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Québec retire l’autorisation accordée à la papetière Domtar d’effectuer des coupes forestières sur un territoire traditionnel autochtone. Selon le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), Domtar n'aurait pas respecté ses obligations de coordonner ses activités avec la communauté de Pessamit.
La Presse a dévoilé mardi que Domtar aurait fait annuler un refus ministériel concernant des coupes forestières dans la zone Commodore 2 après un entretien téléphonique entre deux dirigeants de la papetière et une haute responsable du ministère.

Pessamit dénonce un manque de consultation de la part de Domtar. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
L’autorisation d’exploiter dans ce secteur est donc sur la glace tant que Domtar n’aura pas répondu aux conditions appropriées, affirme le MRNF par courriel.
Des consultations insuffisantes
Selon Pessamit, la consultation en lien avec l'octroi initial du permis s'est faite dans un délai beaucoup trop court.
Normalement, les compagnies forestières doivent consulter les Premières Nations au début du processus de planification des coupes et de l’aménagement des routes forestières, explique André Côté, directeur du secteur Territoire et ressources du Conseil des Innus des Pessamit.

André Côté, directeur du secteur territoire et ressources du Conseil des Innus de Pessamit (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Domtar aurait donc dû fournir une carte des chemins prévus et un calendrier des activités au conseil avant de présenter le projet au ministère, et ce, très tôt dans le processus. Ce n’est pas ce qui s’est passé.
On a reçu la localisation des chemins trois semaines après le début des travaux. Il était pas mal trop tard, laisse tomber André Côté, une pointe d’ironie dans la voix.
C’est un non-respect de la communauté. On nous a outrepassé en renversant une décision du ministère sans même avoir été avertis. C’est ça qui est choquant.
Les oppositions dénoncent
Sol Zanetti, le co-porte-parole de Québec solidaire, a affirmé mardi matin à l'Assemblée nationale que la CAQ devait mettre les choses au clair sur cette situation qu’il juge préoccupante.

Sol Zanetti s'est montré critique face à la gestion de ce dossier par la CAQ, mardi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Ça sent mauvais, il y a quelque chose qui a l’air d’être croche là-dedans. Évidemment, on n’a pas tous les fins détails, mais il faut absolument faire la lumière là-dessus, a-t-il clamé.
Même son de cloche du côté du Parti libéral du Québec. Le chef intérimaire, Marc Tanguay, croit que cette situation est le symptôme de l'absence d'un régime forestier. Davantage de prévisibilité aurait pu parer ce type d'incident, selon lui.

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, a mené la charge contre la CAQ tout au cours de l’automne. (Photo archives)
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Il faut que [le ministre Jean-François Simard] se grouille. Il faut qu’il dépose sa vision d’un régime forestier renouvelé, ce qu’on n’a pas. On est face à un gouvernement qui n’a pas agi.
Du côté du Parti Québécois, le député de Jean-Talon et porte-parole du dossier des forêts, Pascal Paradis, trouve cette nouvelle choquante. Il ajoute que cet incident démontre que le gouvernement de la CAQ ne s'inscrit pas dans une démarche de consultation avec les Premières Nations.
Domtar n’a pas encore répondu à nos demandes d’entrevue.
Avec la collaboration de Renaud Chicoine-McKenzie


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