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Pénuries d’ambulances au N.-B. : les pompiers font la différence entre la vie et la mort

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Face à la pression croissante à laquelle sont confrontés les services d'ambulance du Nouveau-Brunswick, l'intervention des pompiers s'avère de plus en plus précieuse en cas d'urgence médicale.

Au cours des trois dernières années, le volume d’appels chez Ambulance NB a augmenté de 30 %. Le service paramédical du Nouveau-Brunswick reçoit désormais environ 140 000 appels chaque année.

Alors que la charge de travail augmente, une pénurie d’employés afflige le service paramédical administré par l’entreprise privée Medavie. Il manque 300 travailleurs paramédicaux dans la province.

Parmi la centaine de postes actuellement affichés sur le site web d'Ambulance NB, la majorité est pour des emplois en milieu rural. Toutefois, la demande en milieu urbain, comme dans le Grand Moncton, accentue la pression sur le service ambulancier provincial.

Daniel Bourque au centre de répartition d'Ambulance NB.

Daniel Bourque est directeur au centre de répartition d'Ambulance NB.

Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle

Dans cette région du sud-est de la province, il y a huit ambulances sur le terrain. La majorité du temps, elles sont cependant garées devant l’un des deux hôpitaux, le CHU Georges-L.-Dumont et l’Hôpital de Moncton, en attente de transférer leurs patients aux salles d’urgence.

Si on attend dans les hôpitaux, on n'est pas sur le terrain.

Quand les ambulances ne sont pas sur les routes et qu’un appel urgent est reçu, une équipe d’une autre région, parfois aussi loin que Miramichi, est alors appelée en renforts, laissant ce territoire à découvert puisqu'on y trouve qu'une seule ambulance.

Selon Jean-Pierre Savoie, vice-président d'Ambulance NB, jusqu’à 20 de leurs véhicules se sont déjà trouvés à attendre aux portes des hôpitaux de Moncton.

Une répartitrice à son poste qui comprend plusieurs écrans.

Les répartitrices et les répartiteurs d'Ambulance Nouveau-Brunswick doivent gérer des centaines d'appels par jour.

Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle

Ça fait que les autres ambulances viennent des régions rurales. Elles viennent d'autres communautés, ce qui veut dire que la couverture est diminuée, explique M. Savoie.

Les pompiers appelés à aider

Dans ces cas-là, l’aide des pompiers est vitale pour Ambulance NB. Puisque les délais d’intervention sont plus longs pour les équipes paramédicales, les pompiers peuvent arriver plus rapidement sur les lieux d’un incident et faire la différence entre la vie et la mort.

On fait tout ça pour le patient. Le plus rapide qu’on peut avoir de l’aide… Exemple, une personne qui est en arrêt cardiaque, si on commence le massage cardiaque, ça fait que les chances de survie peuvent être mieux pour ce patient-là, explique Daniel Bourque.

Sur la centaine de services d’incendie au Nouveau-Brunswick, 25 % ont ainsi joint le programme de premiers répondants d’Ambulance NB. Ces pompiers répondent automatiquement aux appels médicaux urgents.

Roger Pitre

Roger Pitre, vice-président de l'Association des chefs pompiers du Nouveau-Brunswick, déplore que plusieurs services d'incendie qui n'ont pas joint le programme d'Ambulance NB reçoivent aussi des appels médicaux. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Les services d’incendie peuvent par contre refuser les appels médicaux. Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à le faire. C’est le cas à Rogersville. Le chef de cette brigade, Roger Pitre, évoque le manque de formation et le fait que plusieurs pompiers dans les communautés rurales sont des pompiers volontaires.

Ça reste à eux autres de décider s’ils veulent le faire. Les gens ont décidé de devenir pompiers pour répondre à des accidents ou éteindre des feux. Par exemple, ça pourrait être assez tragique pour un pompier d’aller sur une scène où il faut commencer la RCR sur un enfant, souligne M. Savoie, qui est aussi vice-président de l’Association des chefs pompiers du Nouveau-Brunswick.

Pour remédier à la situation, Ambulance NB compte sur une révision de ses processus. Le rapport et ses recommandations sont attendus en avril.

Des mesures de recrutement

Afin de surmonter la pénurie de main-d’œuvre, le service ambulancier compte sur le renouvellement d’un programme qui rembourse les droits de scolarité des futurs travailleurs paramédicaux.

Un répartiteur au travail.

Le centre de répartition d'Ambulance NB doit gérer environ 140 000 appels par année.

Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle

Déjà ce programme semble donner des résultats. Selon M. Savoie, il y aurait 50 % plus d’inscriptions aux différents programmes et des classes satellites ont été mises en place à Tracadie, entre autres.

Le gouvernement provincial évalue aussi la possibilité de renouveler ce programme.

Les décisions concernant le financement à venir seront prises dans le cadre du processus budgétaire présentement en cours, a indiqué par courriel un porte-parole du ministère de la Santé.

Entre-temps, les services d’incendie peuvent parfois attendre jusqu’à une heure avant l’arrivée d’une ambulance.

Des pistes de solutions existent, comme transférer les cas moins urgents - un simple mal de dent par exemple - à Télé-Soins (811). Ambulance NB croit ainsi pouvoir réduire de 20 000 son nombre d’appels annuels.

M. Savoie prédit toutefois qu'il faudra attendre jusqu’à cinq ans avant que la situation ne s’améliore.

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