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Dans un article publié dans la revue The New England Journal of Medicine, des médecins ont décrit le cas d'une femme s'étant rendue plusieurs fois à l'hôpital pour des symptômes de plus en plus graves.
Après plusieurs mauvais diagnostics, les médecins ont découvert qu'elle souffrait d'une maladie provoquée par une insuffisance en vitamine C provenant de l'alimentation. Depuis plusieurs années, elle avait exclu les agrumes de son alimentation.
Un premier diagnostic d'anémie ferriprive
Le rapport des médecins explique que la patiente s'est présentée aux urgences quatre jours après l'apparition de douleurs aiguës, d'un gonflement et d'ecchymoses sur la partie supérieure de son genou gauche. Elle a déclaré que ces symptômes étaient apparus après l'utilisation d'un pistolet de massage électrique sur cette zone. La trentenaire a par ailleurs précisé aux médecins qu'elle était porteuse d'une mutation génétique augmentant son risque de thrombose, qu'elle était sous anticoagulant et qu'elle souffrait également de règles abondantes depuis longtemps.
Les premiers examens n'ont révélé aucune autre cause sous-jacente à ses symptômes. Elle a donc été renvoyée chez elle avec pour seule consigne de cesser d'utiliser le pistolet de massage. Plusieurs semaines après cette première visite, la patiente est retournée une deuxième fois aux urgences, pour des vertiges et un essoufflement à l'effort.
Les médecins décident alors de l'hospitaliser. Ils suspectent une anémie ferriprive et la renvoie chez elle avec une ordonnance de comprimés de fer et des perfusions intraveineuses hebdomadaires. Malgré ce traitement, l'anémie et l'état général de la patiente ont continué de se détériorer.
La jeune femme avait arrêté de consommer des agrumes des années auparavant, après un épisode d’urticaire qu’elle avait attribué à leur consommation. © Kittiphan, Adobe Stock
Un deuxième diagnostic d'hypertension pulmonaire
Six semaines après son hospitalisation, elle se rend une nouvelle fois aux urgences. Lors de cette troisième visite, elle se plaint de douleurs thoraciques, de sueurs nocturnes et d'une perte de poids soudaine de sept kilos. À ces symptômes s'ajoutent une tachycardie et une hypoxémie (faible taux d'oxygène dans le sang). Elle est immédiatement admise en soins intensifs.
C'est là que les médecins lui diagnostiquent une hypertension pulmonaire, une forme grave d'hypertension artérielle qui touche les artères des poumons et le côté droit du cœur. Cependant, malgré une batterie d'examens, les médecins ne parviennent pas à identifier la cause de son hypertension.
Pendant tout ce temps, sa jambe gauche continuait de gonfler et de se couvrir de bleus. De plus, les médecins ont remarqué la présence de taches décolorées et de poils enroulés en tire-bouchon. Ils ont également constaté des nodules mous, rouge-violacés, le long de ses gencives. Ce sont précisément ces symptômes cutanés qui ont permis de poser un diagnostic : elle souffrait de scorbut. Cette maladie se développe suite à une forte carence en vitamine C.
Elle pensait être allergique aux agrumes
Si elle manquait de vitamine C, c'est parce qu'elle avait arrêté de consommer des agrumes des années auparavant, après un épisode d'urticaire qu'elle avait attribué à leur consommation. Des analyses de sang ont effectivement révélé qu'il n'y avait aucune trace de vitamine C dans son organisme. Une supplémentation lui a immédiatement été prescrite.
Deux jours seulement après le début du traitement, la patiente a pu rentrer chez elle. Son état de santé s'est amélioré progressivement au cours des mois suivants.
Le scorbut est une maladie rare car on sait aujourd'hui qu'un apport alimentaire en vitamine C permet de l'éviter.
Dans le cas de cette femme, la maladie a été difficile à diagnostiquer car l'hypertension pulmonaire n'est pas un signe caractéristique du scorbut. Plus généralement, le diagnostic de cette maladie tarde à être posé car les premiers signes sont souvent des symptômes non spécifiques pouvant être communs à de nombreuses affections.
Les auteurs du rapport espèrent que la description de ce cas permettra aux médecins de se rappeler que le scorbut, bien que rare, existe toujours.


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