Mirapolis a coûté plus de 700 millions de francs et n’a tenu que 5 saisons. Inauguré le 20 mai 1987 par Jacques Chirac à Courdimanche, dans l’agglomération de Cergy-Pontoise, le premier grand parc à thème français a fermé le 20 octobre 1991, avec environ 300 millions de francs de pertes.
Son géant de 35 m, lui, a tenu 4 ans de plus.
À retenir
- Mirapolis a coûté plus de 700 millions de francs pour 5 saisons d’exploitation entre 1987 et 1991
- La statue de Gargantua de 35 mètres dominait le parc et a été dynamitée en 1995
- Les investisseurs saoudiens envisagent de reconstruire 3 parcs d’attractions sur le site en 2026
Sommaire
Un pari à 500 millions de francs qui a dérapé
Le budget initial tournait autour de 500 millions de francs, et la facture finale a dépassé les 700 millions. Le projet s’inspirait des grands parcs américains, avec des contes et des romans français comme matière première. Gargantua, figure de proue, devait dominer l’ensemble.
La statue n’avait rien d’un décor discret : 35 m de haut, avec une tête de 11 m et 28 t au compteur. Les automobilistes qui rentraient de Normandie par l’A15 au début des années 1990 voyaient ce colosse se dresser au milieu d’un parc déjà abandonné, selon franceinfo. Pour un parc censé attirer les foules, la vitrine tournait à l’enseigne d’un échec. Les promoteurs l’avaient pourtant voulue comme le cœur du site.
Les prévisions de fréquentation étaient, elles, démesurées, de l’ordre de 2 à 2,5 millions de visiteurs par an selon les sources. La réalité a été très en deçà : environ 600 000 entrées en 1987, environ 1 million en 1988, puis environ 400 000 en 1991. Un parc à thème vit de la répétition des visites, et celle-ci n’a pas eu lieu.
Entre 1988 et 1991, la fréquentation a fondu d’environ 60 %.
De la fermeture au dynamitage
La dernière saison s’est achevée le 20 octobre 1991, après 5 saisons d’exploitation. Les pertes, environ 300 millions de francs, représentaient plus de la moitié du budget initial.
La démolition des bâtiments a commencé dès 1993. Gargantua a tenu encore un peu : la statue a été dynamitée fin août ou début septembre 1995, les sources ne s’accordent pas sur la date exacte. Elle avait servi de repère visuel à des milliers d’automobilistes. Il ne restait plus rien du symbole de Mirapolis.
Le terrain, lui, n’a jamais retrouvé de vocation. Resté en friche pendant plus de 30 ans, il a été occupé en partie et a parfois servi de terrain d’exercice au GIGN.
24 août 2026 : les Saoudiens arrivent sur le site
Le 24 août 2026, à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Emmanuel Macron a annoncé un protocole d’accord pour 3 parcs d’attractions sur l’ancien site de Mirapolis. Le chantier serait mené par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien. L’un des parcs serait consacré aux mangas, et franceinfo évoque une inspiration Dragon Ball. Le maire de Cergy, Jean-Paul Jandon, a salué une « nouvelle perspective » après plus de 30 ans de friche.
Le hasard a de l’humour : selon Wikipédia, le principal investisseur de Mirapolis en 1987 était déjà un homme d’affaires saoudien, Ghaith Pharaon. Le montage financier avait été réalisé avec la Banque arabe internationale d’investissement.
À ce jour, rien n’est construit.
Les montants annoncés donnent le vertige : 6 milliards d’euros d’investissement et 22 000 emplois potentiels, d’après franceinfo. Aucune date d’ouverture n’a été communiquée, précise la chaîne, et les parcs ouvriraient progressivement dans les années à venir. Sur place, l’opinion reste partagée, et des habitants du Val-d’Oise se mobilisent contre le projet, pour des raisons environnementales et pratiques, selon CNews.
Sources : cnews.fr | franceinfo.fr | en.wikipedia.org


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