du Québec, on indique être en faveur de la motion du Parti québécois.

Mais encore? a ajouté le chef parlementaire de l'opposition officielle, André Fortin. Il faut s’assurer de trouver une façon de protéger nos policiers et nos policières dans l’exercice de leurs fonctions.

C'est impensable et intolérable que des situations comme celle-là puissent continuer de se produire au Québec.

Une porte ouverte à l'arbitraire?

Face à cette volonté de légiférer, la Ligue des droits et libertés met plutôt en garde les parlementaires contre le réflexe d'adopter de nouvelles réglementations municipales ou d'appliquer de nouvelles infractions pénales dans de tels cas.

Sa porte-parole, Lynda Khelil, reconnaît que les insultes misogynes comme celles proférées envers la policière du SPVM sont inacceptables, mais elle insiste sur le fait que tous les enjeux sociaux, tous les problèmes sociaux ne se résolvent pas avec de nouvelles interdictions passibles d'amende.

Qui va déterminer ce qui est une insulte ou pas? demande-t-elle. Il va y avoir beaucoup d'arbitraire, beaucoup de subjectivité. On sait que ça va au contraire miner davantage les relations entre les citoyens et les policiers, ce qui n'est pas souhaitable.

Elle croit que s'attaquer à de tels enjeux sociaux passe par l'éducation et la prévention plutôt que par la voie juridique.

On ne légifère pas sur une situation précise. Il faut se poser la question de l'application de ce nouveau pouvoir et de ses effets sur les citoyens.

Ça revient beaucoup trop souvent

Les insultes aux policiers surviennent bien trop souvent, a dénoncé le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, en entrevue mardi à l’émission Tout un matin.

Ce sont des propos qui sont utilisés quand même souvent à l’endroit de nos policiers, a-t-il rappelé. L'événement qui a été diffusé en fin de semaine ravive la mémoire de nos policiers et policières qui nous écrivent en très grand nombre présentement.

Il a d’ailleurs noté la marge de manœuvre limitée de la policière devant cet homme qui enchaînait les insultes misogynes.

La policière n'avait aucun instrument législatif pour agir. Les simples insultes ou injures ne sont pas des raisons suffisantes. Il aurait fallu une voie de fait, il aurait fallu des menaces, a-t-il expliqué.

C'est tout à fait inacceptable qu'un policier ou une policière ne puisse pas agir lorsqu'ils sont victimes de propos comme ceux-là.

Des règlements municipaux existent

Yves Francoeur note d'ailleurs que plusieurs municipalités du Québec disposent de réglementations qui permettent de donner des contraventions aux individus qui tiennent de tels propos envers les policiers.

Et on ne parle pas des plus petites villes. On parle de Québec, de Laval, de Sainte-Hyacinthe, de Saguenay, énumère-t-il.

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