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La paraskevidékatriaphobie désigne la peur du vendredi 13. Le terme associe paraskevi (vendredi, en grec), dékatria (13) et phobie (peur). Derrière ce mot savant se cache l'une des superstitions les plus répandues en Occident. La crainte peut d'ailleurs s'étendre au chiffre 13 lui-même. On parle alors de triskaïdékaphobie, à l'origine de 13ᵉ étages absents, de rangées manquantes dans les avions ou de portes d'embarquement « sautées » dans certains aéroports.
Le vendredi 13 incarne l’héritage complexe de superstitions religieuses et culturelles encore bien ancrées. © Pavelis, Adobe Stock
Les explications culturelles sont multiples. La tradition chrétienne associe le nombre 13 à Judas, dernier convive de la Cène qui a trahi Jésus, et le vendredi au jour de la crucifixion du Christ. D'autres récits, nordiques ou historiques, ont nourri ce malaise au fil des siècles. Pourtant, cette peur n'est ni universelle ni fondée sur des faits : ailleurs dans le monde, d'autres chiffres jouent ce rôle de porte-malheur.
Quand la superstition devient une véritable phobie
Échanger discrètement une place ou éviter une date peut relever de la superstition. Mais lorsque la simple idée d'un vendredi 13 déclenche sueurs froides, accélération du rythme cardiaque, paralysie ou attaques de panique, il s'agit d'un trouble anxieux. « La phobie est souvent le symptôme d'autre chose », explique Nathalie Seigneur, membre du Syndicat national des psychologues. L'angoisse se cristallise sur cette date pour des raisons culturelles, mais masque parfois un malaise plus profond.
Certaines habitudes en témoignent. Par exemple, les rendez-vous médicaux seraient plus faciles à obtenir ces jours-là, faute de volontaires. Pourtant, les études disponibles n'ont mis en évidence ni hausse des accidents ni complications médicales particulières lors des vendredis 13.
Une peur irrationnelle mais qui se soigne
Contrairement aux croyances populaires, la paraskevidékatriaphobie se traite. Les thérapies comportementales et cognitives proposent des outils pour déconstruire l'association entre date et danger, tandis que d'autres approches psychologiques cherchent à identifier l'origine de l'angoisse. L'objectif n'est pas de nier la peur, mais d'en reprendre le contrôle.
Une consolation subsiste pour les plus anxieux : le calendrier limite naturellement l'épreuve. Il n'y a jamais plus de trois vendredis 13 par an. Et certains y voient même une chance, notamment à l'occasion du Super Loto du vendredi 13. Preuve qu'entre malédiction et opportunité, la frontière tient parfois à un mot que l'on peine à prononcer.


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