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La population active parisienne pourrait diminuer de 8,1 % d’ici 2050. Une baisse sans commune mesure avec celle attendue dans les autres départements franciliens.
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Par Thomas Martin Publié le 31 août 2026 à 6h02
Paris devrait encore perdre des habitants dans les prochaines décennies. Et avec eux, une partie importante de ses actifs. Selon une étude de l’Insee publiée lundi 25 août 2026, la population active de la capitale pourrait diminuer de 8,1 % entre 2022 et 2050. Autrement dit, en moins de trente ans, Paris perdrait près d’un actif sur douze. Une évolution qui distingue très nettement la capitale du reste de l’Île-de-France.
1,10 million d’actifs à Paris en 2050
En 2050, Paris ne compterait ainsi plus que 1,10 million d’actifs, selon le scénario tendanciel retenu par l’Insee. Sont considérées comme actives les personnes en emploi mais aussi celles qui en recherchent un.
Surtout, contrairement à ce qui est attendu ailleurs en Île-de-France, le recul parisien ne serait pas concentré sur la fin de la période. La baisse serait forte et régulière jusqu’en 2050.
Elle a d’ailleurs déjà commencé dans les projections de l’Institut : en prenant 2022 comme base 100, l’indice parisien tombe à 97,9 dès 2026, puis 96,6 en 2030, 95,5 en 2040 et finalement 91,9 en 2050.
Pourquoi Paris décrocherait autant
Pour expliquer cette singularité, l’Insee pointe d’abord la démographie parisienne. La diminution du nombre d’actifs suivrait celle de l’ensemble de la population de la capitale.
L’effet démographique y serait particulièrement défavorable en raison d’une fécondité très faible et d’une population en moyenne plus âgée de deux ans.
Plus largement, le vieillissement devrait profondément modifier le marché du travail francilien. Entre 2022 et 2050, l’Île-de-France compterait 237 000 actifs de 55 ans ou plus supplémentaires, tandis que le nombre d’actifs âgés de 25 à 54 ans reculerait de 228 000. Le départ progressif des générations du baby-boom et l’arrivée de générations moins nombreuses sur le marché du travail expliquent notamment cette évolution.
Une situation très différente aux portes de Paris
Le contraste est particulièrement saisissant lorsqu’on franchit le périphérique. Car aucun autre département francilien ne connaîtrait une baisse comparable à celle de Paris.
Entre 2022 et 2050, la population active augmenterait même de 2,3 % en Seine-Saint-Denis, de 1,1 % dans le Val-de-Marne et de 0,7 % dans les Hauts-de-Seine.
À l’échelle régionale, c’est le Val-d’Oise qui enregistrerait la progression la plus importante (+3,4 %), devant la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne (+2,3 % chacune). Seuls les Yvelines (-0,2 %) et l’Essonne (-0,3 %) termineraient la période légèrement sous leur niveau de 2022.
La Seine-Saint-Denis profiterait notamment de sa population jeune et d’une natalité élevée. Dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, un solde migratoire favorable permettrait en partie de contrebalancer le vieillissement démographique.
L’Île-de-France atteindrait un pic en 2039
À l’échelle de toute la région, la trajectoire serait donc bien différente de celle de Paris. L’Île-de-France comptait 6,36 millions d’actifs en 2022. Leur nombre continuerait d’abord à progresser pour atteindre un pic de près de 6,50 millions en 2039.
Il diminuerait ensuite pour retomber à 6,34 millions en 2050, soit légèrement moins qu’en 2022.
Ces chiffres restent toutefois des projections et non des prévisions certaines. L’Insee construit son scénario tendanciel en prolongeant notamment les tendances démographiques et les comportements d’activité récents. Une évolution différente de la fécondité, des migrations ou de la participation au marché du travail pourrait donc modifier sensiblement la trajectoire.
L’Institut a d’ailleurs testé d’autres hypothèses. Si le taux d’activité des 60-64 ans rejoignait celui des 55-59 ans, l’Île-de-France compterait environ 51 000 actifs supplémentaires en 2050 par rapport au scénario central. À l’inverse, avec des taux d’activité maintenus à leur niveau de 2018, la région ne compterait plus que 6,14 millions d’actifs à cette date.
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