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  • « J’ai peur de ne pas trouver de travail » : dans les cortèges lycéens, le malaise ...

Climat, Parcoursup, précarité, emploi, intelligence artificielle… Dans les cortèges parisiens, lycéens et étudiants ont défilé ce mardi en témoignant de leur difficulté à se projeter dans l’avenir.

Delphine Bancaud - Hier à 20:30 - Temps de lecture :

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« Notre avenir est actuellement indisponible », « Pas d’égalité des chances à 35 par classe », « Futur psy déjà en burn-out », « Déso pour le dérangement, nous essayons de sauver notre avenir »… Sur les pancartes de la manifestation parisienne des lycéens et des étudiants, la peur du lendemain s’affiche en grosses lettres. « Se mobiliser pour son éducation, c’est se mobiliser pour son avenir. L’angoisse climatique des lycéens et la peur du déclassement participe aussi à l’ampleur mouvement », explique Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens !. Venue apporter son soutien aux lycéens, Sophie Vénétitay, enseignante et porte-parole du Snes-FSU, fait le même constat : « Ce mouvement est le reflet de la situation sociale et éducative. C’est une accumulation qui a fait déborder la colère », estime-t-elle.

Pancartes à la main, Chloé, Lilou et Clara, lycéennes de terminale en Seine-et-Marne, témoignent de ce mal-être diffus. « On a l’impression que personne ne pense à nous. On subit le réchauffement climatique, on ne sait pas quel métier on fera et si même on aura droit à une retraite », lance Chloé. « Par rapport à nos parents, on subit clairement une baisse de la qualité de vie », estime de son côté Clara. Lilou, elle, s’en prend à Parcoursup : « Le fait de devoir décider si tôt de ce qu’on va faire plus tard nous stresse énormément. » Une difficulté de nombreux jeunes à se projeter soulignée par un sondage (*) publié ce mardi : plus de 8 jeunes sur 10 redoutent une vie « plus difficile » que celle de la génération précédente.

« J’ai peur de ne pas trouver de travail »

Dans le cortège de tête de la manifestation, Ryad Rani, le président de l’Union syndicale lycéenne, insiste également sur le sentiment d’inégalité qui traverse une partie des lycéens : « Il y a une ségrégation sociale au sein des établissements. On n’a pas les mêmes chances de réussir quand on est né dans le 7e arrondissement de Paris ou à Créteil. On nous vend l’Éducation comme un lieu d’émancipation, mais dans certains lycées, il n’y a pas assez de professeurs et le plafond tombe sur la tête des élèves », dénonce-t-il. La question de la santé mentale est aussi au cœur des préoccupations. « Dans mon entourage, quatre amis prennent des antidépresseurs et une autre a fait une tentative de suicide », confie Louis Letoublon. Selon une étude de Santé publique France publiée en juin, 19 % des lycéens ont un risque important de dépression.

Chez les étudiants qui battent le pavé, le malaise est tout autant perceptible. « L’IA, ça m’angoisse. Des métiers disparaissent peu à peu. On fait de longues études sans avoir la garantie qu’on trouvera du travail après », lance Boubacar, étudiant en Staps à Nanterre (Hauts-de-Seine). Son ami, Bobo, n’est pas plus optimiste : « Je suis en école de commerce et j’ai l’impression que de plus en plus de jeunes comme moi sont obligés de payer pour accéder à des études, l’égalité des chances n’est pas réelle. »

Quelques mètres plus loin, Eva, étudiante en arts plastiques à Paris 1, se plaint de ses conditions d’études : « Les locaux font pitié et on a une cafétéria pour plus de 1 000 étudiants. » L’élection présidentielle à venir la préoccupe aussi : « Je crains l’arrivée au pouvoir du RN », confie-t-elle. Et quand elle pense à son avenir, elle n’est pas sereine : « J’ai peur de ne pas trouver de travail. » Dans le carré de tête de la manifestation, Suzanne Nijdam, présidente de la Fage souligne, elle, la montée de la précarité chez les étudiants, qui accroît leur détresse : « Un étudiant sur cinq vit avec moins de 100 euros après avoir payé son loyer, c’est intolérable. » Autant de préoccupations auxquelles le gouvernement devra répondre pour redonner à cette jeunesse des raisons de croire en son avenir.

(*) Enquête réalisée en ligne par Ipsos BVA pour Aix-Marseille Université du 23 juillet au 5 août 2026 auprès de 3 000 jeunes de 18 à 29 ans.

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