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Au salon de coiffure La P’tite Coiffe de Rimouski, que vous soyez une femme, un homme ou un enfant, c’est le temps consacré à votre coupe de cheveux et la quantité de produits utilisée qui déterminera le total de votre facture.
La facturation à l’heure est une décision d’affaires logique, qui allait de soi, pour les trois coiffeuses du petit salon qui ont longuement discuté ensemble avant de modifier leur grille tarifaire.
Il faut se respecter et respecter son énergie, affirme Marie-Pier Dufour, une des trois coiffeuses du salon La P’tite Coiffe.

L'équipe de travailleuses autonomes de La P'tite Coiffe a délibéré longuement avant de prendre la décision de modifier sa grille tarifaire pour qu'elle soit non genrée. Les travailleuses du salon, Marie-Pier Dufour, Jessie Tremblay et Jano Godard, souhaitent être reconnues pour leur travail.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Cette nouvelle tarification découle du désir d’être payée conséquemment aux services qu’elle et ses collègues offrent à leurs clients, sans égard à leur genre.
Ce n’est pas juste de la coupe rapide qu’on veut faire, dit Marie-Pier Dufour. Elle espère que la clientèle adhère à cette nouvelle vision du petit salon qui souhaite offrir à sa clientèle une expérience agréable dans un milieu de travail qui l’est tout autant, en n’étant pas dans la quantité, mais plus dans la qualité.

Le salon La P'tite Coiffe de Rimouski adopte une tarification à l'heure pour ses clients.
Photo : Radio-Canada
À quelques rues de la P’tite Coiffe, Chez Coiffure 2000 hommes et femmes, la tarification à l’heure suscite la discussion.
C’est à y penser quand je vais refaire ma liste de prix prochainement, dit candidement Caroline Alary, qui, pour l’instant, demande un prix légèrement plus élevé à sa clientèle féminine qu’à sa clientèle masculine.

Caroline Alary coiffe depuis 1982. Selon elle, les hommes sont de plus en plus coquets et suivent les tendances de la mode lorsque vient le temps de choisir une coiffure.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Caroline Alary coiffe depuis 1982. Elle observe une évolution dans les techniques des coupes demandées par sa clientèle masculine. Les hommes sont plus coquets et ils ont des goûts plus recherchés lorsque vient le temps de déterminer une coupe de cheveux. Mme Alary entend modifier sa tarification, d’autant plus qu’une de ses collègues du salon adopte déjà une grille tarifaire non genrée.

La tarification à l'heure fait jaser dans l'industrie de la coiffure. Les travailleuses du salon Coiffure 2000 hommes et femmes, ouvert en 1972, alors que les sections réservées aux femmes et aux hommes étaient séparées d'un mur, songent à adopter une grille tarifaire non genrée.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Sa collègue Nadine Rioux abonde dans le même sens. Il y a des fois que mes hommes me prennent plus de temps que mes femmes, parce que c’est plus technique, ils sont plus sujets à suivre la mode, constate-t-elle. Nadine Rioux compte elle aussi ajuster sa tarification.
Des fois, je fais le mari et la femme, et c’est tous les deux une coupe de cheveux, et la femme, ça lui coûte plus cher que l’homme, et l’homme [me questionne] : “Pourquoi ça coûte plus cher à ma femme qu’à moi?”

Nadine Rioux consacre plus de temps à la coupe de sa clientèle masculine qu'auparavant. Les coupes tendance sont plus techniques à réaliser.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Un changement de tarification ambitieux
La tarification à l’heure est un sujet d’actualité dans l’industrie de la coiffure, selon le président de l’Association Coiffure Québec, Stéphane Roy. Il croit toutefois que sa mise en application est complexe et qu’elle pourrait mener à des pertes financières en raison d’un concept économique : l’élasticité-prix.
L’élasticité-prix mesure le degré de sensibilité relative de la demande ou de l’offre par rapport au prix d’un bien ou d’un service.
Source : Office québécois de la langue française
Selon lui, les hommes sont plus sensibles aux variations des prix chez le coiffeur que les femmes.
On augmente le prix de deux dollars pour un homme, il remet en question s’il ne va pas le faire lui-même ou le demander à quelqu’un d’autre dans son entourage, tandis que d’augmenter le prix de deux dollars d’une femme, si elle aime ses cheveux [ … ] c’est non négociable, explique-t-il.
Il faut se le souhaiter un jour qu’on en vienne à une tarification non genrée, il faut le faire de façon structurée, intelligemment, encadrée pour éliminer le plus de dommages possible.
M. Roy observe un changement de mentalité chez les hommes et il pense que la tarification à l’heure réussira à s’imposer tranquillement. Je ne dis pas que c’est impossible, il faut juste bien le faire, souligne-t-il.
Marie-Pier Dufour est bien consciente que ce nouveau mode de facturation représente un changement important pour sa clientèle. Quand on arrive pour le paiement, on trouve que ça fait un gros montant, relate celle qui, avec cette nouvelle tarification, assume la valeur du service qu'elle offre à sa clientèle.


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