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Partielles en Ontario : l’effet Trump remet les candidats de Doug Ford en selle

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Les trois principaux partis politiques en Ontario espèrent remporter des sièges lors des trois élections partielles jeudi. Si les enjeux locaux ont dominé la première moitié de la campagne, la guerre commerciale risque toutefois de changer la donne, encore une fois.

Bonjour, je suis le candidat libéral pour Scarborough-Sud-Ouest. Pouvons-nous compter sur votre appui?

Cette question, Ahsanul Hafiz l’a répétée des centaines de fois au cours des dernières semaines. L’entrepreneur d’origine bangladaise tente de convaincre les électeurs de la banlieue dans l’est de Toronto de lui accorder sa confiance.

Oui, nous sommes libéraux! Go, Mark Carney! de lui répondre l’électrice sur le pas de sa porte.

Ahsanul Hafiz et le jeune bénévole regardent la liste sur le téléphone intelligent de celui-ci.

Ahsanul Hafiz et un bénévole libéral consultent leur liste d’électeurs indécis ou libéraux. Le candidat cognera à chaque porte.

Photo : Radio-Canada / Antoine Simard

Si M. Hafiz lui précise qu’il est candidat dans une élection provinciale, il va sans dire que la popularité du premier ministre canadien vient lui donner un coup de pouce dans ce comté, néodémocrate depuis 2018.

Toute circonscription multiculturelle est très progressiste, dit-il en entrevue à Radio-Canada dans son bureau de campagne. Je respecte tous les candidats, bien entendu, mais je crois que c’est une course progressiste ici.

Les néodémocrates et les libéraux fondent de grands espoirs sur cette circonscription urbaine, située au bord du lac Ontario. Son portrait démographique est diversifié, tant au niveau culturel qu’économique, à l’image de la capitale ontarienne.

Trois pancartes des partis néodémocrate, progressiste-conservateur et libéral partagent le même carré d’herbe dans une rue de banlieue.

Les trois principaux partis à l’Assemblée législative tentent de remporter l’élection partielle dans Scarborough-Sud-Ouest.

Photo : Radio-Canada / Antoine Simard

La cheffe adjointe du NPD provincial, Doly Begum, la représentait sans interruption depuis 2018, mais elle a délaissé sa formation politique pour se joindre aux libéraux de Mark Carney en février.

Je respecte Doly et tout le travail qu’elle a accompli dans la circonscription, dit la candidate néodémocrate Fatima Shaban. Au cours des huit dernières années, c’est l’équipe du NPD en qui les gens avaient confiance. [...] Je pense que nous sommes en train de regagner leur confiance.

La travailleuse communautaire connaît la circonscription comme le fond de sa poche. Candidate défaite lors de la partielle fédérale en avril, elle cogne aux portes sans cesse depuis le mois de février.

Fatima Shaban et une bénévole discutent avec une électrice potentielle.

Fatima Shaban aime discuter avec les électeurs. Il faut parfois qu’un membre de son équipe l’extirpe d’une conversation pour continuer le porte-à-porte.

Photo : Radio-Canada / Antoine Simard

Les murs orange dans son quartier général de la route Kingston sont tapissés de photos de bénévoles souriants. La carte des bureaux de scrutin d’Élections Ontario, sous-divisée encore plus scrupuleusement par son équipe, est codée par couleurs en fonction du nombre de visites effectuées par quartier.

[Pendant l’élection fédérale], il n’y avait pas de ressources, ce n’était que moi et une très petite équipe de bénévoles, dit Mme Shaban. Cette fois-ci, on a tout ce qu’il nous faut. On est passés à la vitesse supérieure.

Elle peut compter sur une équipe de bénévoles chevronnés, qui sait quand l’arracher aux portes, où Mme Shaban aime s’attarder à discuter avec les électeurs. Ceux-ci lui confient leurs soucis quant au coût de l’épicerie, de l’essence, le manque d’emploi pour les plus jeunes.

Ahsanul Hafiz discute avec quelqu’un hors-champ sur le seuil d’une maison.

Ahsanul Hafiz ne s’éternise pas aux portes. S’il n’y a pas de réponse après quelques secondes, il glisse un dépliant dans le cadre et passe à la prochaine résidence.

Photo : Radio-Canada / Antoine Simard

Un projet d’expansion d’un centre de données à Scarborough suscite également des inquiétudes, au moment où plusieurs villes ontariennes imposent des moratoires sur ce genre d’infrastructure.

L’accueil aux portes est toujours chaleureux, dit la candidate néodémocrate. Nous allons continuer à travailler. Même après [le jour de l’élection], nous allons continuer de travailler fort pour cette communauté.

