Les résultats de l’étude PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) viennent de tomber. Globalement, ils montrent des différences continentales qui se creusent, bien plus rapidement que la tectonique des plaques, avec une Asie de l’Est (Chine, Singapour, Japon, Corée du Sud) qui se stabilise ou baisse très peu, et une Europe qui ne cesse de reculer. Dans ce contexte, la Suisse s’en sort bien, car elle décline beaucoup moins vite que les autres et tient encore une place honorable, bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE. En mathématiques, elle partage le premier rang avec l’Estonie. Dans une moindre mesure, elle se situe aussi très haut en lecture et en sciences, dominant ainsi l’Allemagne et la France en particulier.
En une décennie, nous dit-on, le niveau des élèves suisses de 15 ans a baissé d’un an ou deux, c’est-à-dire qu’il équivaut à celui des jeunes de 14 ans autrefois. Cela s’accorde bien avec la tendance actuelle à tout retarder: l’entrée en apprentissage ou à l’université, le départ du foyer parental, le début de la vie professionnelle, l’âge du premier enfant. L’espérance de vie augmentant, ce constat ne serait pas très grave sauf si cette année perdue ne se rattrapait jamais, et que les connaissances de nos jeunes ne rejoignaient jamais celles de leurs parents ou de leurs grands-parents! L’étude ne le dit pas, mais les patrons d’apprentissage, eux, nous en parlent. Récemment, dans ces colonnes, plusieurs d’entre eux déploraient la baisse du niveau de leurs apprentis en orthographe, rédaction écrite, mathématiques, induisant une moindre qualité finale de la main-d’œuvre, même si les compétences purement techniques acquises en entreprise restaient stables.


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