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L'ancien maire de Bouaye a signé la cession du terrain de la future piscine métropolitaine. Mais la nouvelle maire, contre cet emplacement, ne compte pas en rester là.

Par Rédaction Courrier du Pays de Retz Publié le 19 avr. 2026 à 5h40
Anne-Claire Goyer l’avait bien martelé durant sa campagne municipale. L’emplacement choisi pour la future piscine métropolitaine, zone de la Mévellière, ne semble pas opportun pour la nouvelle maire de Bouaye (Loire-Atlantique).
« Cet emplacement est éloigné des écoles et des collèges de Bouaye. Il imposera aussi le déboisement d’environ un hectare avec de la biodiversité, une zone humide, des arbres feuillus, en plus des pins de culture. »
Anne-Claire Goyer lui préférerait la zone des Carterons, à proximité du collège et des écoles de Bouaye, « un emplacement logique et accessible ».
« Quelques jours avant les élections »
Quelques semaines après les élections municipales, le dossier de la future piscine du sud-ouest de la métropole s’invite déjà au cœur du débat local. Anne-Claire Goyer a dit avoir « découvert » la cession à Nantes Métropole d’un terrain d’environ un hectare, sur le site de la Mévellière. « J’ai l’acte entre les mains », affirme-t-elle, précisant que celui-ci a été signé le 11 mars dernier par son prédécesseur, Freddy Hervochon, « quelques jours avant les élections ». « Il me semble nécessaire, au regard de nos engagements de transparence, d’informer les Boscéens que cet acte a eu lieu », ajoute-t- elle.
La maire indique avoir écrit à la présidente de Nantes Métropole, Johanna Rolland, (en copie les maires des communes concernées (1) par la piscine métropolitaine), pour demander « la suspension du projet sur le site de la Mévellière, le lancement de la réflexion de ce futur équipement au niveau de la zone des Carterons, ainsi que l’annulation de l’acte signé le 11 mars dernier ». Elle précise ne pas avoir reçu de retour officiel à ce stade, tout en évoquant des échanges techniques engagés avec les services de la Métropole.
Une suite logique de la délibération de janvier
Cette signature s’inscrit toutefois dans la continuité directe de la délibération adoptée le 29 janvier 2026 par le conseil municipal, à laquelle nous avions assisté. Ce vote actait précisément le principe de la cession d’un terrain d’environ un hectare à Nantes Métropole, condition nécessaire au lancement opérationnel du projet.
« Un passage en force »
Interrogée sur ce point, Anne-Claire Goyer évoque un « passage en force » de l’ancienne équipe, estimant que celle-ci a « volontairement accéléré le processus » sans attendre de connaître l’emprise exacte du projet, alors que le choix du site faisait débat en période électorale. Un argument déjà soulevé lors du conseil municipal de janvier par l’opposition de l’époque. La majorité avait alors répondu qu’une cession sur une surface estimative était juridiquement possible, le bornage définitif intervenant ultérieurement, et qu’il était nécessaire de maîtriser le foncier pour permettre aux études d’architectes de démarrer.
« Je n’ai fait qu’exécuter la décision du conseil »
Contacté, l’ancien maire Freddy Hervochon défend une démarche « conforme et transparente ». « Tout a été dit lors de la délibération du conseil municipal du 29 janvier, rien n’a été caché » (2), affirme-t-il. « Il y a eu une délibération spécifique pour la cession de ce terrain. Je n’ai fait qu’exécuter la décision du conseil municipal. » Il souligne que l’acte a été signé devant notaire et s’inscrit dans un cadre validé de longue date, notamment au niveau métropolitain. « Tout a été verrouillé depuis longtemps sur ce terrain », assure-t-il, déclarant avoir « agi en responsabilité pour que la piscine puisse se faire en temps et en heure ».
Freddy Hervochon rappelle également que le projet repose sur un accord entre sept communes, qui ont validé l’emplacement et participé financièrement à l’acquisition du terrain. « En cas d’annulation de l’acte, il faudra rembourser les participations versées, pour un montant global d’environ 85 000 euros », précise-t-il.
" Un projet métropolitain, pas boscéen "
La maire de Brains, Laure Beslier, confirme qu'une rencontre est bien prévue entre les 7 maires et les différents partenaires financiers, sans date fixée pour le moment. Mais pour tous, récipiendaires en copie du courrier envoyé par la maire de Bouaye à la présidente de la métropole, cette rencontre va devoir se faire rapidement.
