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Paul St-Pierre Plamondon présente sa vision du monde devant le CORIM

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Dans un contexte géopolitique qui « brasse », Paul St-Pierre Plamondon estime que le Québec doit profiter du mouvement des « plaques tectoniques » et des opportunités qui en découlent pour assumer sa place à l’international.

Invité du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) pour la première discussion de l’initiative « Le monde dans l’urne », le chef péquiste et aspirant premier ministre a ainsi détaillé sa vision pour un éventuel gouvernement du Parti québécois (PQ) au fil d’un discours et d’une discussion animée par Marco Bélair-Cirino, chef de la division politique du Devoir.

« Mark Carney avait parfaitement raison de dire que dans le contexte actuel, ne pas être à table, c’est le risque très sérieux d’être sur le menu au niveau de nos intérêts », a notamment lancé M. St-Pierre Plamondon devant les membres du CORIM réuni pour l’occasion.

Parce que « le Québec a trop à offrir pour demeurer sur les lignes de côté », il compte accélérer la position internationale de la province, d’autant que, selon lui, ce n’était pas une priorité du gouvernement de la Coalition avenir Québec. À commencer par un désir de « refaire du ministère des Relations internationales un vrai ministère en bonne et due forme » et l’établissement d’un réseau diplomatique qui se concrétiserait dans un scénario où le Oui l’emporterait dans le référendum sur l’indépendance promis par sa formation politique.

Liens avec l’Europe

Paul St-Pierre Plamondon a particulièrement l’Europe dans son viseur, affirmant que le gouvernement canadien a fait une « sous-utilisation de l’accord de libre-échange avec l’Europe ». Le chef péquiste a ainsi réitéré son désir de doubler la représentation des délégués du Québec à l’international si son gouvernement est porté au pouvoir lors des élections générales prévues en octobre prochain.

Il a aussi évoqué ce que, à ses yeux, le Québec peut devenir sur la scène internationale.

En raison de la différence culturelle du Québec au sein de l’Amérique du Nord, sa compatibilité avec les institutions européennes et sa « présence active au sein d’organisations internationales », M. St-Pierre Plamondon a estimé que le Québec a tout pour devenir un « artisan de paix » et pour exercer du soft power, à l’instar de pays comme la Suède ou la Norvège.

Comme il l’a fait dans le chapitre du « livre bleu » péquiste sur les relations internationales, Paul St-Pierre Plamondon a aussi détaillé que, selon lui, les nations d’une taille similaire à un éventuel Québec-pays peuvent miser d’une « agilité » et d’une « finesse » que les grandes puissances n’ont pas.

Mettre le Québec de l’avant, indépendance ou non

Questionné par Marco Bélair-Cirino à savoir comment un gouvernement péquiste pourra influencer la politique internationale du Québec et du Canada, le chef du PQ a fait état d’un paradoxe : « Lorsque le Québec est représenté à l’Assemblée nationale par un gouvernement du Parti québécois, le paradoxe, c’est que c’est dans ces périodes-là qu’on a obtenu le plus et qu’on a le mieux défendu nos intérêts. Pourquoi ? Parce que le fédéral est contraint de réfléchir aux conséquences de ces arbitrages qui pourraient favoriser l’Ontario ou l’Ouest canadien et de se poser la question : “Quelles conséquences au Québec ?” »

Sans surprise en raison des convictions souverainistes du principal intéressé, c’est selon lui en devenant indépendant que le Québec pourra le plus rayonner à l’international, en plus de permettre « de battre Team Canada en finale de championnat de hockey ».

Mais avant même de poser la question référendaire, un gouvernement avec Paul St-Pierre Plamondon à sa tête prendrait des mesures pour renforcer la place du Québec à l’international, comme lors des futures renégociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, a-t-il détaillé. « Je ne pense pas qu’il y ait d’incompatibilité entre la recherche de la solution structurelle à moyen et long terme — qui est de décider par nous-mêmes —, et à court terme, la volonté de sauvegarder les intérêts des entreprises québécoises par tous les moyens. »

La présence de Paul St-Pierre Plamondon devant le CORIM jeudi n’est que le premier rendez-vous de l’initiative « Le monde dans l’urne », qui est réalisée en partenariat avec Le Devoir et l’agence de relations publiques TACT. Ruba Ghazal (Québec solidaire), Éric Duhaime (Parti conservateur du Québec) et Charles Milliard (Parti libéral du Québec) ont déjà confirmé leur participation à des discussions qui se dérouleront au courant de l’été. Elles auront toutes comme thème la place du Québec sur l’échiquier international.

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