Le 27 février 2025, Abdullah Öcalan, leader historique du Parti des travailleurs du Kurdistan, plus connu sous son sigle de PKK, appelait son parti à déposer les armes depuis sa prison d’une île de la mer de Marmara où il est enfermé depuis son arrestation au Kenya en 1999. Un an plus tard, le chemin vers la paix reste long. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, renforce son emprise sur le pouvoir et intensifie la répression déjà de mise, profitant d’un contexte international permissif. D’autant que les récents affrontements entre les forces kurdes syriennes et la nouvelle armée de Damas ont abouti à la chute d'une grande partie de l’administration autonome kurde du nord et l’est de la Syrie, aussi appelée Rojava. Le destin brisé de cette dernière, composée de plusieurs éléments issus des rangs du PKK, qui y a aussi insufflé son idéologie, pèse sur les négociations.
Fin février Hamit Bozarslan, grand spécialiste de la question kurde, historien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris (EHESS), était de passage à Lausanne pour une conférence organisée par l’Association pour la promotion du fonds kurde Ismet Chérif Vanly. Selon lui, si le processus de paix n’avance pas, c’est parce qu’Ankara s’éloigne d’une perspective démocratique. Mais aussi, et surtout, parce que la question kurde continue d’y être réduite à celle de la terreur.


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