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«Plus aucun cas» en France : à la veille du salon de l’Agriculture, l’épidémie de dermatose touche à sa fin

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«Le temps et le protocole nous ont donné» raison, s’est félicitée la ministre de l’Agriculture Annie Genevard alors qu’aucun cas n’a été détecté depuis le 2 janvier. La maladie reste néanmoins sous surveillance.

Après des mois de tension, fin de la dermatose nodulaire contagieuse en France ? «Nous levons toutes les zones réglementées, à l’exception d’un tout petit morceau des Pyrénées-Orientales, qui dépend d’un cas en Espagne», s’est félicitée la ministre de l’Agriculture Annie Genevard au micro de France Inter ce vendredi matin. Et la ministre qui a confirmé que l’épidémie semblait toucher à sa fin de poursuivre : «Depuis le 2 janvier, nous n’avons plus aucun cas [...] en France».

Très critiquée pour sa gestion drastique de l’épizootie bovine, définie par l’abattage systématique des troupeaux touchés par cette maladie, la ministre de l’Agriculture a vanté les bienfaits d’une méthode qui avait donné lieu à d’importants affrontements entre les agriculteurs et les forces de l’ordre en décembre dernier. «Le temps et le protocole choisi nous ont donné raison. (...) Ça veut dire qu’on peut reprendre une vie normale, qu’on peut à nouveau commercer et qu’on peut à nouveau bouger ces animaux», a encore indiqué Annie Genevard.

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Les bovins resteront néanmoins les grands absents du Salon de l’agriculture, qui doit s’ouvrir ce samedi, les organismes de sélection des races ayant décidé «par précaution et par solidarité» avec les éleveurs touchés par la dermatose de ne pas présenter leurs animaux.

Affrontements entre agriculteurs et forces de l’ordre

Cette maladie virale touche principalement les bovins et se transmet par piqûres d’insectes hématophages (mouches piquantes ou taons) qui se déplacent jusqu’à quatre ou cinq kilomètres autour de l’animal malade. Si sa mortalité est plutôt faible (1 à 10% des bêtes, selon différentes sources), sa morbidité est en revanche très élevée. Non transmissible à l’Homme, elle provoque fièvre, chute de lactation ou hypertrophie et conduit à des pertes de production importantes du cheptel infecté.

Le virus avait atteint la Sardaigne en juin 2025 avant de se propager à l’Italie du Nord puis la France. Un premier cas avait été diagnostiqué en Savoie le 29 juin. Le gouvernement avait alors instauré une politique d’abattage systématique des troupeaux frappés par le virus et de mise en place de zones réglementées. Les déplacements de bovin avaient également été interdits et la traçabilité des animaux renforcés. Une campagne de vaccination ciblée avait également été décidée autour des foyers pour circonscrire le virus.

À lire aussi « Le travail d’une vie qu’ils mettent à terre » : en Ariège, la colère paysanne gronde face à l’abattage des cheptels touchés par la dermatose nodulaire

Très contagieuse, l’épidémie animale avait pourtant resurgi à l’automne dans l’Ain puis le Rhône, le Sud-Ouest, le Jura, le Doubs et plusieurs départements du sud-ouest de la France, avec les déplacements illicites d’animaux provenant de zones réglementées. La politique d’abattage systématique des troupeaux avait suscité une intense polémique, ouvrant la voie à des affrontements musclés entre les agriculteurs et les gendarmes en Ariège à la veille du dépeuplement d’un cheptel de 210 bêtes touchées par le fléau.

Les vétérinaires, chargés par l’État d’appliquer sa stratégie d’abattage des troupeaux contaminés, avaient également été pris à partie par les agriculteurs. Pendant plusieurs semaines, les agriculteurs représentés par l’alliance inédite de plusieurs syndicats agricoles (Coordination rurale et Confédération paysanne) n’avaient pas désarmé, poussant pour une autre méthode d’éradication de la maladie.

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96,5% du cheptel vacciné dans le Sud-Ouest

Face aux blocages routiers et aux multiples rassemblements, notamment dans le Sud-Ouest, le gouvernement avait maintenu sa position, arguant de l’efficacité de l’abattage. La ministre Annie Genevard avait annoncé à la mi-décembre le lancement d’une campagne de vaccination d’un million de bêtes pour endiguer la maladie, devant être achevée à la mi-janvier.

Depuis le 2 janvier, aucun nouveau cas de cette maladie n’a été détecté. Et à ce jour, plus de 3500 bovins ont été abattus sur un cheptel de près de 16 millions de têtes. La campagne de vaccination entreprise par le gouvernement a permis de vacciner à la date du 29 janvier 96,5 % du cheptel des dix départements du Sud-Ouest concernés, soit presque 700.000 bovins. Au total, près de deux millions de bêtes ont été vaccinées en tout depuis l’apparition de la maladie en France en juin. Efficace au bout de trois semaines, l’injection offre une durée de protection comprise entre 12 et 18 mois. Une deuxième injection obligatoire devra être faite à l’été 2026 pour les premières bêtes vaccinées, avant leur départ en estive.

Prudence reste cependant de mise. Le virus de la DNC peut survivre jusqu’à 80 jours à 20 degrés dans le milieu extérieur, notamment dans les croûtes issues des plaies des bêtes infectées. Par ailleurs, développait Le Monde ce vendredi matin, les veaux de moins de 3 mois n’avaient pas bénéficié de la campagne de vaccination en 2025 car ils étaient protégés par le colostrum tété auprès de leur mère vaccinée. Reste à savoir si ces bêtes sont toujours immunisées aujourd’hui. Enfin, des zones d’ombre persistent sur le nombre de bêtes malades que leurs propriétaires auraient pu ne pas déclarer, par peur de voir leur troupeau être abattu.

Au total, l’épidémie a coûté plus de 64 millions d’euros à l’État, selon des conclusions de la chambre haute publiées en février. La commission des affaires économiques évalue à 42 millions d’euros les dépenses liées aux mesures mises en œuvre par l’État, entre juillet et décembre 2025, pour lutter contre la DNC. Un montant auquel il faut ajouter près de 22 millions d’euros du fonds d’urgence à destination des exploitations fragilisées par les restrictions de déplacement.

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