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Plaidoyer pour mieux encadrer les «finfluenceurs» et protéger le public

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Faut-il mieux encadrer les conseils financiers en ligne ? Oui, plaide Option consommateurs, une association de défense des consommateurs qui publie un rapport sur la question jeudi.

Les influenceurs financiers, aussi surnommés « finfluenceurs », sont partout sur les réseaux sociaux. Certains ont une formation dans le domaine ; d’autres non. Et là où le bât blesse, c’est que les consommateurs ne sont pas toujours en mesure de faire la distinction.

« On voit que le consommateur est vulnérable. Il met en pratique les conseils qu’il voit en ligne en accordant peu d’importance à la qualification professionnelle de ceux qui les donnent », explique l’avocate Clarisse N’Kaa, auteure du rapport.

Pour le réaliser, Option consommateurs a sondé quelque 1000 participants partout au Canada. L’organisation a ensuite organisé des groupes de discussion pour recueillir les perceptions des consommateurs. Selon le coup de sonde, environ 40 % des Canadiens interrogés avaient déjà consulté le contenu d’un influenceur financier, que ce soit sur YouTube, Facebook, Instagram ou TikTok. Ce taux était un peu plus faible chez les Québécois, à 30 %.

Seulement la moitié des répondants — 47 % d’entre eux, plus exactement — ont indiqué suivre un « finfluenceur » reconnu dans le domaine des finances et inscrit auprès d’une autorité de réglementation. Dans d’autres cas, l’influenceur était un professionnel reconnu dans un autre domaine ou un proche, ou son statut n’était pas précisé.

Une certification pour les influenceurs ?

Au Québec, dans la dernière année, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a mené une campagne de sensibilisation auprès du public, en plus de rappeler à l’ordre une vingtaine d’influenceurs financiers. Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont aussi publié en décembre dernier un guide d’application de la législation sur les valeurs mobilières en lien avec les activités des influenceurs financiers.

Or, selon Option consommateurs, elles pourraient aller encore plus loin. Me N’Kaa évoque notamment l’idée d’un « certificat d’influence responsable » en finances, à l’image de ce qui se fait en France. « Ça vaut la peine d’étudier ce qui nous vient de l’étranger pour voir de quelle façon on peut l’implanter chez nous. En formant les influenceurs, on protège en même temps les consommateurs qui les suivent. Et ça permet aussi aux autorités d’assurer un meilleur suivi des influenceurs », indique l’avocate.

Option consommateurs plaide aussi pour une meilleure collaboration avec les plateformes de réseaux sociaux pour bloquer les contenus problématiques à la source. L’organisation demande aussi que la notion de ce qu’est un « conseil financier » soit clarifiée.

Me N’Kaa rappelle d’ailleurs que même si les influenceurs financiers cherchent souvent à se protéger en clamant qu’ils ne donnent pas de conseils, leur contenu peut tout de même être considéré comme tel aux yeux de la loi. « Si, dans les faits, l’acte posé par un influenceur est réservé, alors il y a obligation d’inscription », rappelle l’avocate.

Les « finfluenceurs » pallient un manque

Dans son rapport, Option consommateurs examine aussi les raisons qui motivent un internaute à aller vers un influenceur financier. Parmi elles : obtenir des conseils sur la gestion de ses finances personnelles, faire fructifier son argent ou encore comprendre les nouvelles tendances du milieu. « Ce qui pousse les gens à aller vers les influenceurs, c’est notamment le manque d’accès aux informations financières. Les influenceurs comblent ce manque », fait valoir Me N’Kaa.

La plupart des participants aux groupes de discussion ont indiqué consulter d’autres sources pour valider les informations communiquées par les « finfluenceurs » : sites Internet d’institutions financières, émissions de télévision ou conseillers financiers. Mais rares sont ceux qui consultent les autorités de réglementation, comme l’AMF. D’où le besoin d’une meilleure sensibilisation, plaide Me N’Kaa.

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