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Le District scolaire francophone Sud (DSFS) demande aux parents de se mobiliser pour faire avancer les projets de construction d’une école primaire francophone à Riverview et d’un nouvel établissement secondaire à Moncton.
Les dirigeants du DSFS ont tenu une rencontre publique lundi soir à l’école L’Odyssée de Moncton où ils ont fait le constat de la situation.
Le district, constate-t-on, vit une véritable crise immobilière et d’ici quelques années, il manquera l’équivalent de 31 classes dans les écoles de Moncton.
On demande aux parents de faire valoir leurs intentions et de travailler avec tous les intervenants pour que ça se produise le plus rapidement possible, souligne le président du Conseil d’éducation du DSFS, Michel Côté
Plus de 600 enfants admissibles à Riverview
L’une des solutions abordées est la construction, à Riverview, d’une école pour les jeunes de la maternelle à la 8e année.

Plusieurs ayants droit fréquentent des écoles anglophones, parce que les écoles francophones sont trop éloignées.
Photo : Radio-Canada / Brent Kelloway
La municipalité à majorité anglophone a connu une importante croissance démographique au cours des dernières années.
Si l'école était construite demain matin, on pourrait transférer au moins 300 élèves à cette école-là [...] et ça libérerait des espaces de l'école Sainte-Bernadette et [dans] d'autres écoles de la région, constate Michel Côté.
En incluant les ayants droit, ce sont 687 enfants qui seraient admissibles à cette école, ajoute-t-il.
La directrice de l’école Sainte-Bernadette, Susanne Léger, confirme que son établissement est complètement saturé.
Un peu plus de la moitié de nos élèves sont de l'autre côté de la rivière Petitcodiac, explique-t-elle.

Susanne Léger est la directrice de l'école Sainte-Bernadette, qui accueille plusieurs élèves habitant à Riverview.
Photo : Radio-Canada
La construction d'un établissement à Riverview retirerait la moitié des élèves de son école, ce qui permettrait de revoir le zonage à Moncton. On serait capables de désengorger un peu les autres écoles, comme Saint-Henri et Le Sommet, soutient Mme Léger.
Lise Anne Beaulieu habite à Riverview. Son garçon est en 5e année à l’école Sainte-Bernadette à Moncton. Elle croit qu’il est important pour les francophones de Riverview de réclamer le droit à l’éducation en français.
C'est de plus en plus important de faire connaître notre présence, de demander des services dans notre langue dans notre ville. Même s'il y a [des écoles francophones] pas très loin, on devrait être capables [...] de garder nos enfants plus proches, croit-elle.
L’école L’Odyssée déborde
L’autre dossier urgent est celui de la construction d’une deuxième école secondaire à Moncton.
Le seul établissement d'enseignement pour les élèves de la 9e à la 12e année est l’école L’Odyssée, construite en 2015, qui accueille les élèves issus des six écoles primaires de la ville. Le district estime que l’école dépassera sa capacité d’accueil théorique en 2028.
Toutefois, dans les murs de l’école, on sent déjà la pression du surnombre. Frédérique Paulin ne mange plus à la cafétéria par manque d’espace.
Je vais dans un local d'improvisation tout de suite avec mes amis. On ne peut plus vraiment vivre dans notre école parce qu'on n'a pas de place nulle part, se plaint-elle.

Rafaële Léger et Frédérique Paulin racontent qu'elles se font bousculer quand elles circulent dans les corridors de l'école L'Odyssée de Moncton, car il y a trop d'élèves.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Rafaële Léger craint que les problèmes d’espace finissent par devenir des obstacles à l’apprentissage des élèves.
J'espère juste qu'on va se faire écouter après cette rencontre, souhaite l’élève.
Anne LeBlanc-Levesque est la mère de trois adolescents qui fréquentent L’Odyssée. Elle a l’intention de s’impliquer dans un comité de parents en faveur d’une nouvelle école.
Les élèves perdent leur qualité de vie étudiante, donc il faut agir immédiatement. On ne peut pas attendre, estime-t-elle.
Un mégadistrict avec de grands besoins
Le DSFS est le plus grand district francophone de la province et regroupe 57 % des élèves francophones de la province.
Chaque année, le gouvernement provincial approuve un nombre limité de projets selon les priorités de chacun des sept districts francophones et anglophones de la province.
L’école de Riverview est au 25e rang des projets prioritaires dans la province et l’école secondaire de Moncton, au 37e rang.
Michel Côté affirme que les priorités du district ont été présentées à la première ministre, Susan Holt, à la ministre de l’Éducation, Claire Johnson, ainsi qu’aux députés de la région.

Michel Côté est président du Conseil d'éducation du District scolaire francophone Sud. Il demande aux parents de la région de se mobiliser en faveur de la construction de deux écoles.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Il espère que les parents pourront faire entendre leurs voix auprès des élus.
Rappelons que le DSFS a intenté une poursuite judiciaire contre la province, alléguant que le Nouveau-Brunswick violait des droits linguistiques en ne construisant pas assez d’écoles francophones. La poursuite est en suspens depuis l’élection des libéraux en 2024.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Susan Holt a annoncé la construction d’écoles francophones dans les régions de Sussex-Hampton, de St. Stephen et de Woodstock.
Michel Côté qualifie ces annonces d’actions positives et ajoute qu’il préfère poursuivre le dialogue avec la province plutôt que de prendre la voie des tribunaux.
La poursuite est sur la glace, mais elle est encore là, rappelle-t-il.
Avec des informations de Myriam Breau


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