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Quel est le visage de la pauvreté au Bas-Saint-Laurent? À quelques mois du déclenchement des élections provinciales, le Collectif pour un Québec sans pauvreté sillonne la province pour parler avec des groupes communautaires et des citoyens en situation de pauvreté et brosser un portrait des spécificités régionales en matière de lutte contre la pauvreté. Il était de passage à Rimouski vendredi.
Une dizaine d’organismes communautaires en alphabétisation, en santé mentale et en défense collective des droits se sont réunis pour une journée de mobilisation et de discussion sur les spécificités de la lutte contre la pauvreté, dont les corporations de développement communautaire (CDC) Rimouski-Neigette et Grandes-Marées et le Comité logement Bas-Saint-Laurent.
Il y a énormément d'inquiétude au niveau du logement dans la région, note la co-porte-parole du Collectif, Marie-Ève Brunet, après une matinée de discussions. L'accès aux services en alimentation aussi, l'accès aux services en général, ajoute-t-elle.
Christina Lévesque, une résidente de Rivière-du-Loup vivant avec une contrainte sévère à l’emploi à cause d’une maladie dégénérative, a raconté son expérience, lors de la prise de parole collective organisée sur l’heure du dîner sur le parvis de l’église du quartier Saint-Robert.

Christina Lévesque réside à Rivière-du-Loup.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
Son appartement actuel, avec ses 22 marches, n’est pas adapté à sa condition. La porte de la salle de bain, ma marchette ne rentre pas, expose-t-elle.
Mme Lévesque, qui ne peut pas conduire, déplore que les logements sociaux disponibles dans sa localité soient situés trop loin du centre-ville. Elle se tourne donc vers le marché locatif privé. Un loyer mensuel à 1200 $, ça serait dans mes moyens de payer, mais il faut que je me prive sur la nourriture ou sur d’autres services essentiels à ma vie, dit-elle.
1200 $ [de loyer] sur 1700 $ par mois, ça paraît.
On veut entendre les citoyens qui vivent la pauvreté [exprimer] leur vécu, ce qu’ils ressentent face à la précarité grandissante, indique le coordonnateur d’Action populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé, qui participe aussi à la mobilisation.
Avec cette tournée, le Collectif pour un Québec sans pauvreté veut générer un rapport de force en vue des prochaines élections provinciales, pour ramener la lutte contre la pauvreté au premier plan politique, explique Marie-Ève Brunet.

Marie-Ève Brunet est co-porte parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
On est bien loin d'une sortie de la pauvreté, à 16,60 $ de l'heure
Le salaire minimum passe aujourd’hui de 16,10 $ à 16,60 $ l'heure au Québec. Si le ministre Jean Boulet a défendu, lors d'une mêlée de presse, ce nouveau taux horaire, le jugeant respectueux de la conjoncture économique et du salaire moyen reçu par les travailleurs au Québec, des citoyens et organismes bas-laurentiens jugent cette hausse insuffisante.
Ça n'a aucun bon sens d'arriver avec ça, avec la hausse des coûts de la vie, des logements et de l’essence, les enfants qui doivent aller à l'école, le linge, la bouffe..., énumère Denis, un retraité vivant à Rimouski participant à la mobilisation du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Ça n'a aucun bon sens, ce qui se passe. On est proche de la fracture.

Denis a pris part à la mobilisation de vendredi, à Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
Ça n'a aucun bon sens, avec la hausse du coût de la vie, que le gouvernement maintienne des travailleurs en situation d’extrême pauvreté, lance à son tour Michel Dubé. Le coordonnateur de l’Action populaire Rimouski-Neigette soutient avoir vu la situation des travailleurs à faible revenu se dégrader depuis les dernières années. À preuve, le nombre de travailleurs qui ont recours aux banques alimentaires, soutient-il.
C’est vraiment pas normal que quelqu’un qui travaille 35 heures par semaine se retrouve à aller à la banque alimentaire.
C'est un salaire minimum qui répond beaucoup plus aux attentes patronales qu’aux attentes des personnes qu'on entend desservir quand on parle de salaire minimum, c’est-à-dire des travailleurs et travailleuses, renchérit quant à elle Marie-Ève Brunet.

« Il faut accroître la capacité de payer des travailleurs, tout en respectant la capacité de payer des PME », a soutenu vendredi le ministre du Travail, Jean Boulet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Il faut accroître la capacité de payer des travailleurs, tout en respectant la capacité de payer des PME, a soutenu le ministre du Travail, Jean Boulet, vendredi lors d’un point de presse.
Plus largement, le Collectif pour un Québec sans pauvreté revendique entre autres une amélioration des protections publiques, une politique globale en habitation et une loi-cadre sur le droit à l’alimentation.
Il y a beaucoup de préjugés qui circulent, des demi-vérités, ou carrément de la violence, dans certains propos ou certaines politiques qui circulent ou réformes qui se mettent en place. Notre idée, c'est vraiment d'aller pointer ça, d’aller déconstruire ça, qu'est-ce que ça cache, puis de proposer un discours alternatif, [...] en tant que problème de dignité humaine, explique Mme Brunet.

Dans son manifeste, le Collectif pour un Québec sans pauvreté propose six mesures structurantes pour éradiquer la pauvreté dans la province.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent


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