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Le hockey féminin gagne en popularité dans la province depuis quelques années et l'Est-du-Québec n’y fait pas exception.
Depuis 2021, Hockey Québec dénote une augmentation marquée du nombre d’inscriptions et d’équipes féminines dans la province. En l’espace de cinq saisons, le nombre d’inscriptions a grimpé en moyenne de 11,4 % par an, tandis que le nombre d’équipes est passé de 114 à 242 pour la même période.
Ce constat est indéniable pour Cathy Poirier, la coordonnatrice de l’Association du hockey mineur du Rocher-Percé, qui compte de plus en plus de jeunes filles dans ses rangs.
Pour Mme Poirier, la création en 2023 de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) et son succès contribue à cet engouement.
J’ai joué au hockey toute ma vie et quand j’étais jeune, les petits gars disaient tous qu’ils voulaient jouer dans la ligue nationale, mais pour les filles, il n’y avait pas ce rêve-là d’accessible , constate l’ancienne joueuse et entraîneuse originaire de Chandler.
Les jeunes filles ont maintenant la possibilité de rêver devenir une Marie-Philip Poulin ou une Ann-Renée Desbiens.

Marie-Philip Poulin et la gardienne Ann-Renée Desbiens sont des joueuses de la Victoire de Montréal, équipe de la LPHF. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Même constat pour Chantale Thibeault, responsable régionale du hockey féminin au Bas-Saint-Laurent. Il y a de beaux modèles de Québécoises dans le hockey professionnel et il y a cet engouement-là de voir que oui, c’est possible de se rendre à un plus gros niveau.
On voit dans les plus jeunes qu’il y a une bonne augmentation [des inscriptions] et dans les plus vieilles, dans le 15 ans, c’est plus rare qu’on a de nouvelles inscriptions, mais les filles qui sont au hockey ne décrochent pas , renchérit Mme Thibeault.
Le Bas-Saint-Laurent est aussi la région d’attache des Cyclones M15 et M18 AA, les deux seules équipes intégralement féminines dans l’Est pour ces tranches d’âge et ce calibre, qui compétitionnent au sein de la Ligue québécoise de hockey féminin (LQHF).
De nombreuses Gaspésiennes et une Madelinienne font partie de ces équipes, faute d’autre option dans leur région. Cette ouverture est née d’une collaboration essentielle entre Hockey Bas-Saint-Laurent et Hockey Gaspésie pour permettre aux jeunes femmes de pratiquer leur sport relativement près de chez elles, explique Mme Thibeault.

Chantale Thibeault est responsable régionale du hockey féminin au Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pour les joueuses qui souhaitent poursuivre leur parcours dans le hockey, elles doivent se tourner vers le collégial, comme chez les Pionnières du Cégep de Rimouski, par exemple, et vers le niveau universitaire, ce qui signifie souvent un exil vers les grands centres.
L’Université du Québec à Rimouski a son équipe de hockey féminin, qui est basée sur son campus de Lévis.
Chantale Thibeault soutient que quatre Gaspésiennes font partie des rangs de ces circuits, soit Chloé Duchesneau de Paspébiac (Carabins de l’Université de Montréal), Naomie Morin de Gaspé (Gee-Gees de l’Université d’Ottawa), Arianne Leblanc de Nouvelle (Titans du Cégep de Limoilou) et Rosalie Arsenault de Bonaventure (Cougars du Champlain College).
Elles sont d’anciennes Cyclones et elles sont de belles ambassadrices pour la région , confie Mme Thibeault.
Quel avenir pour les ligues féminines ?
Devant l’absence de ligue et de hockey scolaire féminin en Gaspésie, le directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) section Est-du-Québec indique que des pas sont faits dans la bonne direction pour permettre ce développement.
Il y a une ligue féminine à six équipes qui va débuter l’année prochaine pour le niveau M15 D1 relève, dont l’[École secondaire de] Rivière-du-Loup va faire partie , indique Éric Plourde.
C’est sûr que ce n’est pas tout de suite en Gaspésie, mais c’est une initiative mise en place par le RSEQ. […] Je rêve au jour où on pourrait peut-être avoir une ligue mixte ou une ligue scolaire division trois qui comblerait toute la Gaspésie et l’Est-du-Québec.
M. Plourde ajoute que trois écoles secondaires de la Gaspésie ont fait la demande pour rejoindre la saison prochaine la ligue de hockey scolaire du côté masculin. Ces équipes pourraient accueillir des joueuses du secteur.

Éric Plourde est aussi bien impliqué dans le monde du hockey, notamment en tant qu'entraîneur et de dépisteur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Autrement, des ligues récréatives adultes fleurissent dans la région. C’est notamment le cas à Port-Daniel–Gascons, où sa ligue de hockey féminin a commencé ses activités l’automne dernier.
La ligue compte actuellement quatre équipes de dix joueuses, plus les gardiennes, et dispose d’une liste de remplaçantes.
Après une pause de hockey à la suite d’une commotion cérébrale, Cathy Poirier ne pensait plus retourner sur la patinoire en tant que joueuse. Elle a finalement fait le saut dans cette ligue, qui répond à un besoin spécifique pour les hockeyeuses amatrices du secteur.
Il y a des femmes de tous les calibres et il y en a d’autres comme moi, qui veulent faire un retour dans une situation plus sécuritaire et ne pas recommencer à jouer avec des gens qui joue trop rapidement ou trop physique, souligne Mme Poirier.
Au-delà du sport, Cathy Poirier fait valoir la richesse sociale de cette activité.
C’est pour nous. Toutes les femmes se ramassent là, on fait du social, on joue au hockey, on dépense de l’énergie, on a du plaisir, ça fait du bien. Cette soirée-là est pour nous et les papas de leur côté restent avec les enfants et nous, on profite toutes de ce moment-là pour être ensemble, conclut-elle.
La saison régulière doit se terminer le 4 février, ce qui laissera place aux séries éliminatoires du 11 au 25 février.


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