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En ce congé pascal, on remonte le temps avec le responsable de la recherche du Musée d’histoire de Sherbrooke, Julien Bazile, qui répond à nos questions. Découvrez l’origine des traditions et des coutumes populaires de la communauté sherbrookoise au fil du temps.
1. Quelles étaient les traditions et cérémonies religieuses observées pendant la Semaine sainte à Sherbrooke au moment de sa fondation?
Généralement, on parle beaucoup de Noël quand on parle des fêtes chrétiennes, mais la fête chrétienne par excellence, la plus importante et celle qui s'étale sur plusieurs jours, c'est Pâques.
Pâques dure au moins une semaine. Ça commence au dimanche des rameaux, ça dure toute une semaine, c’est ce qu'on appelle la semaine sainte. Et puis c'est surtout les trois derniers jours : le jeudi, le vendredi, le samedi et puis le dimanche de Pâques. Cette fête existait à Sherbrooke depuis les tout débuts, puisque c'est une fête que célèbrent tous les chrétiens, aussi bien les anglicans, parmi les premiers pionniers, que les catholiques, il y avait déjà des catholiques à l'époque.
La première messe catholique à Sherbrooke a eu lieu en 1816, donc bien avant que le diocèse catholique existe, il y avait des jeunes population à la fois anglicane, protestante, mais aussi catholique. Et tous célébraient la fête de Pâques.
Pendant la Semaine sainte, donc ce qui ce qui suit tout de suite le dimanche des rameaux, il y avait toutes sortes de cérémonies, par exemple, des émissions de radio, de la musique sacrée aussi qui passaient à la radio, à CHLT, qui était notre notre radio locale liée au journal La Tribune. L'évêque officiait plusieurs des cérémonies de la Semaine sainte à la cathédrale qui existaient déjà, même si c'était sous une forme différente puisqu'elle a été démolie une première fois. En 1917, elle a été reconstruite et a mis une quarantaine d'années avant d'être la cathédrale actuelle.
Le Jeudi saint, c'était le premier office, à proprement dit, de la Semaine sainte. Alors autrefois, il y avait plusieurs messes le matin dans la journée où on réconciliait les pénitents, où on consacrait les Saintes Huiles, etc. Il y en a eu moins au fil du temps. Ce qui était surtout important, c'était les processions qui avaient lieu ce jour-là, le jeudi, puis le vendredi. Les fidèles formaient des groupes pour aller d'une église à une autre dans la ville pour la dévotion des stations.
Le Vendredi saint, c'est là qu'il y avait ce qu'on appelait la marche du pardon. Alors on avait des marches du pardon à partir des années au moins des années 10, 20 dans les rues de Sherbrooke.
Ce qui s'est développé après, dans les années 50, c'est une marche qui était organisée avec comme point de départ une toute nouvelle église à l'époque qui était sur la rue Saint-Michel, l'Église Notre-Dame de l'Assomption, et qui se rendait à peu près au sanctuaire du Sacré-Cœur de Beauvoir. Donc ça fait à peu près 6 km. On avait à l'époque environ 200 personnes qui y participaient. Puis c'était l'occasion de chants de prière, de faire pénitence donc tout le long de ce parcours-là.
2. Dans quelles circonstances le Vendredi saint est-il devenu un jour férié?
Le Vendredi saint a une importance particulière parce que c'est une journée qu'on a décidé de rendre fériée. La première occurrence était en 1941. C'était à la demande des autorités religieuses catholiques et protestantes et avec l'approbation unanime des marchands que le maire de la ville a pris cette décision. Ce sera la première fois, dans la ville de Sherbrooke, que le jour sera chômé. Le congé est maintenu l'année suivante. Et puis ça va rentrer dans les mœurs de plus en plus.
3. Quelles étaient les coutumes populaires en ce qui concerne la nourriture?
Au moment des célébrations, on se retrouve ensemble en famille, on y sert notamment le jambon de Pâques.
Une coutume qui est un peu plus populaire, qui n'est pas nécessairement religieuse, mais qui est une coutume ancienne et assez bien marquée, notamment dans le monde anglo-protestant, c'est de de manger, le Vendredi saint, des petits pains spécifiques à Pâques qu'on appelle des hot cross buns. Donc le repas de midi en général se termine par ce met auquel on attribue des vertus un peu particulières. Ce sont des petits pains qui renferment des épices mélangées qui sont décorés d'une croix, généralement d'une croix blanche sur le dessus.
Et puis tout ça, c'était dans la saison des sucres, où le printemps revient. Le déjeuner de Pâques était constitué généralement d'une omelette accompagnée de jambon. Les poules ne pondaient pas de tout l'hiver et recommençaient au printemps, avant Pâques. Et c'est comme ça qu’on pouvait nourrir toute la famille le matin de Pâques.
4. Qu’est-ce que l’eau de Pâques?
Il y avait une tradition d'eau Pascale, de l'eau de Pâques, apparue après les années 50, où les gens allaient cueillir de l'eau de Pâques dans une source ou un ruisseau. Il fallait que ce soit de l'eau vive, il fallait que ce soit le jour de Pâques, il fallait que ce soit avant le lever du soleil.
C’est devenu un peu plus difficile quand les petits ruisseaux et les cours d'eau disparaissaient à Sherbrooke au fur et à mesure au 20e siècle.
Et à cette eau, on lui attribuait toutes sortes de bénéfices. On pouvait faire toutes sortes de choses avec ça. Les gens rapportent des usages de médecine populaire : pour le mal de gorge, une plaie, une brûlure. Donc on rapportait des propriétés miraculeuses de cette eau de Pâques.


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