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Percée de la gauche radicale au 1er tour des municipales en France, l’extrême droite s’installe

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Au lendemain d’élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l’extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont en effet placé dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a aussi été marqué par une progression de l’abstention.

Les tractations vont bon train partout où de possibles triangulaires, quadran-, quinquan-, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu’il suffit qu’une liste ait obtenu au moins 10 % pour qu’elle puisse se maintenir au second tour.

Et, déjà, malgré l’absence d’« accord national » du Parti socialiste (PS) avec La France insoumise (LFI, gauche radicale), les annonces d’alliances conclues ou en cours s’accumulent.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10 % des voix dimanche, qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

À Toulouse (sud), quatrième ville de France, les candidats insoumis et PS-Écologistes ont annoncé une « liste commune » contre le maire de droite sortant.

À Lyon (centre-est), les négociations sont en bonne voie pour un ralliement de LFI avec le maire sortant écologiste, Grégory Doucet, pour contrer le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ex-patron du club de soccer l’Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, les négociations s’annoncent plus ardues après des campagnes extrêmement tendues entre socialistes et insoumis.

Dans la capitale, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati d’au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la ville.

Mais LFI, qui a passé le cap des 10 %, a l’intention de se maintenir s’il ne lui propose pas de fusion, hypothèse que le socialiste a toujours exclue.

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel a commencé à « travailler » à un « projet d’alternance » dans la capitale avec Rachida Dati.

« Un séisme » à Marseille ?

À Marseille, deuxième ville de France, le maire socialiste sortant, Benoit Payan, a déjà déposé sa liste et ainsi définitivement fermé la porte à LFI, refusant toute « tambouille ». Le candidat de La France insoumise Sébastien Delogu, lui aussi qualifié pour le second tour, a jugé la position de M. Payan d’« irresponsable » et a plaidé pour un « front antifasciste ».

Le maire sortant, à la tête d’une coalition de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé d’une courte tête (36,70 %) devant le député du Rassemblement national (RN, extrême droite) Franck Allisio (35,02 %).

Une avance suffisante pour l’encourager à partir seul alors qu’il a lui-même répété qu’un basculement à l’extrême droite de cette ville façonnée par les métissages serait « un séisme ».

Répétant qu’il n’y aurait pas d’« accord national », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a demandé « solennellement » à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes.

LFI met de son côté la pression sur le reste de la gauche. Son coordinateur, Manuel Bompard, a répété son souhait d’« une fusion entre les différentes listes [de gauche] pour battre la droite et l’extrême droite, comme d’ailleurs c’est la tradition à gauche depuis la nuit des temps ».

À rebours, l’ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec LFI.

Défendant le principe d’alliances locales, la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, a quant à elle estimé que refuser tout accord avec LFI « a un coût pour les habitants [des] villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos ».

Bloc macroniste en berne

Le RN, qui revendique 24 communes remportées et cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants.

À Nice (sud-est), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d’un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l’ex-premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d’avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

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