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L’ancienne Première dame Bernadette Chirac a été inhumée dans l’intimité, ce vendredi, dans le caveau familial du cimetière du Montparnasse à Paris, aux côtés de son époux, Jacques Chirac, et de leur fille aînée, Laurence. En début d’après-midi, ses obsèques ont été célébrées en la basilique Sainte-Clotilde en présence de très nombreuses personnalités du monde politique. Quelques anonymes ont également tenu à saluer la mémoire de “Bernie”.
À Paris, Christine Beranger - Hier à 21:45 | mis à jour hier à 21:52 - Temps de lecture :
Des adieux parisiens avant l’hommage corrézien. Les obsèques de Bernadette Chirac ont été célébrées ce vendredi à Paris, une semaine après le décès à 93 ans de la veuve du président Jacques Chirac (1995-2007). Il est 14 h 30 lorsque le sobre cercueil de bois clair transporté par des élus du Département de Corrèze, où Bernadette Chirac a siégé pendant 36 ans (de 1979 à 2015), pénètre sous un pâle soleil à l’intérieur de la basilique Sainte-Clotilde dans le très chic 7e arrondissement de la capitale. « C’est ici qu’elle avait épousé Jacques Chirac ! », s’émeut Josiane, 74 ans, venue de Mantes-la-Jolie (Yvelines) pour rendre hommage à Bernadette Chirac. Avant sa mort, la défunte avait personnellement choisi cet édifice religieux du XIXe siècle. Sa chapelle adjacente a en effet abrité, 70 ans auparavant, son bonheur de jeune mariée, un jour de mai 1956. Son plus grand chagrin de mère aussi, après le décès prématuré en avril 2016 de Laurence, fille aînée du couple Chirac.
La volonté de la famille de privilégier aux fleurs les dons en faveur des personnes hospitalisées afin de poursuivre le combat de l’ancienne Première dame n’a en revanche pas été complètement respectée : d’élégantes compositions aux tons pastel fleurissent les marches de la basilique sur lesquelles se pressent les invités. Beaucoup de proches du couple Chirac parmi lesquels le plus fidèle des fidèles, l’homme d’affaires François-Henri Pinault, au côté de Claude Chirac, la fille cadette du couple. Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est, lui, venu avec Delphine son aînée. Bernadette Chirac avait siégé pendant près de 10 ans au sein du conseil d’administration de LVMH.
Les funérailles de Bernadette Chirac ont eu lieu ce vendredi à Paris en la basilique Sainte-Clotilde. Photo Sipa/JP Pariente
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Deux ex-présidents de la République
Le rendez-vous est très politique aussi. De nombreux anciens ministres de droite ont fait le déplacement parmi lesquels François Baroin - un très proche du clan Chirac - mais aussi Michel Barnier, Michèle Alliot-Marie, Jacques Toubon, Thierry Breton, Françoise de Panafieu, Nathalie Kosciusko-Morizet… De nombreux responsables actuels sont également présents dont le président du Sénat, Gérard Larcher, et la ministre des Armées, Catherine Vautrin, qui représente le gouvernement. Pas moins de quatre anciens Premiers ministres sont aussi présents : Jean-Pierre Raffarin, Édouard Philippe, Michel Barnier et même Dominique de Villepin que l’ex-Première dame, au ton parfois vachard, avait rebaptisé “Neron” après la trahison électorale à Jacques.
Après 60 ans de vie commune au côté de Jacques Chirac, dont 18 à la mairie de Paris et 12 à l’Élysée, Bernadette Chirac était devenue une figure de la Ve République. En témoigne la présence de deux ex-présidents de la République : Nicolas Sarkozy, à laquelle elle avait apporté son soutien à la présidentielle de 2007, et le socialiste François Hollande, longtemps côtoyé dans son fief de Corrèze où elle était élue et avait trouvé refuge jusque dans les dernières années de sa vie. À l’abri des regards et des turbulences politiques dans le château familial de Bity à Sarran. Cet impressionnant aréopage a de quoi ravir Aubin, 25 ans, étudiant à Sciences Po Paris, « venu seulement pour voir des présidents et des stars » !
Plusieurs anonymes au côté des personnalités
« La première d’entre toutes, c’était Yvonne De Gaulle. Mais Madame Chirac, je la mets dans le trio de tête avec Anne-Aymone Giscard d’Estaing. C’était quand même une grande dame », commente Marinette, 75 ans. La Vosgienne d’origine, installée depuis longtemps à Paris, avait rencontré plusieurs fois Bernadette Chirac. Elle est l’une des premières à s’engouffrer dans l’édifice où plusieurs dizaines d’anonymes sont invitées à prendre place pour assister à la cérémonie au côté des personnalités du monde politique, des affaires et de la culture. Muriel Robin et son épouse, Anne Le Nen, ont été aperçues tout comme Michèle Laroque. Pas Line Renaud, visiblement arrivée par une porte dérobée.