Car beaucoup craignent pour la faisabilité même du projet. Comme le souligne Patrick Grolier, maire de Saint-Léger les Vignes : " Je suis un peu inquiet… Je le dis et le redis, ce projet est métropolitain, c'est une piscine portée par 7 communes et la métropole. Si les citoyens de Bouaye se sont exprimés par le vote pour Anne-Claire Goyer, il ne faut pas oublier que nous aussi nous avons été élus. Imaginer un autre site voudrait dire de nouvelles études, un concours d'architectes à relancer, du temps passé par les services de la métropole… Tout devra être chiffré. " Même son de cloche pour Hélène Hazlewood, maire de Saint-Aignan de Grand Lieu, qui défend ce projet de piscine métropolitaine depuis de nombreuses années. " Le lieu d'implantation a été choisi pour qu'il puisse répondre au mieux aux besoins des 7 communes avec une partie boisée certes, mais des arbres de culture qui ont vocation à être coupés quoi qu'il arrive. C'est un projet métropolitain, pas boscéen, et nous n'avons pas été consultés, ni donné notre accord pour un changement de localisation. Quid des subventions départementales sans lesquelles ce projet ne verra pas le jour ? Vont-elles être maintenues ? Si le dossier prend du retard, nous risquons de les perdre. Quid des indemnités si changement de localisation aux architectes qui ont été mandatés et qui travaillent déjà sur le dossier ? "
Pour le maire de La Montagne, Fabien Gracia, il y a une certitude : " La remise en cause de ce projet métropolitain, et pas seulement boscéen, va engendrer des retards conséquents sur la réalisation du projet. Autre certitude, si on le remet en cause, on ne sait pas vers quoi on va. " Fabien Gracia a toujours été pour ce projet, considéré comme " d'intérêt métropolitain ". " Si on repart sur un autre terrain, on va évidemment perdre du temps, mais aussi on risque de voir le projet avorter. Les six communes ont déjà participé à l'achat du terrain, à hauteur de 21 000 € pour La Montagne. Et puis, il y a un réseau de chaleur compris dans le projet. Les conséquences de cette demande de changement de site sont nombreuses. " Même inquiétude pour le maire de Saint-Jean de Boiseau, François Blanchard. " S'il faut relancer toutes les études, on peut imaginer un retard au mieux de quelques mois et au pire de quelques années… Et si les subventions ne sont plus maintenues, la mairie de Bouaye s'engage-t-elle à les compenser ? "
Philippe Berthou, maire du Pellerin, lui, n'est pas du même avis. S'il reconnaît ne pas maîtriser le dossier complètement, étant nouveau dans la fonction, il a toujours pensé que le site était mal choisi : " Le fait qu'on soit obligé de couper des arbres, et donc l'impact écologique que ça engendre, ne me vont pas. Je suis évidemment pour le projet de piscine métropolitaine, cet équipement est nécessaire, mais s'il y a un autre site possible, je pense qu'il faut y réfléchir. "
Un cap maintenu, des étapes à franchir
De son côté, Anne-Claire Goyer assure que cette situation « ne changera pas notre cap », et renouvelle sa volonté de relocaliser la piscine aux Carterons, conformément à son engagement de campagne. Elle explique que les études environnementales sont déjà en cours, ayant été engagées l’été dernier par Freddy Hervochon sur ce secteur, en vue d’autres projets.
Reste que plusieurs étapes seront encore nécessaires pour concrétiser ce scénario : validation du nouveau site par Nantes Métropole et les autres communes concernées, acquisitions foncières et évolution du plan local d’urbanisme. Dans ce contexte, Freddy Hervochon estime que ces démarches auront des conséquences sur le calendrier, et que les retards éventuels seraient liés au changement de site plutôt qu’à la signature de l’acte. « La piscine ne se fera pas aux Carterons à horizon 2030 », affirme-t-il.
En parallèle, la maire a annoncé le lancement prochain d’un audit financier de la commune et qu’elle en fera un retour « en transparence ». Une initiative qui, pour son prédécesseur, ne suscite « aucune inquiétude » : « Nous savons dans quel état financier nous avons laissé la commune. »
(1) Bouaye, Brains, La Montagne, Le Pellerin, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, Saint-Jean-de-Boiseau et Saint-Léger-les-Vignes.
(2) Nantes Métropole avait approuvé, en bureau métropolitain le 23 janvier 2026, l’acquisition foncière du terrain (au nord de la Mévellière) et la sélection de trois équipes de maîtrise d’œuvre chargées de proposer un projet architectural.
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