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Les adeptes de la pêche sportive au saumon atlantique dans les rivières Rimouski et Mitis devront encore remettre toutes leurs prises à l’eau cette année.
Cette décision du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) de reconduire les modalités de la pêche sportive au saumon qui étaient en vigueur en 2025 découle de la faible montaison des grands saumons observée en 2024 et 2025 ainsi que de la faible montaison de petits saumons observée en 2023 et 2024, indique le ministère dans un communiqué.
L’été dernier, à peine 70 grands saumons – des poissons de plus de 63 centimètres – ont remonté la rivière Rimouski, une baisse alarmante par rapport aux centaines dénombrés les années précédentes.
Selon Jean-François Desgagnés, directeur général de la ZEC Saumon Rimouski et biologiste, il était donc souhaitable de poursuivre les efforts de conservation.
C'est loin d'être surprenant, affirme M. Desgagnés, dont l’organisme a été consulté en amont par le ministère. Bien franchement, c'est ce qu'on souhaitait, finalement. Je pense qu’on fait un pas dans la bonne direction si on maintient les modalités de l'an passé.
Une approche prudente
Dans la rivière Mitis aussi, peu de grands saumons ont migré en 2025 (nouvelle fenêtre), relate le directeur général de la ZEC, Élie-Merlin Mercier-Ouellet. Par contre, à notre surprise, on a eu un bon retour de madeleineaux en rivière, ce qui pourrait [laisser] présager de l'espoir pour la saison 2026 à venir, indique-t-il.
Il y a toutefois beaucoup de facteurs en jeu, rappelle-t-il, car le saumon a un long voyage à faire depuis la mer jusqu’aux rivières.
On joue la carte de la prudence avec les années difficiles que le saumon vit actuellement. On n'a pas le choix de jouer cette carte-là.

Les petits saumons, aussi appelés madeleineaux, sont de jeunes saumons de moins de 63 cm qui frayent pour la première fois. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / shaunl
On a quand même connu des creux historiques, donc c'est sûr qu'on va vivre un peu les contrecoups de ces faibles montaisons-là dans quelques années, reconnaît Jean-François Desgagnés.
Si toutes les conditions se maintiennent et que la survie des jeunes saumons en mer demeure bonne, il espère lui aussi de bonnes saisons à venir.
La ZEC Saumon Rimouski a connu une baisse d'achalandage de plus de 50 % l'an dernier, selon son directeur, qui l'attribue notamment à la remise à l’eau obligatoire des saumons.
Évidemment, le fait qu'il n'y ait pas de rétention, c'est sûr que ça enlève un peu une certaine clientèle qui aime bien garder un saumon de temps en temps. Mais ça fait partie de la réalité. D'abord et avant tout, on gère la faune, on n'est pas là pour vendre du poisson [...]. Notre mission, c'est de protéger le poisson.
La remise à l'eau est une pratique de plus en plus populaire et de plus en plus respectée parmi les pêcheurs et les pêcheuses, renchérit Élie-Merlin Mercier-Ouellet, pour qui les modalités peuvent représenter une erre d’aller pour encourager cette pratique-là.

Un nombre moins élevé de pêcheurs sur la rivière Rimouski fait aussi craindre au directeur de la ZEC Saumon Rimouski une recrudescence d’infractions au règlement sur la pêche puisque les pêcheurs exercent habituellement une forme de protection sur les cours d’eau. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Modalités en vigueur pour la saison 2026 au Bas-Saint-Laurent
- La remise à l'eau de tous les saumons capturés à la pêche sportive est obligatoire.
- Le contingent de saumons pris et remis à l'eau est fixé à deux spécimens par jour.
- Sauf exception, la pêche au saumon sera interdite dans les cours d'eau qui n'ont pas le statut de rivière à saumon ainsi que dans la rivière Saguenay et dans le fleuve, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent
Source : MELCCFP
Un environnement perturbé
Une autre ombre plane aussi sur la rivière Rimouski puisque du lixiviat d’un ancien dépotoir de Rimouski s’y déverse périodiquement, fort probablement depuis une cinquantaine d'années.
C'est sûr que ça a un impact sur les poissons qui vivent en aval du barrage de Boralex, parce que la qualité de l'eau est extrêmement mauvaise, affirme Jean-François Desgagnés. Des tests ont déjà confirmé que l'ancien dépotoir rejette des substances nocives pour les poissons, notamment de l'arsenic, de l'azote ammoniacal, du manganèse et du fer, dans un des affluents de la rivière protégée par la loi.
L’impact sur les saumons qui y vivent est toutefois dur à mesurer : C’est souvent des effets cumulatifs à long terme. On n'est pas capables de suivre vraiment ces poissons-là sur une aussi longue période que ça pour avoir une idée de quel genre d'effet ça peut avoir, explique M. Desgagnés.


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