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Aux prises avec une guerre en Iran qui est venue ajouter une couche d’incertitude sur une situation déjà très embrouillée, la Banque du Canada devrait encore une fois laisser ses taux d’intérêt inchangés aujourd’hui.
La banque centrale canadienne a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de ses trois dernières décisions. La grande majorité des analystes, comme les marchés financiers, s’attendent à ce qu’elle récidive cette fois encore. Elle en profitera pour mettre à jour ses prévisions économiques, ainsi que son portrait général de la situation économique et financière, dans une nouvelle édition de son Rapport sur la politique monétaire.
Ayant pour principale mission de maintenir l’inflation à moyen terme autour d’une cible de 2 %, l’institution devait déjà composer avec une économie canadienne secouée par les politiques commerciales américaines et les risques géopolitiques lorsque la guerre en Iran a éclaté.
Le conflit a notamment eu pour conséquence de faire augmenter les prix de l’énergie, faisant craindre que cela se transmette à ceux d’autres biens. La banque centrale se soucie également de la perception des consommateurs et des entreprises, parce que s’ils se mettent à douter de sa capacité de garder l’inflation sous contrôle, ils pourraient pousser à la hausse les prix et les salaires.
En entrevue avec des journalistes, il y a deux semaines, Tiff Macklem a dit ne pas vouloir « réagir trop vite » avec une augmentation des taux d’intérêt qui viendrait plomber une économie canadienne déjà poussive, mais ne pas vouloir non plus « arriver en retard et laisser l’inflation prendre racine ».
La Réserve fédérale américaine doit aussi mettre à jour sa politique monétaire mercredi. En plus d’être confronté aux mêmes difficultés que ses homologues des autres pays, son président, Jerome Powell, doit aussi composer avec un locataire à la Maison-Blanche qui le harcèle depuis des mois pour qu’il stimule l’économie en réduisant fortement les taux d’intérêt.
Là encore, on s’attend à ce que la Fed laisse inchangé son taux directeur dans la mince fourchette allant de 3,5 % à 3,75 %. Cela devrait être la dernière décision sous la gouverne de Jerome Powell, son mandat à titre de président se terminant le 15 mai. Le Congrès américain lui a trouvé un successeur, cette semaine, Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la Fed (2006-2011) plus disposé à réduire les taux d’intérêt.


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