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  • Un enfant avale de la soude : médecins et parents s'opposent sur les soins à lui ...

À Paris, un bras de fer oppose actuellement des médecins et des parents dont l’enfant de 18 mois, qui avait avalé accidentellement de la soude, pourrait présenter de lourdes séquelles après un arrêt cardiaque.

La rédaction - Aujourd'hui à 17:15 | mis à jour aujourd'hui à 17:18 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Le drame a eu lieu le 12 mai à Paris, comme le raconte Le Parisien. Ce jour là, un enfant de 18 mois avale accidentellement un produit déboucheur contenant de la soude. Les parents du garçonnet le conduisent en urgence à l’hôpital Necker pour enfants malades, dans le XVe arrondissement. Malgré les soins, son état se dégrade vite. L’enfant subit de nombreuses interventions, jusqu’à une opération chirurgicale, le 29 juillet, durant laquelle il fait un arrêt cardio-respiratoire d’une trentaine de minutes.

Les médecins constatent après cet arrêt cardiaque qu'il présente des « lésions cérébrales diffuses », détaille Le Parisien, et évoquent auprès des parents un possible arrêt de soins et une sédation profonde continue. Des réunions ont lieu, notamment avec des médecins d’un autre hôpital parisien. Le 11 août, les soignants qui s’occupent du garçonnet annoncent qu'ils limiteront certains traitements lourds si jamais l’état de l’enfant se dégrade.

La crainte d'un polyhandicap très lourd

Les médecins redoutent, expliquent nos confrères, « un état neurologique fortement dégradé dont l’évolution attendue est celle d’un polyhandicap, sans marche autonome, sans langage autonome et avec un état de dépendance dans tous les actes quotidiens ».

Les parents de l’enfant sont contre cette limitation des soins et saisissent la justice. Or, un neurologue marseillais mandaté par le tribunal administratif de Paris confirme le diagnostic des médecins parisiens. Les parents, quant à eux, assurent que leur enfant montre des signes « d’évolution positive sur le plan cérébral ».

Mais même si la justice reconnaît que le garçonnet regagne en autonomie respiratoire, de nouveaux examens au mois de septembre confirment d’importantes séquelles cérébrales. Ce qui pousse la justice à rejeter la demande des parents, estimant que le soin à l’enfant « présente un caractère disproportionné et relève d’une obstination déraisonnable ».

Une « obstination déraisonnable »

Selon la loi du 22 avril 2005 du code de la santé publique, relative à la fin de vie, les traitements peuvent en effet être suspendus ou ne pas être entrepris sur un malade s’ils relèvent d’une « obstination déraisonnable », c’est-à-dire « lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».

Certes, si le patient est en mesure de s’exprimer, sa volonté prime. Lorsqu’il a déposé des directives anticipées également. Mais l'enfant de seulement 18 mois hospitalisé à l'hôpital Necker étant incapable d’exprimer sa volonté, c’est bien aux médecins que revient le dernier mot, même s’ils doivent en discuter avec sa famille. « Dans une situation d’obstination déraisonnable, un médecin peut décider de l’arrêt des traitements sur un enfant mineur contre l’avis de ses parents », expliquaient Camille Bourdaire-Mignot et Tatiana Gründler, maîtresses de conférences en droit privé à l’université Paris-Nanterre en 2019.

Dans le cas de l’enfant hospitalisé à l’hôpital Necker, les médecins estiment ainsi que le maintien ou la réalisation de certains traitements ne va pas dans le sens de l’intérêt de l’enfant. Les parents de l’enfant ont encore quelques semaines pour faire appel de la décision de la justice administrative.

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