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Refuser une pièce de 500 FCFA au marché, c’est se tromper de cible. Depuis l’annonce de la BEAC, des commerçants, moto-taximen et gérants de grandes surfaces de Yaoundé et Douala écartent des pièces de monnaie parfaitement valables. La mesure ne vise que cinq anciennes gammes. Celles qu’on a dans la poche aujourd’hui ne sont pas concernées, y compris les 500 FCFA.
Ce que la BEAC retire, et ce qu’elle laisse
Tout part d’une note d’information du gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui. Le texte annonce la perte du cours légal, à compter du 1er novembre 2026, des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. Six pays de la CEMAC sont concernés. Cinq gammes, pas une de plus.
Le reste ne bouge pas. Les gammes 2006 et 2024, 500 FCFA comprises, gardent leur cours légal et restent valables pour toutes les transactions.
C’est simple. Pourtant, sur le terrain, la nuance s’est perdue en route. Un moto-taximan entend « la BEAC retire des pièces », refuse celle qu’on lui tend, et le client, lui, se retrouve à discuter pour une monnaie en règle.
Franchement, difficile de lui en vouloir quand le message arrive déformé.
Une panique qui n’a pas lieu d’être
Le calendrier fait monter la pression : le 1er novembre, c’est dans moins de deux semaines. On ne sait pas encore quelles modalités d’échange la BEAC prévoit pour les détenteurs d’anciennes pièces, ni quel délai leur sera laissé. Rien ne confirme ces détails à ce stade.
Mais la confusion fait déjà plus de dégâts que la mesure elle-même. Les petits commerçants de Mokolo ou de Bonabéri, qui manipulent la monnaie divisionnaire toute la journée, n’ont ni le temps ni l’envie de vérifier l’année de frappe de chaque pièce. Alors ils refusent par prudence, et ce sont les clients modestes qui trinquent.
Le réflexe à avoir est pourtant simple : regarder la gamme avant de refuser. Une pièce récente est valable, point final.
D’ici au 1er novembre, la BEAC devra expliquer gamme par gamme, avec des mots simples, ce qui reste en circulation. Sans cette pédagogie, le refus des 500 FCFA risque de survivre à l’échéance.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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