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Ce vendredi matin, Mediapart et Le Canard enchaîné publient, chacun de son côté, de nouveaux éléments visant à attester que le président du RN est bien l'auteur des messages antisémites qu'il dément avoir écrits.
La rédaction - Aujourd'hui à 12:27 | mis à jour aujourd'hui à 12:51 - Temps de lecture :
Le ciel s'assombrit au-dessus du président du Rassemblement national : quelques jours après ses premières révélations sur des messages antisémites publiés en 2013, Mediapart relève des « détails » qui « pulvérisent toutes les stratégies de communication ». Pour l'heure, Jordan Bardella dément être l'auteur des messages incriminés.
Ce vendredi matin, le média d'investigation déroule sur son site « de nouveaux éléments confondants pour celui que Marine Le Pen continue de présenter comme son futur Premier ministre en cas de victoire à l’élection présidentielle en 2027 ». Et démontre « qu'une partie de ces preuves suplémentaires est apportée par… Jordan Bardella lui-même ».
Explication : Mediapart est parvenu à établir le lien direct entre le compte X officiel de Jordan Bardella et le compte Facebook en question. En clair, ce lien confirme que les messages provenaient bien du compte utilisé par Jordan Bardella lui-même à l'époque -à moins qu'il ne soit pas non plus derrière son compte X officiel !
Un même message publié sur X et Messenger
Par exemple, le même message est publié à deux minutes d'intervalle sur le compte X qu'il utilise encore aujourd'hui et dans la conversation dont il dément être l'auteur sur Facebook. Et le patron du RN n'a jamais effacé ses vieux messages sur X (anciennement Twitter), ce qui permet de les confronter aux conversations Messenger de l'époque...
Tics de langage et fautes d'orthographe
Un malheureux hasard ? Deux internautes, dont Jordan Bardella et un anonyme se faisant passer pour lui, inconnu à l'époque, qui auraient publié le même message, à la même heure, sur ces deux canaux ? Mediapart constate tout de même que la faute dans l'orthographe du nom de la banque ("Rotschild" au lieu de "Rothschild") apparaît dans les deux messages...
Et les exemples similaires sont légion, et confortent les révélations de Mediapart qui affirme que Jordan Bardella était bien derrière ce compte Facebook et qu'il était l'auteur des messages antisémites. Des tics de langage propres au président du RN (comme le mot « chartre », systématiquement utilisé à la place de « charte ») ou encore d'autres publications similaires, diffusées à la même heure et le même jour sur les deux canaux.
Grand ménage sur Facebook
Aujourd'hui, Jordan Bardella se sent-il acculé ? Selon Le Canard enchaîné cette fois, toujours ce vendredi, il s'est lancé dans une grande opération de « ménage » sur... le compte Facebook, celui-là même qu'il prétend ne pas être le sien : il affirme que n'importe qui pouvait ouvrir un compte au nom de Jordan Bardella à l'époque. C'est pourquoi les recoupements entre les messages échangés et la vie de l'eurodéputé sont primordiaux : en 2013, alors même qu'il n'était pas encore connu du public, seul Jordan Bardella connaissait sa propre vie.
Or Le Canard enchaîné a pour sa part observé un étrange manège : ce fameux compte a été purgé de tout son contenu entre le 28 septembre (jour de l'article initial de Mediapart) et le 2 octobre. Les conversations tenues en 2013 et 2014 ont été tout simplement supprimées, d'après deux extractions de données réalisées à ces deux dates. Et, comme le conclut l'hebdomadaire, « ce grand coup de gomme n’a pu être donné qu’avec une action personnelle du titulaire du compte ». A savoir Jordan Bardella lui-même.
Contacté par Mediapart, Jordan Bardella n'a pas répondu sur le fond mais maintient sa position : il « conteste les propos antisémites » qui lui sont prêtés, selon son avocat Me Pascal-Pierre Garbarini.
> Lire les articles de Mediapart et du Canard enchaîné


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