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ENTRETIEN - Dans Pour les enfants, l’historien livre un plaidoyer contre l’éducation «autoritaire» qu’il accuse de fabriquer des adultes coupés d’eux-mêmes et «suradaptés au stress».
Exaspéré par l’influence de la psychologue Caroline Goldman, qui considère que l’éducation positive a produit «des enfants plus explosifs» et soutient depuis six ans un discours d’autorité face aux «dérives» bienveillantes, Pierre Vesperini, historien et philosophe, s’est plongé dans un travail de réflexion sur la manière dont les adultes, parents mais aussi professeurs, personnel de crèche, magistrats, se comportent vis-à-vis des plus jeunes dont ils doivent prendre soin. Dans son livre Pour les enfants, éduquer dans la dignité, éduquer à la liberté paru aux Éditions des Belles lettres ce 6 mars, il défend une éducation «démocratique» fondée sur une vision «positive» des êtres humains qui «naissent bons et non pas, comme hélas trop de gens le croient encore aujourd’hui, égocentriques, amoraux, irrationnels, bref dangereux». Une nouvelle pierre dans l’inflammable débat autour de l’éducation de nos enfants, un cran au-delà de l’éducation positive puisque celle-là propose de dépasser la morale pour aborder l’angle politique. La répartition du pouvoir entre les générations.
LE FIGARO. - Dans votre livre, vous déplorez que le discours «ne culpabilisez pas» , adressé aux parents, se soit répandu dans la sphère publique. C’est un discours censé les empêcher de cogiter des heures à une époque où l’éducation parentale est devenue extrêmement difficile. Pourquoi regrettez-vous son existence ?
PIERRE VESPERINI. - Je critique le discours suivant lequel «il ne faut pas culpabiliser» les adultes ayant charge d’enfants (parents, enseignants, personnel des crèches, etc.) qui usent de violence. Comme le rappelle le professeur…


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