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Pierre Karl Péladeau essuie un échec face à Transat, mais reste déterminé

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Pierre Karl Péladeau voulait prendre les commandes du conseil d’administration de Transat. Il s’est toutefois heurté au refus des actionnaires mardi, lors de l’assemblée annuelle du transporteur québécois. L’homme d’affaires ne se décourage pas et reproche par la bande au gouvernement fédéral d’avoir « menacé l’entreprise de la mettre en faillite » pour la contraindre à signer une entente l’été dernier. De son côté, Transat nie cette allégation.

« Je ne suis pas du genre à abandonner dans la vie », a déclaré Pierre Karl Péladeau aux journalistes rassemblés en marge de l’assemblée annuelle de l’entreprise. Par l’intermédiaire de sa société d’investissement, Financière Outremont, M. Péladeau détient 9,4 % des actions de Transat.

Mécontent de la trajectoire financière de Transat, l’actionnaire était parti en croisade en décembre dernier contre la direction de l’entreprise, après avoir tenté de l’acheter à plusieurs reprises.

M. Péladeau proposait notamment de réduire la taille du conseil d’administration de 11 à 6 membres. Il souhaitait faire son entrée dans le conseil, en compagnie de deux de ses proches collaborateurs : André Brosseau, vice-président du conseil de Québecor, et Jean-Marc Léger, président de la compagnie Léger Marketing. Cette proposition, qui aurait conféré à M. Péladeau un contrôle virtuel du conseil, a été rejetée par les actionnaires.

L’issue du vote était prévisible. Les deux autres plus grands investisseurs institutionnels de Transat, soit le Fonds de solidarité FTQ (10,8 % des actions) et La Caisse (5,4 %), s’étaient opposés publiquement à la proposition de M. Péladeau dans les dernières semaines. La direction de l’entreprise a quant à elle accusé l’actionnaire militant de nuire à la société en menant une offensive « sans stratégie claire ».

Le fédéral « a menacé » Transat, dit Péladeau

Comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, M. Péladeau a de nouveau dénoncé l’entente conclue entre le gouvernement fédéral et la direction de Transat l’été dernier. Cette entente prévoyait une restructuration de la dette de l’entreprise contractée auprès d’Ottawa durant la pandémie — la faisant passer de 772 millions à 334 millions de dollars.

Or, M. Péladeau accuse cet accord de « menotter entièrement l’avenir et le développement de l’entreprise », puisque toute somme recueillie dans le cadre d’une levée de fonds servirait à rembourser le gouvernement fédéral.

« On m’a dit que le gouvernement fédéral avait menacé l’entreprise de la mettre en faillite si elle n’acceptait pas les termes de cette nouvelle entente », a indiqué M. Péladeau. Dans un courriel au Devoir, la direction de Transat indique que « cela est inexact ».

L’homme d’affaires s’est dit prêt à injecter de l’argent dans la compagnie, mais à la condition que cet argent serve au développement de l’entreprise, plutôt qu’à éponger la dette. « Je souhaite investir dans la compagnie », a dit M. Péladeau, soucieux que celle-ci demeure un fleuron québécois. « Mais si je mets 50 millions, c’est pas vrai que cet argent-là va aller en remboursement de la dette du gouvernement fédéral », s’est-il indigné.

Résultats financiers

L’assemblée des actionnaires tenue mardi coïncidait aussi avec la publication des résultats financiers pour le premier trimestre de 2026. Pour les mois de novembre, de décembre et de janvier, les revenus de l’entreprise se sont établis à 870,7 millions de dollars, en hausse de 5 % par rapport à la même période un an plus tôt. La compagnie a aussi réduit sa perte nette. Celle-ci était de 29,5 millions de dollars au premier trimestre de 2026, tandis qu’elle était de 122,5 millions de dollars au premier trimestre de 2025.

Par voie de communiqué, la p.-d.g. de Transat, Annick Guérard, souligne que ces résultats sont le reflet d’un « élan soutenu », qui témoigne que l’entreprise « fait les bons choix pour jeter les bases qui lui permettront de créer de la valeur à long terme pour ses actionnaires ».

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