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Les prochains mois seront cruciaux pour l’élaboration du futur plan d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke, qui devrait entrer en vigueur en 2027. Le 21 avril, les plans préliminaires de densité, qui prévoient par exemple le nombre d’étages qu'il sera possible de construire dans les différents secteurs de la ville, seront présentés. Une autre ronde de consultations publiques s’ensuivra.
Un plan d’urbanisme sert d'outil pour guider l’aménagement du territoire. Depuis plus de deux ans, un vaste travail a été réalisé afin d’imaginer le développement de la ville jusqu’en 2040.
On a été très attractifs depuis la pandémie. On a une croissance de plus de 7 % de la population, on a déjà dépassé toutes les prévisions démographiques de 2040. Et d’ici 2040, il va encore y avoir du monde et on sait qu’on est en crise du logement, explique la présidente du comité consultatif d’urbanisme (CCU), Christelle Lefèvre. Dans ce contexte, miser sur la densification est essentiel, selon la conseillère municipale.
On va augmenter sans doute les densités, mais pas partout.

Christelle Lefèvre, présidente du comité consultatif d’urbanisme (CCU) de la Ville de Sherbrooke
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
Les quartiers où ce sont des maisons unifamiliales, ça va rester des quartiers avec des maisons unifamiliales. Mais le long des grands axes, on pourrait accepter un étage de plus, peut-être à certains endroits deux étages de plus, pour prévoir plus de logements, souligne Mme Lefèvre.
Lors des prochaines semaines, des journées portes ouvertes permettront aux citoyens de consulter des cartes et de poser toutes leurs questions. Ils pourront aussi remettre des mémoires ou faire des représentations lors de cette période de participation publique.
Les promoteurs l’attendent
Cet outil de travail est attendu par les promoteurs immobiliers. Patrick Lachance, des Entreprises Lachance, explique qu’il sera plus facile de prévoir le développement.
C’est primordial, parce que si on travaille sur un projet d'immeuble de trois étages et que finalement c’est cinq étages qui sont voulus dans ce secteur-là, ça permet de travailler de façon plus cohérente avec ce que la Ville veut avoir. Ça va éviter de faire des changements de zonage par la suite, affirme-t-il.

Le copropriétaire des Entreprises Lachance, Patrick Lachance
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
Patrick Lachance, qui siège au conseil d'administration de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) en Estrie, émet toutefois un bémol sur l'orientation de la ville. Il s'inquiète que la densification rime uniquement avec multilogement.
C’est important de loger des gens, mais c’est aussi important de donner l’accès à la propriété à ceux qui veulent être propriétaires de leur maison. Des terrains pour bâtir des maisons jumelées ou des maisons de ville, c’est ce dont nos premiers acheteurs ont besoin, estime-t-il.
Il constate que la rareté de ces terrains à Sherbrooke pousse les acheteurs vers les municipalités voisines comme Windsor, East Angus ou Waterloo.
Il en reste des terrains pour ça à Sherbrooke, il faut juste une volonté de la ville de les développer.
Priorité à la mobilité
La conseillère municipale Geneviève La Roche, déléguée à la mobilité durable, s'implique dans ce dossier depuis les tout débuts, ayant été présidente du CCU sous l’ancienne administration. Elle estime qu'il est fondamental de bien prévoir le développement de la ville pour éviter des problèmes majeurs de circulation.

La ville de Sherbrooke
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Les citoyens le disent : il y a de plus en plus de congestion, observe-t-elle. Pour Mme La Roche, la densification oblige à repenser les déplacements. Si on densifie l’axe King, par exemple, il faut offrir d’autres façons de se déplacer que l’automobile. On travaille sur un Plan de mobilité durable intégré qui sera le bras d’action du plan d’urbanisme pour prioriser les axes structurants et les aménagements.
Elle ajoute qu’une densité bien gérée permet également de réduire les coûts pour la municipalité. On a de gros enjeux d’infrastructures, et une bonne densité permet de mieux les entretenir avec le temps, contrairement au développement très étendu qui crée des déficits.
Des groupes veulent être consultés et entendus
Des groupes de citoyens souhaitent également avoir voix au chapitre. Lors de la dernière séance du conseil municipal, le porte-parole du Comité pour la protection du Boisé du ruisseau Dodds, Mario Rousseau, a pris la parole et promet de suivre les consultations de près.

Mario Rousseau, porte-parole du Comité pour la protection du Boisé du ruisseau Dodds
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
Il insiste sur l’importance de conserver une zone boisée située entre le boulevard de l’Université et le chemin Sainte-Catherine. Un terrain qu'un promoteur souhaite développer. Ici, c’est un endroit de développement prioritaire, mais ça a une vocation complètement contraire. Il est utilisé depuis 40 ans comme un parc. C’est un boisé de proximité, c’est un petit espace vert, soutient-il.
Il n’y a aucun service ici. On aimerait que ça soit une zone qui soit considérée comme une zone de conservation.
M. Rousseau propose de rediriger la densification vers les secteurs déjà desservis. On sait que la densification peut se faire plus vers le centre, ou vers de grandes artères, ou vers d'anciens terrains d’usines qui sont désaffectés, où les services sont déjà rendus.

La zone boisée située entre le boulevard de l’Université et le chemin Sainte-Catherine doit être conservée, selon le citoyen Mario Rousseau
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
Si un développement s’opère un jour, il espère qu’il sera respectueux de l'environnement. Je ne veux pas que ça soit perçu comme une guerre, mais que ça soit perçu comme un travail de collaboration, tout simplement. Et pas simplement d’information une fois les décisions prises, affirme-t-il.
La Ville de Sherbrooke devrait afficher sur son site Internet les prochaines dates à venir pour prendre part aux consultations.
Il est déjà possible de consulter une version préliminaire du plan d'urbanisme 2040.


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