Je dois faire un aveu. La première fois qu’on m’a expliqué pourquoi la nouvelle taxe européenne sur les petits colis pourrait profiter à la Suisse plutôt que l’épargner, j’ai demandé qu’on me répète. Deux fois. Je pratique le droit fiscal depuis vingt-huit ans, je suis censé voir venir ce genre d’effet de bord. Et pourtant, là, j’ai eu ce petit vertige familier. Celui du juriste qui se demande si le paradoxe vient de la situation ou de lui. Rassurez-vous. Il vient de la situation.
Posons le décor. Chaque jour, près de 500 000 paquets arrivent en Suisse. La grande majorité vient de Chine, des plateformes que tout le monde nomme désormais à voix basse en faisant ses courses. Le chiffre vient d’une étude du cabinet Carpathia, reprise jusque dans les travaux parlementaires. Il donne le tournis. Ce 1er juillet, l’Union européenne a instauré un droit de douane sur ces colis. La Suisse, elle, n’est pas concernée. Hors UE, hors mesure. Bonne nouvelle? Pas si vite.


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