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Le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, s’est présenté devant des militants manifestement moins galvanisés qu’à l’habitude au terme du plus important rassemblement conservateur du pays, jeudi avant-midi.
Dans son allocution d’une vingtaine de minutes, Pierre Poilievre a réaffirmé son intention de demeurer chef du parti, et invité ses partisans à « se battre » à ses côtés. « Certains m’ont accusé d’être un combattant, mais c’est parce que certaines choses méritent réellement qu’on se batte pour elles. Nous devons nous battre pour ces millions de personnes qui n’ont ni influence politique ni pouvoir », a lancé le chef conservateur.
Son discours n’a visiblement pas réussi à soulever la foule d’environ 500 personnes réunies dans la capitale fédérale.
Les appels à la construction d’un nouveau pipeline ainsi que les critiques du rapprochement du gouvernement fédéral avec la Chine ont reçu quelques applaudissements, tandis que les attaques contre les restrictions sur les armes à feu — un thème habituellement mobilisateur pour la base conservatrice — sont tombées à plat dans la salle.
« Beaucoup de personnes ici sont résignées, même ceux qui ne sont pas nécessairement contre Pierre », nous confie une source conservatrice présente sur place, quelques minutes après le discours du chef.
Plusieurs conservateurs gardent encore un goût amer de la défaite électorale de l’an dernier, alors que le parti dominait pourtant les sondages au début de 2025.
Cette défaite n’a pas été le seul revers pour Pierre Poilievre, qui a également perdu son siège de longue date le soir des élections générales. Il a ensuite été contraint de se faire réélire lors d’une élection partielle, quelques mois plus tard, dans Battle River — Crowfoot, la circonscription conservatrice la plus sûre du pays, en Alberta.
Plus récemment, quatre députés de son caucus ont choisi de rallier les rangs des libéraux, ce qui a permis à Mark Carney de former un gouvernement majoritaire.
Si certains de ses anciens députés lui ont reproché style de leadership « négatif », Pierre Poilievre n’a, de son côté, jamais reconnu de torts dans son style de gestion.
Pas de putsch en vue
Durant son discours, Pierre Poilievre a longuement critiqué le bilan du premier ministre Mark Carney, l’accusant à la fois de « plagier » ses idées et de poursuivre « l’agenda » de son prédécesseur Justin Trudeau. Il a également répété ses propositions habituelles, notamment la suspension de toutes les taxes fédérales sur l’essence.
Or, selon cette source conservatrice, les thèmes liés au coût de la vie que martèle le chef conservateur, de même que ses attaques contre Mark Carney, peinent à trouver un écho auprès de l’électorat de centre-droit.
Malgré tout, aucun mouvement ne s’organise pour remettre en question son leadership, en l’absence d’une figure légitime pour lui succéder.
Pierre Poilievre prenait la parole au premier jour de l’événement du Canada Strong and Free Network, présenté comme le plus important rassemblement de réseautage conservateur au pays. Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, y participait également en matinée.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, doivent également prendre la parole vendredi.


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