NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Annemarie Jacir a bien cru devoir faire une croix sur Palestine 36, un projet de film qu’elle portait depuis près de cinq ans, lorsque, sept jours avant le début du tournage, prévu le 14 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque contre Israël, lequel a répliqué par une invasion de la bande de Gaza qui a jusqu’à présent causé plus de 70 000 pertes humaines parmi le peuple palestinien.
Reléguée en Jordanie, l’équipe du film s’est battue pour poursuivre le tournage, et pour le conclure, bien souvent dans la clandestinité, en Palestine. « Je ne voulais pas que Palestine 36 devienne un film en exil alors que notre peuple lutte pour sa propre survie », a notamment confié la réalisatrice à la revue française Télérama.
Palestine 36, qui porte sur le grand soulèvement des Palestiniens contre le colonialisme britannique et sur l’émergence d’une lutte organisée pour l’indépendance de la Palestine, résonne douloureusement aujourd’hui, tandis que la cinéaste s’évertue à faire la démonstration de la responsabilité de la Grande-Bretagne dans le système d’occupation que subit son peuple depuis des décennies.
Annemarie Jacir livre une fresque historique ambitieuse et complexe qui prend racine dans le personnage de Yusuf, un jeune Palestinien qui fait quotidiennement le voyage entre son village rural d’Al Basma et Jérusalem, où il occupe un emploi de chauffeur pour un politicien musulman, époux d’une journaliste engagée et au fait des tractations britanniques.
En constante oscillation entre deux mondes — celui des privilégiés proches du pouvoir et celui de paysans dont les terres sont menacées —, le jeune homme assiste à l’émergence d’un puissant mouvement de résistance palestinien alors que le gouvernement britannique autorise l’expropriation de territoires ancestraux au profit de centaines de milliers de colons juifs, qui, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, sont contraints de fuir les persécutions en Europe.
Étayant son propos de pertinentes images d’archives recolorées et présentées dans un format carré contrastant, la cinéaste s’attache à différentes perspectives pour mieux témoigner de l’étincelle de la révolte et de la naïveté du privilège, et entrelace habilement son récit de désolants échos du présent. Elle s’attarde également à montrer l’importance et la force des femmes — grandes oubliées de l’histoire — dans l’édification d’une colère juste et la mise en place d’une résistance.
Les personnages palestiniens, complexes, d’un courage criblé de failles, refusent obstinément, et de manière prémonitoire, la tragédie dans laquelle d’autres engouffrent obstinément leur destin. Ils sont habilement servis par les performances déchirantes et habitées de leurs interprètes, parmi lesquels se distinguent Hiam Abbass, Yasmine Al Massri et Yafa Bakri.
Leurs multiples points de vue, qui convergent vers la révolution, ne sont toutefois pas égalés par ceux de leurs antagonistes. Bien qu’il soit facile d’adhérer au manichéisme des Britanniques, représentés par des personnages de soldats et de capitaines violents ou lâches, aveuglements attachés à leur empire, on regrette l’anonymat complet des colons juifs, ici réduits à la menace qu’ils portent.
En offrant un film courageux et important, qui assume entièrement sa partialité, Annemarie Jacir donne une leçon, imparfaite, mais cruciale, sur l’incidence soutenue du colonialisme sur les bégaiements de l’histoire.


3 month_ago
33



























.jpg)






French (CA)