Un optimisme radieux, mais dont elle ne détient pas l’exclusivité : les libéraux aussi y croient.

À chaque porte où je cogne, on réclame du changement, dit Ahsanul Hafiz. Je suis persuadé que les libéraux seront de retour ici.

Le parti progressiste-conservateur a ignoré toute demande d’entrevue de Radio-Canada avec les candidats des trois partielles de jeudi.

Le facteur Trump, encore une fois

Si le NPD et le PLO se sentaient aussi optimistes lors de la visite de Radio-Canada à leur bureau de campagne mi-août, c’est aussi puisque la popularité du parti au pouvoir, et de son dirigeant, était en déclin constant depuis le printemps.

En juillet, la cote de popularité du premier ministre Doug Ford s’élevait à 24 % et les libéraux de l’Ontario menaient par cinq points.

Doug Ford salue d’une main à son arrivée sur un chantier de Hamilton le 24 août 2026.

Doug Ford a repris du poil de la bête depuis l’interruption des négociations commerciales. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le retrait du Canada des négociations commerciales avec les États-Unis, et les attaques du président américain qui s’en sont suivies semblent avoir inversé la tendance : les progressistes-conservateurs devancent à nouveau leurs rivaux de quelques points, selon un récent sondage.

Ça va avoir une conséquence sur la campagne électorale parce que les gens vont porter attention à Doug Ford [...] pour les bonnes raisons, c’est-à-dire, il va pouvoir avoir une image positive, analyse la politologue Geneviève Tellier.

On va parler de ce Ford pour les bons coups qu’il va faire et non pas pour les genres de scandale ou mauvaise gestion ou décision douteuse [...] qu’il pourrait prendre, ajoute-t-elle.

Cette nouvelle dynamique pourrait changer la donne à Hamilton-Est—Stoney Creek. Le ministre des Sports (et légende du football canadien) Neil Lumsden a pris sa retraite cet été, ouvrant la voie à un retour du NPD dans une région ouvrière qui lui a longtemps été conquise.

Une aciérie à Hamilton, en Ontario, le 12 mars 2025.

Ce quartier résidentiel près de l’aciérie Dofasco se trouve dans la circonscription de Hamilton-Est—Stoney Creek. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le portrait électoral de Hamilton a cependant changé au cours des dernières décennies, de même que la composition de l’est de la ville. De nouvelles banlieues y ont poussé, attirant des électeurs plus aisés financièrement.

Les néodémocrates ont terminé en troisième place lors des élections générales de 2025, derrière le candidat libéral qui tente sa chance à nouveau.

Le parti y fonde de grands espoirs : la cheffe Marit Stiles a visité Hamilton presque tous les deux jours depuis le début de la campagne. La candidate, Monique Taylor, est très bien connue : elle a représenté un comté voisin à l’Assemblée législative de 2011 à 2025.

Monique Taylor parle au micro devant ses partisans.

Monique Taylor a tenté sa chance pour le NPD au fédéral en 2025, en vain. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lapointe

Les progressistes-conservateurs présentent Jeff Beattie, un conseiller municipal de Hamilton et propriétaire d’une serre. Le parti n’avait pas représenté la région depuis les années 50 avant la percée de M. Lumsden, mais le conflit avec les États-Unis saura lui être bénéfique, croit Geneviève Tellier.

J’ai l’impression que ça vient de donner un gros coup de pouce à la campagne du candidat conservateur, je vais le dire comme ça.

York—Simcoe, un non-événement

La démission de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, laisse vacant ce siège largement rural, situé aux abords du lac Simcoe.

Celle qui était également présidente du Conseil du Trésor a remporté plus de la moitié des suffrages lors des trois élections qu’elle y a disputées. Ses prédécesseurs ont également bénéficié de l’appui fidèle d’une bonne partie de l’électorat au cours des 30 dernières années.

Le député néo-démocrate Sol Mamakwa serre dans ses bras Caroline Mulroney, qui a démissionné du cabinet Ford, dans l’hémicycle de l’Assemblée législative à Queen’s Park, à Toronto, le 2 juin 2026.

La fin de la session printanière à l’Assemblée législative de l’Ontario marque également le départ de la vie politique de Caroline Mulroney. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le parti progressiste-conservateur a nommé une convaincue de longue date : Susan Lahey est une conseillère municipale d’East Gwillimbury qui a travaillé de près avec la députée sortante.

Les libéraux, qui ont terminé plus de 14 000 voix derrière Mme Mulroney en 2025, présentent pour leur part Naomi Robinson, une conseillère régionale de longue date.

Le NPD, qui n’a représenté une partie du comté qu’une seule fois dans les années 90, a pour sa part arrêté son choix sur le travailleur de l’éducation Babak (Bobby) Nikmard.

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