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Alors que les mises en candidature en vue des élections municipales se termineront dans trois semaines, chercheurs et organisations municipales suivent de près la situation afin de voir si l’Ontario parviendra à inverser la tendance du déclin de la participation à la vie politique locale.
Le quatrième lundi d’octobre, les Ontariens de 444 municipalités éliront simultanément leurs maires, préfets, conseillers et commissaires scolaires lors d’élections municipales. Mais, pour un pourcentage important de ces scrutins, la possibilité qu’aucun vote ne soit requis est bien réelle.
Il semble que l’on pourrait assister à des centaines d’élections où il n’y aura qu’un seul candidat.
Ces courses électorales peu pourvues sont réparties dans toute la province, des petites communautés comme Bracebridge ou Grimsby, aux grandes villes comme Ottawa, où au moins six sièges au conseil municipal n’ont jusqu’à présent qu’un seul candidat.
Lorsqu’un candidat se retrouve sans opposition, il l’emporte par acclamation. Une situation déplorée par Martin Horak, professeur agrégé de sciences politiques à l’Université Western, qui rappelle que par définition, le peuple n’a pas le choix et la démocratie en souffre donc.
Les données des quatre derniers cycles électoraux en Ontario révèlent que les élections par acclamations sont de plus en plus fréquentes à mesure que le nombre total de candidats diminue.
En 2010, plus de 8000 personnes se sont présentées aux élections locales en Ontario. En 2022, ce nombre avait chuté à 6325, soit une baisse de plus de 20 %.
Un cercle vicieux
Un nombre réduit de candidats crée également un cercle vicieux qui réduit la participation électorale, explique M. Horak. S’il n’y a qu’une seule personne en lice, pourquoi se donner la peine d’aller voter?, s’interroge-t-il.
Environ 44 % des Ontariens ont voté aux élections municipales en 2010, un taux qui a diminué de façon constante depuis, pour atteindre 36,3 % en 2022.

Le vote par anticipation est également en baisse dans certaines municipalités. À Toronto, 115 911 personnes ont voté par anticipation pour les élections municipales de 2022, une baisse de près de 7 % par rapport aux dernières élections municipales de 2018 et de près de 30 % par rapport au record de participation de 2014. (Photo d’archives)
Photo : Avec l’autorisation de la Ville de Toronto
C’est cette statistique qui a incité l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) à lancer, en 2022, un projet visant à sensibiliser la population à la politique locale et à la manière de se présenter aux élections.
Selon l’AMO, plus de 6000 personnes ont depuis participé à ses ateliers d’initiation aux élections, qui comprenaient des séances spéciales encourageant les Ontariens racisés, les femmes et les Autochtones à se présenter aux élections.
Nous espérons que, lorsque nous verrons les résultats [des candidatures], nous aurons rejoint suffisamment de personnes pour qu’il y ait plus de candidats et donc moins d’élections par acclamation.
Incivilité et faibles salaires freinent l’intérêt
La présidente de l’AMO, Robin Jones, termine son troisième et dernier mandat à la mairie de Westport, dans l’est de la province. Elle reconnaît que les obstacles qui empêchent les gens de se présenter vont au-delà d’un simple manque d’information.

À London, dans le sud de l’Ontario, le nombre de candidats déjà inscrits est nettement supérieur à celui d’il y a quatre ans à la même période du cycle électoral. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
Ces dernières années, la situation au conseil municipal a posé certains problèmes, avoue-t-elle, décrivant une culture de irrespect croissante en politique locale.
L’AMO a également tenté d’agir face à cette situation, notamment en organisant des ateliers spécialisés et en créant un guide pour promouvoir le respect au sein des administrations locales.
Selon M. Horak, l’impression d’une politique conflictuelle, voire potentiellement dangereuse, est le principal frein aux candidatures.
Les gens se rendent bien compte qu’ils s’exposent à toutes sortes d’abus.
Ce dernier et son collègue politologue, Michael McGregor, professeur agrégé à l’Université métropolitaine de Toronto, citent également la faiblesse des salaires et la complexité croissante des dossiers à traiter comme des facteurs dissuasifs.
Dans de nombreuses petites municipalités, les conseillers municipaux sont à temps partiel et leur rémunération est faible.
Je pense donc que certaines personnes sont peut-être un peu moins motivées à consacrer autant de temps et d’énergie que ce type de rôle, croit M. McGregor.
Pas encore trop inquiète
Mais M. McGregor, qui travaille avec M. Horak sur un projet de recherche sur la démocratie locale appelé le Baromètre municipal canadien, affirme que la situation n’est peut-être pas aussi sombre qu’elle n’y paraît.
En fait, il est assez courant d’avoir de nombreuses élections qui se soldent par des victoires par acclamation dans les petites municipalités, précise-t-il.
Lui et Mme Jones s’accordent également à dire qu’il est prématuré de tirer la sonnette d’alarme, étant donné que les candidats ont encore trois semaines pour soumettre leurs documents et que certains, selon M. McGregor, pourraient tout simplement procrastiner.
Je ne suis pas encore trop inquiète, a d’ailleurs déclaré la présidente de l’AMO dans une autre entrevue.
Alors qu’elle s’apprête à quitter ses fonctions, elle dit répondre aux questions de nombreux Ontariens qui envisagent de se lancer en politique municipale et elle n’hésite pas à les encourager chaleureusement.
J’ai adoré être mairesse pendant 12 ans. Il n’y a pas d’autre façon de le dire.
M. Horak affirme que certaines courses électorales locales semblent prometteuses, notamment dans sa ville natale de London, en Ontario, où, selon lui, le nombre de candidats déjà inscrits est nettement supérieur à celui d’il y a quatre ans à la même période du cycle électoral.

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Une affiche et un drapeau devant l'hôtel de ville d'Ottawa
Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier
Il souligne également que, malgré une baisse de la participation électorale, d’autres formes d’engagement civique, comme au sein d’associations locales et de groupes de résidents, sont demeurées stables.
Cela me donne donc l’espoir que le tableau d’ensemble de la démocratie locale ne soit pas si sombre, conclut-il.
Les candidats ont jusqu’au 21 août pour déposer leur dossier d’inscription.
Avec les informations de Kate McGillivray, CBC News


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