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Plus de 2 000 mineurs réunionnais ont été transférés vers la métropole entre 1962 et 1984. Une loi prévoit désormais mémoire, hommage national et réparation.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

THOMAS SAMSON / AFP
Le Parlement a définitivement adopté une loi prévoyant une réparation pour les « enfants de la Creuse », plus de quarante ans après leur transfert forcé vers la métropole.
Pendant des décennies, ils ont cherché à comprendre pourquoi ils avaient été arrachés à leurs parents, déplacés à des milliers de kilomètres de leur île natale voire même privés d’une partie de leur identité. Plus de quarante ans après la fin de cette politique menée entre La Réunion et l’Hexagone, celles et ceux qui ont été surnommés les « enfants de la Creuse » viennent d’obtenir une nouvelle forme de reconnaissance.
Le Parlement a définitivement adopté ce mardi 16 juin une loi prévoyant plusieurs mesures de réparation pour les quelque 2 000 mineurs réunionnais concernés. Approuvé à l’unanimité au Sénat après un premier vote favorable de l’Assemblée nationale, le texte marque une nouvelle étape dans le combat mené depuis des années par les victimes et leurs proches.
Entre 1962 et 1984, l’État a organisé le transfert de jeunes Réunionnais vers des départements métropolitains, principalement ruraux. La Creuse ayant accueilli le plus grand nombre d’entre eux, ces mineurs ont progressivement été surnommés les « enfants de la Creuse ». Présentée à l’époque comme une réponse à la croissance démographique de l’île et au dépeuplement de certaines régions, cette politique a laissé derrière des traumatismes profonds et durables.
Et l’histoire pour bon nombre d’entre eux n’est pas terminée. Les associations qui représentent ces « enfants de la Creuse » estiment que des familles continuent encore aujourd’hui de rechercher des proches ou de reconstituer leur histoire.
Une « nouvelle pierre mémorielle »
La loi prévoit la création d’une commission chargée du travail de mémoire, l’instauration d’une journée nationale d’hommage le 18 février et l’ouverture d’un droit à réparation sous la forme d’une allocation versée par l’État. Cette aide pourra être demandée par les victimes concernées mais aussi par leurs descendants.
En 2014, une première étape avait été franchie avec la reconnaissance de la responsabilité morale de l’État. Trois ans plus tard, Emmanuel Macron avait lui-même qualifié cette politique de « faute » ayant « aggravé la détresse » de ces « mineurs de la Réunion transplantés ».
C’est « une nouvelle pierre mémorielle dans un long chemin de reconstruction des enfants transplantés de la Réunion », a salué la sénatrice de la Réunion Viviane Malet (Les Républicains), qui portait le texte au Sénat.
Cette fois, le Parlement inscrit dans la loi un dispositif destiné à accompagner les victimes et leurs descendants.


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