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Life 21/06/2026 18:00
Si vous avez envie de porter le flocage de votre équipe au bureau, Feirouz Guettiche, Docteure en science du management, a des conseils.

Andyworks / Getty Images
Le port du maillot est-il contraire aux codes de l’entreprise ?
Ça y est, la Coupe du monde a commencé et les pronostics, soirées au bar devant les matchs et autres débats sur la pause fraîcheur ont envahi nos quotidiens. Pour entretenir un peu la joie, on serait même tenté de prolonger les festivités en portant le maillot de l’équipe qu’on soutient la journée.
S’il n’y a aucun problème à ça le week-end, en semaine, pour aller au travail, on peut se retrouver à hésiter. Le port du maillot est-il contraire aux codes de l’entreprise ? L’équipe ou le joueur qu’on affiche peuvent-ils créer des tensions ? Et, si vous en avez vraiment envie, notre employeur peut-il vous interdire le port du flocage de votre joueur préféré au bureau ? Le HuffPost a posé la question à Feirouz Guettiche, Docteure en science du management et chercheuse associée à l’IAE Paris Panthéon Sorbonne ayant aussi exercé en tant que DRH.
Ce qui dit le droit
En premier lieu, il y a le cadre légal. En principe, le salarié a le droit de se vêtir comme il le souhaite sur son lieu de travail - avec un certain nombre de limites. Dans le Code du travail, l’article Article L4121-1, dispose que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Cela peut impliquer, par exemple, l’obligation de porter certains vêtements pour la sécurité des travailleurs.
Ensuite, le règlement intérieur de l’entreprise peut aussi imposer un dress-code, mais celui-ci doit être justifié. Comme le rappelle le Défenseur des droits, « les codes vestimentaires doivent être justifiés par la nature des postes concernés et légitimes et proportionnés au but recherché. Ils peuvent s’appuyer sur des mesures d’hygiène et de sécurité ou peuvent répondre, dans certaines limites, à des considérations d’image ou d’identification ».
Mais, comme le rappelle Feirouz Guettiche, en matière de travail, les réponses ne sont pas uniques et dépendent toujours de la situation. « Les éléments sont toujours contextualisés : au sein d’une même entreprise, selon qu’on accueille du public ou qu’on est seul à son bureau, ce n’est pas la même chose. »
Il y a aussi la culture de l’entreprise, et l’habillement plus ou moins décontracté. « Mais il ne faut pas oublier que le travail, ce n’est pas seulement un lieu de production, c’est aussi un lieu d’expression de soi : quand je viens au travail, je viens avec ma singularité, je viens avec qui je suis », tempère l’experte.
Feirouz Guettiche distingue cependant ce qui est vrai « en général », et « ce qui est vrai pendant la Coupe du monde ». « C’est un sport très populaire, et il y a des entreprises qui vont embrasser ce moment de coupe du monde, organiser des moments festifs pour les salariés… Dans ces contextes, je vois mal quelqu’un être heurté que quelqu’un porte un maillot dans ces moments », présume la docteure.
Se reposer sur les normes sociales, et en parler
De manière générale, plutôt que de chercher une réponse précise sur les maillots de foot - qui n’existe probablement pas -, Feirouz Guettiche invite les salariés à observer et à s’interroger sur les normes sociales de leur entreprise. « Quand on pose une question comme ça, on ne parle jamais du vêtement, ou de question de goût individuel. On parle plutôt des normes explicites et des normes implicites, qu’on doit essayer de comprendre. »
Ainsi, dans un lieu de travail ou les tenues sont soumises à un encadrement très strict, venir avec un maillot de foot est-il un combat qui vaut la peine d’être mené ? À l’inverse, si tout le monde se saisit de ce moment dans l’open space, difficile d’imaginer que ce vêtement soit mal perçu. Et en cas de doute ou d’entre deux, on peut toujours en parler à son manager.
Le plus important, pointe la chercheuse, c’est d’être certain que le cadre ne soit pas « à géométrie variable ». « C’est la Coupe du monde, c’est un moment de convivialité. Mais attention, il ne faut pas se sentir heurté si pendant France-Sénégal, quelqu’un vient avec un maillot du Sénégal, ou si on ne soutient pas la même équipe. On discute, et on crée des cadres qui ne sont pas dogmatiques, mais pragmatiques. »


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