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Tambours et danses traditionnelles ont ponctué la cérémonie de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au parc Fort Edmonton, sur le territoire du Traité n° 6.
Prenant la parole, le premier ministre Mark Carney a évoqué mercredi les « chapitres sombres » de l'histoire canadienne, appelant tous les Canadiens à se commémorer la chronologie véridique de notre pays.
Aujourd’hui, il est question de dire toute la vérité. Cette journée est pour les enfants, pour les survivants et pour ceux qui n’ont pas survécu.
La vérité est le fondement de la justice, selon Carney
Pendant plus d’un siècle, plus de 150 000 enfants autochtones ont été séparés de leur famille et envoyés dans des pensionnats financés par l’État et majoritairement administrés par des communautés religieuses, a réitéré le premier ministre. La violence, la malnutrition et l’insuffisance des soins de santé y étaient répandues.

Avec 26 pensionnats autochtones officiellement reconnus dans le cadre de la Convention de règlement, l'Alberta est la province ayant compté la plus forte concentration de ces établissements au pays.
Photo : National Museum of the American Indian/Smithsonian
Parmi les survivants présents, Marilyn Buffalo a rappelé que cette journée demeure douloureuse. Aujourd’hui arrière-grand-mère de 13 enfants, elle se dit reconnaissante d’avoir survécu, sans oublier ce que le pensionnat a tenté de lui enlever.
Je suis une survivante des pensionnats pour Autochtones. Nous étions punis lorsque nous parlions notre langue.
Dans son rapport final publié en 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada concluait que ces établissements avaient été au cœur d’une politique de génocide culturel, soutenue par l’État canadien. Elle y a du même tir documenté la mort de plus de 3200 enfants, un bilan qui pourrait être beaucoup plus lourd.

Marilyn Buffalo est l'une des survivantes des pensionnats pour Autochtones, en Alberta.
Photo : Radio-Canada
La mémoire des actions
Dans une déclaration publiée avant son passage à Edmonton, le premier ministre a reconnu que le gouvernement fédéral avait établi et maintenu le système des pensionnats. Le Canada, a-t-il affirmé, porte la responsabilité des préjudices profonds et durables qui en découlent.
Nous devons aux survivants bien plus qu’un simple devoir de mémoire. Nous leur devons des mesures concrètes , a-t-il soutenu, présentant les 94 appels à l’action de la Commission comme une feuille de route toujours d'actualité.
Il a notamment évoqué les inégalités en matière de santé et en éducation, la protection des langues et des cultures autochtones ainsi que l’accès à l’eau potable et aux infrastructures dans les communautés des Premières Nations.
Pour Mark Carney, la réconciliation passe aussi par cette transmission : apprendre l’histoire dans toute sa vérité pour pouvoir agir avec justice et assurer la pérennité de l’histoire des Premières Nations et des Métis, avant et après la création du Canada.


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