À l’extérieur, un public plutôt clairsemé suit l’office retransmis par des haut-parleurs. « Madame Chirac ? Je l’ai découverte avec le film Bernadette avec Catherine Deneuve et j’ai trouvé que c’était une belle vie. C’est pour cette raison que j’ai tenu à venir lui rendre hommage », témoigne Louis-Maxence, 21 ans.
« C’était une femme avec un grand F dans l’histoire avec un G. Une figure exemplaire de la France. On n’en trouvera plus des femmes comme cela », s’enthousiasme, Ghislaine, 74 ans, ex-enseignante à la Légion d’Honneur, originaire du département huppé des Hauts-de-Seine. Dans le square Samuel-Rousseau qui borde la basilique, les Parisiens profitent enfin d’une percée de soleil avec une certaine indifférence. L’émotion se fait plus forte lorsque Claude Chirac prend la parole : la fille de l’ex-couple présidentiel s'exprime d’abord pour remercier le corps médical et le personnel soignant qui ont accompagné ses deux parents au crépuscule de leur vie : Jacques Chirac d’abord, décédé en 2019, et Bernadette ensuite, qui s’était définitivement retirée de la vie publique en 2019 en passant le témoin de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France à l’actuelle Premier dame, Brigitte Macron, présente ce vendredi.
Brigitte Macron aux obsèques de Bernadette Chirac ce vendredi à Paris. Photo EBRA/Christine Beranger
Line Renaud, l’amitié à la vie à la mort
Mais c’est à Line Renaud que Claude Chirac, la gorge serrée, a délivré le plus poignant des messages remerciant l’artiste et amie de la famille qui a offert à “Bernie” l’amour des derniers jours, « entourée de fleurs et du chant des oiseaux ».
Visage fermé, Jean-Pierre, 75 ans, se remémore les origines corréziennes qui le lient à Bernadette et Jacques Chirac : « Je me devais d’être là. Bernadette Chirac pouvait être un abord un peu abrupt mais lorsque l’on avait passé cette barrière, c’était une autre personne, très proche des petites gens dans son département comme il a été dit dans l’homélie. » Dimanche, le septuagénaire, désormais installé près de Paris, ne pourra pas assister à la journée d’hommage prévue en Corrèze en l’honneur de « Madame », comme on appelait dans le département l’épouse de Jacques. Mais revendiquant une forme de chauvinisme régional, il a déjà prévu d’aller saluer la mémoire du couple présidentiel lors d’un prochain déplacement estival dans le fief électoral des Chirac où Claude, conseillère départementale à son tour depuis 2012, a repris le flambeau de sa mère.
« À leurs proches, ils ont offert une pièce de théâtre irrésistible », s’est, lui, souvenu Martin Rey-Chirac, 30 ans, l’unique petit-fils de l’ancien couple présidentiel après avoir retracé les grandes lignes de la vie de sa grand-mère. « Aujourd’hui, la pièce s’achève. Et c’est ici qu’il revient à ses deux protagonistes de se retirer derrière le rideau. » Mais à la sortie de la dépouille, pas d’applaudissements. Seulement le glas des cloches. De la tristesse sur les visages bien sûr mais tout en retenue. Et une dignité qui aurait été approuvée par Bernadette Chodron de Courcel à qui sa mère, Marguerite, répétait : « Vous pleurerez demain. » La classe politique s’est déjà éclipsée. Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni escortent les princesses du Maroc. Farah Pahlavi, l’épouse de l’ex-chah d’Iran s’en va aussi. Anne Dao Traxel, la “fille de cœur” des époux Chirac, s’attarde un peu, les larmes aux yeux en partageant quelques souvenirs.
Au tour de la Corrèze
À sa sortie, une nuée de journalistes retient Brigitte Macron pour un dernier témoignage : pour Bernadette Chirac, « l’important, c‘était de tenir dans toutes les circonstances », résume l’actuelle Première dame mettant en avant la « force » et la « rigueur » de celle qui l’a précédée à l’Élysée. Dimanche, c’est un hommage plus populaire qui devrait être rendu à Bernadette, la Corrézienne. Native du 16e arrondissement, l’ancienne Première dame a été inhumée en fin d’après-midi dans le caveau familial au cimetière du Montparnasse à Paris, auprès de son époux et de leur fille Laurence.
Pour rendre hommage à Madame Bernadette CHIRAC, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir en sa mémoire sur le site Libra Memoria.
A ce jour, 87 hommages ont été publiés.


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